27.07.2010

Livre de bord N°78 du 21 juillet 2010


Livre de bord N°78

Une émission présentée par Nicky & Brice Depasse
Chroniqueur : Bernard Delcord
Entretien : Corinne Hoex
Destinations : Le rattachement de Didier van Cauwelaert (Albin Michel), Les dessous de la littérature : pastiches cochons de Christine Brusson (Editions des équateurs), Le dictionnaire des mots du sexe d'Agnès Pierron (Balland), Dix recettes pour recevoir un pompier sans son extincteur et Dix recettes pour recevoir une hôtesse de l'air de Sophie et Marie-Pierre Morel (Marabout), A quoi ça sert un livre ? de Chloé Legay (Alice jeunesse), Thomas le magicien de Sébastien Perez (Seuil jeunesse), Barabara de Pierre Ryckmans (Luc Pire/Espace Nord), Nouvelles belges à l'usage de tous (Luc Pire/Espace Nord), Décidément, je t'assassine de Corinne Hoex (Impressions nouvelles), La maison des morts étranges et autres aventures d’Albert Campion de Margery Allingham (Omnibus), En Verve : Talleyrand et Che Guevara (Horay), La dernière heure du dernier jour de Jordi Soler (10:18), Paradis sur mesure de Bernard Werber (Livre de poche), Melnitz de Charles Lewinsky (Livre de poche), Arthurs, va te coucher ! de Barroux (Seuil jeunesse), La jeune mariée de Singer, Je vous aime avec excès, folie, transport et désespoir de Madame de Lespinasse et Lettres familières d'Italie du Chevalier De Brosses (André Versaille éditeur) et Les châteaux de la Loire par Alain Vigneron et Irène Frain (Ouest France).

24.07.2010

Bibliothèque d'été : Brice Depasse

Cet été j'ai lu, je lis et je vais lire :

Junichirô Tanizaki : Le pont flottant des songes (Folio)

Céline : Voyage au bout de la nuit (Folio)

Edouard et Mathilde Cortès : Un chemin de promesses (Pocket)

Auguste Le Breton : Du rififi chez les femmes (Fleuve noir)

Sandro Veronesi : Terrain vague (Grasset)

Joseph Kessel : Le temps de l'espérance (Tallandier)

Boccace : Décameron (Folio)

Rentrée littéraire :

Xavier Deutsch : Une belle histoire d'amour qui finit bien (Robert Laffont)

Jean Grégor : Tansports en commun (Fayard)

Bernard Quiriny : Les assoiffées (Seuil)

Amélie Nothomb : Une forme de vie (Albin Michel)

Teddy Wayne : Kapitoil (Lian Levi)

Olivier Adam : Le coeur régulier (L'Olivier)

Vincent Engel : Le mariage de Dominique Hardenne (JC Lattès)

Philippe Forrest : Le siècle des nuages (Gallimard)

Marc Dugain : L'insomnie des étoiles (Gallimard)

Salim Bachi : Amours et aventures de Sinbad le marin (Gallimard)

Eliette Abécassis : Une affaire conjugale (Albin Michel)

23.07.2010

Entretien avec Corinne Hoex


Interview Corinne Hoex
envoyé par BriceDepasse.

HOEX.jpg


Intégralité de l'entretien avec Corinne Hoex réalisé pour Livre de Bord sur Liberty TV

Enregistrement sur le stand Filigranes, Foire du livre de Bruxelles 2010

Images : Xavier Vanvaerenbergh

Son : Flavia Fidolino

Pour lire notre critique, cliquez ici

Décidément, je t'assassine, Le grand menu (réédition), Corinne Hoex, Impressions nouvelles, mars 2010, 13€00.


22.07.2010

Des aventures à couper le souffle

La maison des morts étranges.gif« Maîtresse anglaise du crime » avec Dorothy Sayers et Agatha Christie, la Londonienne Margery Allingham (1904-1966) a créé en 1929 dans Crime à Black Dudley le personnage d’Albert Campion, une sorte de détective parodique aux allures on ne peut plus banales et à l’intelligence on ne peut plus aiguë, qu’elle fera vivre par la suite dans une trentaine de romans et dans quelques nouvelles, des textes riches en aventures trépidantes et en rebondissements inouïs qui connurent un succès gigantesque dans le monde anglo-saxon et demeurent largement méconnus du public francophone. Les Éditions Omnibus à Paris ont comblé récemment cette lacune en rassemblant sous le titre La maison des morts étranges et autres aventures d’Albert Campion 8 récits palpitants (4 romans et 4 nouvelles) de Margery Allingham, présentés avec beaucoup d’à-propos par François Rivière, un orfèvre du genre il est vrai, qui y voit avec l’éditeur « des bijoux de mystère, d'humour et d'aventures ». Ils ont parfaitement raison…

Bernard DELCORD

 

La maison des morts étranges et autres aventures d’Albert Campion (Crime à Black Dudley, Au cœur du labyrinthe, Jusqu’à la lie, La maison des morts étranges, Le chapeau magique, La bonne formule, La maison fantôme & Chanson de gestes) par Margery Allingham, préface de François Rivière, Paris, Éditions Omnibus, mai 2010, 1016 pp. en noir et blanc au format 13,1 x 19,8 cm sous couverture brochée en quadrichromie et à rabats, 26 € (prix France)

 

L'homme qui voulait jouer Douglas Kennedy

9782266087988FS.gifRomain Duris (L’auberge espagnole, Les poupées russes) endosse le rôle principal dans l’adaptation cinématographique du best seller de Douglas Kennedy, L’homme qui voulait vivre sa vivre, en salles le 3 novembre prochain. Devant la caméra d’Eric Lartigau (Prête-moi ta main), aux côtés de Catherine Deneuve et de Marina Foïs, il incarne le personnage de Ben Bradford, cet avocat trentenaire qui a réussi à New York professionnellement et familialement (une femme, deux enfants). Il déchante lorsqu’il se rend compte que sa femme le trompe et, un rapide retour sur lui-même plus tard, se dit qu’il n’a pas pris le chemin de vie qui lui convenait.

Au vu de l’interview de France 3  réalisée sur le tournage (cliquez ici), l’adaptation ramène personnages et action en France. En attendant le 3 novembre, l’histoire de Douglas Kennedy vous attend en format poche chez Pocket. Nous, on aime.

Nicky Depasse

 

L’homme qui voulait vivre sa vie, Douglas Kennedy, Pocket, juin 2004, 496p., 7€30.

 

20.07.2010

Un grand fauve aux belles griffes

Du 10 juillet au 29 août 2010, la Halle aux Blés de Durbuy (Belgique) accueille une exposition exceptionnelle consacrée à Henri Matisse, présentant 40 lithographies composées durant les dernières années de sa vie.

 

Matisse « Une splendeur inouïe ».jpgChef de file du « fauvisme », une école de coloristes qui compta en son sein Albert Marquet, Vlaminck, Derain et Kees Van Dongen, le peintre, dessinateur et sculpteur Henri Matisse (1869-1954), originaire du Cateau-Cambrésis, installa son atelier successivement à Collioure, à Vence et à Nice, pays de la grande lumière que l’on retrouve dans toutes ses œuvres inspirées aussi par des voyages en Algérie, en Italie, en Allemagne, au Maroc, en Russie, aux États-Unis et à Tahiti. S’il commença par recourir à des couleurs pures et violentes posées en aplat (technique qui donna son nom au fauvisme), Matisse, après une grave opération chirurgicale subie en 1941, renouvela son art en le tournant vers l’abstraction des lignes et l’adoucissement des pigments. On lui doit notamment Nature morte au pichet (ca 1896-1897), La Femme au chapeau (1905), Les coucous, tapis bleu et rose (1911), Porte-fenêtre à Collioure (1914), Grand nu couché (1935), Deux jeunes filles, robe jaune, robe écossaise (1941), L'Asie (1946), Nu Bleu (1952), Vigne (1953) et la chapelle du Rosaire de Vence, une production architecturale qu'il considérait comme son chef-d’œuvre. Il est également l’auteur d'importantes sculptures en bronze (bustes de Jeannette, 1910-1913 ; quatre Nus de dos, bas reliefs, 1909-1930), de près de 500 pièces gravées (eaux-fortes, bois, lithographies) ainsi que d’illustrations de livres : Poésies de Mallarmé (1932), Ulysse de Joyce (1935), Lettres de la religieuse portugaise (1946), Florilège des Amours de Ronsard (1948)…

L’exposition de Durbuy est l’occasion de (re)découvrir le remarquable Matisse « Une splendeur inouïe » de Xavier Girard, paru naguère aux Éditions Gallimard à Paris dans la collection « Découvertes Gallimard », un petit ouvrage somptueusement illustré qui introduit, fort lumineusement lui aussi, à la découverte du grand artiste que son ami Picasso considérait comme son unique rival.

Bernard DELCORD


Matisse « Une splendeur inouïe » par Xavier Girard, Paris, Éditions Gallimard, collection « Découvertes Gallimard », janvier 2008, 176 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 17, cm sous couverture brochée en couleurs, 14,60 € (prix France)

 

19.07.2010

La confusion des sentiments

Nouvelles belges à l'usage de tous.jpgLes Nouvelles belges à l’usage de tous, parues naguère chez Luc Pire à Bruxelles dans la collection « Espace Nord », rassemblent, choisis par René Godenne, des textes courts rédigés par la crème de nos écrivains : Camille Lemonnier, Georges Rodenbach, J.H.Rosny aîné, André Baillon, Charles Plisnier, Georges Simenon, Michel de Ghelderode, Franz Hellens, Thomas Owen, Jean Ray, Marcel Mariën, Marcel Thiry, Dominique Rolin, Nicolas Ancion, Vincent Engel et Grégoire Polet, ainsi que par quelques « deuxièmes couteaux » fameusement affutés : Louis Delattre, Jacques Sternberg, Madeleine Pierson-Piérard, Georges Thinès, Michel Lambert, Michel Host, Pierre Mertens, Colette Nys-Masure et Yves Wellens. Le caléidoscope ainsi construit donne une image composite de l’imaginaire tel qu’on le couche sur le papier au « pays du surréalisme » (les rapports avec la représentation du réel y passent par un usage [dé]construit de la langue française, selon lequel le respect des règles lexicales et syntaxiques débouche, fatalement parfois, sur la transgression des codes perceptifs et sentimentaux). Qu’il s’agisse de l’intrusion du malheur dans la vie de quelques paysans, d’un homme qui éprouve le sentiment désagréable d’être suivi par un autre jusqu’à ce qu’ils se retrouvent face-à-face, d’un autre qui découvre la plus belle nuque du monde, du curieux don d’un peintre, du destin tragique d’un révolutionnaire bulgare au début du XXe siècle, de masques carnavalesques, de la terrible vengeance d’un pêcheur de perles victime de la cupidité d’un aventurier, d’un étrange numéro de téléphone, d’une brève rencontre, d’un musée de l’automobile pas comme les autres, de l’irruption d’un pauvre dans un restaurant cossu, de réminiscences de pique-nique en famille, de l’inconfort de porter un nom connu ou de la description du jour où la Belgique a disparu…

Bernard DELCORD

 

Nouvelles belges à l’usage de tous, sous la direction de René Godenne, préface de Vincent Engel, Bruxelles, Éditions Luc Pire, collection « Espace Nord », septembre 2009, 448 pp. en noir et blanc sous couverture brochée en quadrichromie, 8 €

 

18.07.2010

Humeur Noire

spirale_des_abysses.jpgJusqu'où peut-on aller pour retrouver son fils ? Cette question, Serge Papadakis, ex-mercenaire et ancien policier d'élite du Service de protection des hautes personnalités, n'aurait jamais dû se la poser. Il ignorait l'existence de Thomas, conçu trente ans plus tôt et disparu depuis peu. Succombant à sa pulsion de paternité, il se lance sur ses traces. Une route inattendue, terrifiante, placée sous le signe de la violence et de la barbarie. Qui est vraiment Thomas ? Que cherche-t-il ? Quels sont ces spectres qui le hantent ? Confronté à l'inimaginable, Papadakis verra ses certitudes vaciller, emportées dans le tourbillon de la Spirale des abysses.

La critique comparative, tout le monde connaît. « Et voici qu’entre dans l’arène le nouveau machin, ou la nouvelle bidule… ». Cela permet de situer tout de suite le débat, de brosser rapidement l’univers de l’auteur(e) en question et finalement de s’assurer que les lecteurs comprennent rapidement dans quelles eaux ils naviguent. Franchement ? Je n’aime pas trop. Parce que c’est réducteur, cela sonne « promo-quatrième de couv’ facile » et surtout parce que cela pue la fainéantise de chroniqueur pressé. Voilà, c’est dit. Et pour le coup, Olivier Descosse se positionne clairement comme le nouveau Jean Christophe Grangé. Ha, ha, ha, vous ne l’aviez pas vu venir hein celle-là ? Je sais, je suis un peu c… parfois. Mais franchement, à la lecture de cette Spirale, je n’ai pas cessé une seule seconde de penser à l’auteur des Rivières Pourpres. Personnages sombres et torturés, aventures aux confins de l’horreur, passé recomposé, jeu de piste macabre sur les traces d’un tueur aux limites de l’irrationnel et réflexions tendues sur le mal dans ce qu’il a de plus humain. Alors quoi ? Suiveur servile le Descosse ? Heureusement non. Et quand bien même on pourrait l’accuser de braconner sur les mêmes terres que l’ancêtre des auteurs de « polar à la française », il le fait avec un tel talent, un tel rythme et une telle maîtrise du suspense que toute tentative de lui coller une étiquette de pâle clone resteraient lettres mortes. Personne n’a jamais songé à accuser Led Zeppelin de composer du rock’n’roll… Donc ne comptez pas sur moi pour allumer un auteur aussi talentueux parce qu’il tricote du thriller. Avec de telles mailles, moi j’en reprend pour dix pelotes quand il veut !

Dr CORTHOUTS


La siprale des abysses, Olivier Descosse, Flammarion, mai 2010, 461p., 19€90.

Fête nationale

ZHEROS.gif Petit clin d'oeil à la fête nationale française – qui fut, je l'espère pour vous, belle et bonne - penchons-nous sur un palmarès sympathique: celui des grands nuls de l'Histoire de France.

Attention: n'est pas grand Zéro qui veut.

Clémentine Portier-Kaltenbach s'interroge avec un sérieux irrésistible sur les conditions du vrai ratage historique.

Ces hommes - forcément - qui menèrent aux plus avérés fiascos leur armée, leur bateau.

Zhéros pointés, nullités certifiées  passent, sous la plume alerte et vivante de l'historienne, ce quart d'heure qui signe leur passage à la postérité: un roi Dagobert, nanti de cinq épouses répondant aux doux prénoms de Gamatrude, Nanthilde, Raintrude, Vulfégonde et Berthilde, un James Cook "mangé par des Hawaïens quelque part dans les îles Sandwich"  tandis que le Maréchal Grouchy sucre ses fraises en pleine déconfiture napoléonienne...

Une façon bien sympathique de (re)visiter les moments forts de l'Histoire.

Apolline ELTER


Grandz Zhéros de l'Histoire de France, Clémentine Portier-Kaltenbach, JC Lattès, mai 2010, 304 pp, 18 €