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LIVRE de BORD
Nicky et Brice Depasse vous invitent chaque jour sur Liberty TV pour suivre l'actualité du livre. Cliquez sur le logo pour regarder quelques numéros.

Le nouveau JAUFFRET
décortiqué par Jean-Louis Kuffer.

Sans laisser d'adresse
est le titre du nouvel Harlan Coben. On vous en parle.

Patrick de Carolis
se livre à Brice Depasse.

Le nouveau Stephen KING
sortira en mars prochain. Le Dr Corthouts l'a déjà lu.

Bernard PIVOT
s'entretient avec Jean-Louis KUFFER.

Special Livre de Bord
avec Marc LEVY.

DAN BROWN revient enfin
Le symbole perdu son nouveau roman est en librairie. Qu'en penser ?

Classique SOLLERS
Le Disours parfait de Philippe SOLLERS est-il une nouvelle bible ? Jean-Louis KUFFER y répond.

ALEXANDRE JARDIN
Entretien à propos de son nouveau poche "Chaque femme est un roman"

JEAN d'ORMESSON
s'entretient avec Brice & Nicky dans une spéciale de Livre de Bord.

Liste de catégories
10-03-2010
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... L'insoutenable réalité de l'Amour
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FOENKINOS_separationNé de parents soixante-huitards (C'est traumatisant de passer ses vacances en Inde quand on est enfant), Fritz se sent doué pour toutes les études. Tellement qu'il se retrouve finalement propulsé dans la vie active. Chez Larousse. Et dans la vie affective, avec Alice (Maintenant que tu as un emploi, il faut que je te présente à mes parents). Une vie amoureuse qui va être marquée ... par les séparations.
Depuis que je l'ai découvert avec son excellent Le potentiel érotique de ma femme, David Foenkinos ne m'a jamais déçu. Ce septième roman sur le véritable Amour, celui qui vous propulse dans la catégorie des êtres risibles, fait mouche avec son humour (quelques scènes d'anthologie comme le pétage de plombs du futur beau-fils au premier dîner chez les "futurs"), son décalage urbain (j'en avais besoin, comme pour me prouver que le monde féminin n'était pas une formule anéantie par le couple) et ses qualités littéraires toujours plus évidentes.
Entretien avec l'auteur de La délicatesse qui vient de se voir décerner le prix des lectrices de Gaël à la dernière Foire du Livre de Bruxelles.
  DAVID FOENKINOS - Brice Depasse 1
  DAVID FOENKINOS - Brice Depasse 2

Nos séparations, David Foenkinos, Folio, janvier 2010, 177p., 5€60.

Photo : Alain Trellu

FOENKINOS DEPASSE
10-03-2010, 21:01:02 Brice
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... Pan dans la tronche !
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Silence, les agneauxL'article ci-dessous a paru le 10 mars 2010 dans les colonnes de l'hebdomadaire satirique bruxellois PAN :

Dans Silence, les agneaux qui vient de paraître aux Éditions Luc Pire, le chroniqueur économique de Bel RTL Ludovic Delory flanque une fameuse (et hilarante) volée de bois vert à la gens politica de Ce Pays et daube la façon dont elle entube, tous partis confondus, les braves électeurs systématiquement et perpétuellement pris pour des cons. Car l’État, ce n’est pas moi, ce n’est pas nous, c’est eux ! Entre ceux qui affectent de croire à la main invisible du vote, ceux qui taxent le travail pour encourager le chômage, ceux qui pensent que la loi peut tout réguler, y compris les sentiments et les opinions (mais pas la connerie, semble-t-il, ni de ceux qui l’édictent ni de ceux qui l’appliquent…), ceux qui, déjà riches, spolient les pauvres au nom du réchauffement climatique, ceux qui se fondent sur de
« savants » experts tenant des propos off records opposés à ce qu’ils énoncent froidement à l’antenne, ceux qui organisent la pénurie de logements sociaux par clientélisme électoral, ceux qui génèrent le chômage par leur politique d’investissements « verts », ceux qui veulent censurer Internet pour faire taire les citoyens, ceux qui pervertissent Voltaire en s’exclamant, au nom de la liberté et de la tolérance : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites et je me battrai jusqu’au bout pour que vous ne puissiez plus le dire », ceux qui font sous eux à l’idée que la science « interfère avec la nature » (comme si cette dernière était parée de toutes les perfections, idée de bobos urbains qui n’en connaissent que ce qu’ils en voient durant leurs vacances ou durant le week-end depuis la terrasse de leur maison de campagne), ceux qui approuvent toutes les grèves par principe, ceux qui claquent des sommes astronomiques pour des happenings artistiques regardés seulement par des SDF et des mendiants, ceux qui pensent avec le publicitaire pour politiciens Jacques Séguéla que « si à 50 ans on n’a pas une Rolex, on a raté sa vie », les coups de Kalachnikov ne se perdent pas pour tout le monde dans ce petit essai salutaire et jubilatoire… rédigé par un tonton flingueur de première !
PANTHOTAL

Silence, les agneaux par Ludovic Delory, Bruxelles, Éditions Luc Pire, février 2010, 304 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleur, 13 €
10-03-2010, 20:42:22 Brice
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... Le mentir vrai de Régis Jauffret
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JAUFFRETRégis Jauffret revisite l’affaire Stern en se coulant dans la peau de la meurtrière. Paradoxalement, la fiction sonne ici plus vrai que les faits étalés.
Il y a tout juste cinq ans de ça, le 1er mars 2005, le richissime banquier Edouard Stern, figure du gotha international, fut retrouvé mort à Genève, le corps gainé d’une combinaison de latex, ligoté et criblé de quatre balles. Identifiée comme la coupable de ce meurtre sordide en milieu chic, Cécile Brossard, «secrétaire sexuelle» quadra du milliardaire, fut jugée et condamnée à 8ans et demi de prison. Elle en sort ces jours…
Au procès assistait le romancier français Régis Jauffret (déjà connu pour une œuvre noire, notamment marquée par Clémence Picot, Asiles de fous - Prix Femina 2005 - ou Microfictions), qui en rendit compte dans Le Nouvel Observateur, comme l’avait fait Emmanuel Carrère, lui aussi romancier de premier rang, d’un autre procès mémorable, du faux médecin mythomane Jean-Claude Romand qui massacra sa famille.
Or le rapprochement lance évidemment la question: en quoi le roman permet-il d’aller «plus loin» que le seul reportage? Avec L’Adversaire (Gallimard 2002), Carrère avait répondu par une véritable immersion dans le milieu fréquenté par le tueur, qu’il avait approché personnellement. Tout autre est la démarche de Régis Jauffret, qui se coule littéralement dans le personnage de la criminelle (jamais nommée, pas plus que Stern) dont il raconte les tribulations au fil de la longue fugue, jusqu’en Australie, qui suit immédiatement son meurtre avant qu’elle ne se livre à la police. Dans la foulée, on revit une aventure passionnelle immédiatement marquée par la personnalité très ambivalente du banquier, mélange de dominateur cynique passionné d’armes et de fils à maman blessé se pelotonnant auprès de sa maîtresse en lui confessant sa «peur des loups». Le mari, aussi malin que falot, admet que sa conjointe devienne son «chéquier vivant» avec son rival qui l’humilie, mais la relation triangulaire se complique encore avec les enfants du banquier que la double vie glauque de leur père traumatisera. La narratrice les comprend d’autant mieux que sa propre enfance a été une horreur, violée qu’elle fut à 12 ans par un ami de sa mère et terrorisée par un père violent et lubrique.
Au demeurant il y eut aussi de beaux moments dans cette passion, représentant plus qu’une banale relation tarifée. «Il était le seul homme à m’avoir à ce point voulue», remarque-t-elle ainsi, et lui dit à un moment donné qu’il aimerait un enfant d’elle, puis lui offre 1 million en guise de «bébé» de substitution, dont il lui refuse finalement la garde. Et les coups, les cadeaux, la goujaterie d’alterner: «Il exigeait que je le maltraite. C’était un ordre. Une prérogative de son pouvoir absolu. De la dominatrice, il a toujours été le maître.»
Dans son préambule, Régis Jauffret affirme que «la fiction éclaire comme une torche», mais aussi que «la fiction ment». Le romancier fait parfois violence à la logique pour fouiller la déraison humaine. Il en résulte un roman net et cinglant, qui n’excuse personne mais diffuse une réelle empathie - non sentimentale.
Obscure passion
De quel droit Régis Jauffret parle-t-il au nom de la meurtrière qui crache son histoire dans Sévère? Pas un instant on ne se le demande en commençant de lire ce récit mené à la cravache. «Je l’ai rencontré un soir de printemps» sonne comme «il était une fois», et c’est parti pour le conte noir. Onze lignes sèches pour dire comment tout s’est précipité après que le banquier a repris le million de dollars que sa maîtresse lui a extorqué: «Je l’ai abattu d’une balle entre les deux yeux. Il est tombé de la chaise où je l’avais attaché. Il respirait encore. Je l’ai achevé. Je suis allée prendre une douche…»
Schlague des mots. Cela s’est-il passé exactement comme ça? On s’en fout. Régis Jauffret a suivi tout le procès Stern, dont il connaît les détails, mais ici, le fait divers devient mythe. Pas trace du voyeurisme moralisant des médias. On croit cette femme: dure pour en avoir bavé dès l’enfance, et qui rêve encore du prince charmant, richissime pauvre type, dominateur et perdu. Et la vie de s’en mêler: l’obscur de la passion humaine, la société et ses embrouilles…Le noir a toujours marqué les romans de Régis Jauffret, parfois jusqu’au morbide. Or, curieusement, le plus saturé de réalité «réelle» d’entre eux, le plus limpide aussi, sonne le plus vrai, grâce à la fiction…
Jean-Louis KUFFER

Régis Jauffret, Sévère. Seuil, mars 2010, 160p., 17€00.
10-03-2010, 20:14:33 Brice
08-03-2010
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... L’amour, la guerre, la mort…
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Lettres à LouVoilà que les Éditions Gallimard sortent une nouvelle édition des Lettres à Lou de Guillaume Apollinaire, complétée de quelques missives inédites. On sait que l’artiste, de son vrai nom Wilhelm Albert Włodzimierz Apolinary de Wąż-Kostrowicki, était né polonais le 26 août 1880 à Rome, qu’il demanda à être naturalisé français en décembre 1914 (il le fut en mars 1916), qu’il s’engagea aussitôt comme volontaire (il fut affecté à Nîmes,
le 6 décembre, au 38e régiment d’artillerie de campagne) et qu’il est mort à Paris le 9 novembre 1918, miné par une blessure à la tête et terrassé par la grippe espagnole.
En septembre 1914, il avait fait la connaissance à Nice de Louise de Coligny-Châtillon (qu’il appellera Lou), dont il fut grandement épris et avec qui il entretint une relation compliquée.
Certaines des lettres qu’il lui écrivit — les poèmes — ont été publiées en 1947 sous le titre d’Ombres de mon amour puis en 1959 sous celui de Poèmes à Lou, et l’ensemble de cette correspondance a paru en 1990 sous le titre de Lettres à Lou.Apollinaire est l'un des plus grands poètes français du début du XXe siècle, auteur notamment du Pont Mirabeau. Il a écrit également des nouvelles et des romans érotiques tout en pratiquant le calligramme (un terme de son invention, qui désigne ses poèmes écrits en forme de dessins et non sous l’apparence classique de vers groupés en strophes). Ami de Picasso, de Marie Laurencin, d’André Derain, de Maurice de Vlaminck et du Douanier Rousseau, il fut le chantre de toutes les avant-gardes artistiques, notamment le cubisme, et le précurseur du surréalisme dont il a créé l’appellation.
Ses Lettres à Lou constituent un témoignage amoureux émouvant autant qu’une mine de renseignements sur la Première Guerre mondiale vécue par un « pousse-caillou » de base doté d’un sens aigu de l’observation et d’un immense talent de narration. Une sorte de « Make love, not war » d’un demi-siècle avant mai 68…
Bernard DELCORD

Lettres à Lou par Guillaume Apollinaire, Paris, Éditions Gallimard, collection
« L’imaginaire », 531 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleur, 2010, 12 €
08-03-2010, 22:38:37 Brice
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L'expérience extrêmeSupport au documentaire  Le jeu de la mort qui sera  diffusé  sur France 2, mercredi 17 mars à 20h35, l'ouvrage de Christophe Nick et Michel Eltchaninnoff présente les protocole, tenants et conséquences d'une expérience d'une extrême...cruauté.
Adaptée de la célèbre expérience de Stanley Milgram (1960) - rappelez-vous le film I comme Icare - qui testait l'obéissance des sujets à des injonctions déraisonnables, le jeu "Xtrême" a pour objectif de mesurer le degré de soumission de notre société à la télévision. Les scientifiques ont cédé place et injonctions à une présentatrice-vedette, cristallisant le pouvoir du petit écran.
Cadre de l'expérience menée du 14 au 24 avril 2009: un plateau-TV, assorti d'un public, de deux candidats et d'une animatrice, censés réaliser les tests-pilotes d'un nouveau jeu télévisuel "Fortune et châtiment": interrogé sur 27 associations de concepts le candidat "questionné" (un comédien) reçoit, à chaque réponse fausse, une décharge électrique à voltage croissant, administrée par le questionneur. Les gradations extrêmes dépassent la limite du supportable...
Quatre-vingts candidats "questionneurs", âgés de 25 à 55 ans, furent sélectionnés sur base d'un mailing de 13.000 personnes. Les critères de recrutement devaient garantir une représentation équitable de la population, pondérant les tranches d'âges, les sexes et les degrés de consommation d'émissions de télé-réalité. La participation était dénuée d'enjeu financier.
Entourés de conseillers scientifiques, les protagonistes de l'enquête développent toutes les facettes de celle-ci, analysant, avec minutie, les facteurs d'obéissance, de tricherie et d'abandon (désobéissance).
La télévision a réussi le tour de force de conjuguer les mauvaises manières de l'homme dérobé au regard d'autrui et celles de la foule que rien n'arrête.
Parmi les paradoxes soulevés par l'enquête, le moindre n'est pas de découvrir une plus grande soumission, en 2009,  (81 %) à l'autorité incarnée par l'animatrice-TV que celle (62,5 %) manifestée, en 1960, à l'égard des scientifiques de l'expérience de Milgram, lors même que notre société revendique une liberté accrue...
Apolline Elter

L'expérience extrême, Christophe Nick, Michel Eltchaninoff (avec les contributions scientifiques de Jean-Léon Beauvois, Didier Courbet, et Dominique Oberlé), Ed. Don Quichotte, mars 2010, 300pp, 18€50.
08-03-2010, 09:28:23 Brice
07-03-2010
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... À grands coups de Pinard…
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Accusés Flaubert, Baudelaire, levez-vousEn publiant Accusés Baudelaire, Flaubert, levez-vous ! à Bruxelles chez André Versaille, maître Emmanuel Pierrat, spécialiste du droit du livre au barreau de Paris et grand pourfendeur de la censure sous toutes ses formes (un type bien, quoi !), remet les pendules à l’heure à propos de trois procès célèbres des lettres françaises, intentés la même année 1857 par le procureur Ernest Pinard sur injonction du pouvoir impérial. Les deux premiers à des auteurs encore méconnus (Gustave Flaubert pour Madame Bovary et Charles Baudelaire pour les Fleurs du mal, des œuvres poursuivies pour offense à la morale publique et à la morale religieuse) et le troisième contre une immense vedette d’alors (Eugène Sue pour Les Mystères du Peuple, attaqué comme une saga socialiste et républicaine). Et avec des résultats pour le moins mitigés : Flaubert essuie un blâme, Baudelaire est condamné à 300 francs d’amende ainsi qu’à l’expurgation de six textes (Les Bijoux, Le Léthé, Lesbos, Les Métamorphoses du Vampire, Femmes damnées et À celle qui est trop gaie) tandis que Sue meurt avant la tenue du procès. Le récit d’Emmanuel Pierrat est joliment troussé, sa reconstitution des faits bien étayée, sa démonstration très habile (Anastasie, cette sale bête, n’est toujours pas morte au pays des Lumières – pas plus qu’en Belgique, d’ailleurs…), son plaidoyer fort enlevé et sa documentation sans défaut, qu’il joint quasiment in extenso dans une centaine de pages d’annexes (documents d'archives, articles de presse, plaidoiries et réquisitoires, correspondances échangées par les écrivains pourchassés...). 153 ans plus tard, justice est donc enfin faite ! Et c’est bien fait pour les cagots, les bigots et les gogos tenants de l’ordre (im)moral…
Bernard DELCORD

Accusés Baudelaire, Flaubert, levez-vous ! par Emmanuel Pierrat, Bruxelles, André Versaille éditeur, février 2010, 220 pp. en noir et blanc au format 12,3 x 21,5 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 19,90 €
07-03-2010, 22:19:36 Brice
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... « Entre ici, mon Minou, avec ton joyeux cortège ! »
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L'univers farfelu d'André MalrauxDès l'enfance, André Malraux, à qui l’on doit en sus de ses romans un formidable Musée imaginaire, a manifesté pour le dessin et la peinture des dons qui sont restés ignorés de tous, sauf de ses intimes. Il s’agit de silhouettes gracieuses ou cocasses de chats espiègles, ou encore de calligraphies de « dyables » farfelus griffonnées sur des pages arrachées de ses carnets, agrémentées de légendes malicieuses ou énigmatiques, qui ont accompagné sa vie d'homme et de ministre. En contraste avec une existence austère, voire tragique, emplie d'interrogations profondes et de tourments, cet imaginaire drôle et bizarre avait le pouvoir d'émailler son quotidien d'étincelles d'esprit, insolentes, féroces ou absurdes.
Réunis et orchestrés par Marie-Josèphe Guers dans L’univers farfelu d’André Malraux, paru récemment aux Éditions du Chêne à Paris, ces croquis, pépites aux accents parfois surréalistes, jettent sur l'artiste et l'homme un éclairage savoureux et inédit. Car, à en croire Madeleine Malraux, sa seconde épouse, et son fils adoptif Alain (tous deux préfacent l’ouvrage), « André se prenait lui-même pour un chat ». Et pas n’importe quel chat : celui de Stéphane Mallarmé… Une réincarnation « raminagrobique » !
Bernard DELCORD

L’univers farfelu d’André Malraux, sous la direction de Marie-Josèphe Guers, préfaces de Madeleine Malraux et d’Alain Malraux, Paris, Éditions du Chêne, 2009, 240 pp. en bichromie au format 13,5 x 18,5 cm sous reliure cartonnée en couleur, 18 €
07-03-2010, 18:53:22 Brice
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... Et de trois !
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Nicolas AncionIn illo tempore, les Belges issus de la province de Liège Georges Simenon (en 1927, mais le projet n’aboutit pas à une publication, contrairement à ce que l’on croit généralement) et Jean Falize (avec Les morts ont des oreilles rédigé en dix jours dans les locaux du grand magasin L’Innovation à Bruxelles et paru chez Marabout à Verviers le lendemain de sa conclusion, en décembre 1962) avaient écrit chacun un roman dans une « cage de verre », sous les yeux ébahis du public. Voilà que notre compatriote Nicolas Ancion, issu de la même région, a tenu la même gageure en rédigeant un polar quelque peu décalé dans un coin de la Foire du Livre 2010 à Bruxelles, en 24 heures chrono. Son scénario, lié à l’actualité (la fermeture cynique d’une chaîne étrangère de grands magasins établis en Belgique et les réactions qu’elle suscite au sein du personnel de l’une des filiales) et à l’histoire (les tueries du Brabant de jadis), pourrait s’intituler Le Carrefour du Crime… Rondement mené, entre flash-back et scènes parallèles, il se dénoue sur un imprévu à la Raymond Chandler qui réjouira les aficionados du genre… Chapeau, l’artiste !
Bernard DELCORD
07-03-2010, 12:32:10 Brice
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... Foire du livre de Bruxelles 2010
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CANDIDO2Au cours des jours prochains, vous allez découvrir nos entretiens télévisés et reportages réalisés lors de la Foire du Livre avec la complicité de Xavier Van Vaerenbergh et Flavia Fidolino. Au menu, entre autres, Hédi Kaddour, Jean-Marie Périer, Yasmina Khadra, Vincent Perez, Francis Huster (exclusif), David Foenkinos, Arnaud Cathrine, Yves Simon, Pascal Bruckner, Jean Teulé, Patrick Rambaud, Dany Laferriere, Jean-Marc Parisis, Pierre Kroll et Frederic Beigbeder.

Cette année la photographie est assurée par un magicien de l'image, Gianni Candido dont vous pouvez apprécier l'incroyable travail en cliquant sur sa photo ci-contre.
07-03-2010, 01:13:57 Brice
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... David Foenkinos, Prix Gaël 2010
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FOENKINOS_NICKYPhoto : Gianni Candido
07-03-2010, 00:57:31 Brice
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... Il était une foire, Beigbeder
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BEIGBEDER_BRICEFoire du livre de Bruxelles, Grasset, samedi.

Photo : Gianni Candido
07-03-2010, 00:54:40 Brice
04-03-2010
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... La chute
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garnaBlaise s'arrête sur le bas-côté et reste assis dans sa voiture. Ses jambes tremblent. Il coince ses genoux contre le volant, il a peur qu'ils se disloquent. Il est foutu. Sa vie entière est foutue. Il aperçoit son avenir comme un énorme gouffre, sans sa femme, sans ses enfants. Il va aller en prison pour meurtre. Meurtre et enlèvement d'enfant. Il doit disparaître, s'éloigner de l'agitation, du bruit, des lumières et des hommes.
Il est de ces maîtrises d'écriture dont la force entraîne le lecteur dans l'exacte intention du propos: une dérive.
Dérive de Blaise, mari invisible, père approximatif, être velléitaire, rongé de doutes et de plans fatalement foireux. Dérive d'un couple - Mireille et lui - qui vit en parallèle, privé de communication, comme ces chapitres qui ponctuent le roman, alternant le point de vue du narrateur, de la première à la troisième personne.
Alors que sa vie est sur le point de changer avec la perspective d'un nouveau job, Blaise va être témoin d'un accident et s'enliser dans un scénario infernal.
Dotée d'un sens aigu de la description, Isabelle Garna explore toutes les palettes de la grisaille et de la médiocrité. Une acuité psychologique qu'elle traduit également en registres variés, traquant l'intimité de ses protagonistes avec la plus parfaite crudité.
Apolline Elter

Dérive, Isabelle Garna, Luc Pire - Le Grand Miroir, février 2010, 296 pp, 18 €.
04-03-2010, 09:00:19 Brice
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L'actualité du monde du livre
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est réalisé avec la collaboration rédactionnelle de Christophe Corthouts, Nicky Depasse, Apolline Elter, Marc Bailly, Bernard Delcord, Valérie Nimal et ponctuelle de Philippe Cantamessa et Joël Habay. Webmasters : Xavier Vanvaerenbergh et Christophe Delire (dit La Taupe). Photographie : Alain Trellu. Avec la collaboration ponctuelle de Nicolas Wibaut.
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