LIVRE de BORD Nicky et Brice Depasse vous invitent chaque jour sur Liberty TV pour suivre l'actualité du livre. Cliquez sur le logo pour regarder quelques numéros.
Sans laisser d'adresse est le titre du nouvel Harlan Coben. On vous en parle.
Patrick de Carolis se livre à Brice Depasse.
Le nouveau Stephen KING sortira en mars prochain. Le Dr Corthouts l'a déjà lu.
Bernard PIVOT s'entretient avec Jean-Louis KUFFER.
Special Livre de Bord avec Marc LEVY.
DAN BROWN revient enfin Le symbole perdu son nouveau roman est en librairie. Qu'en penser ?
Classique SOLLERS Le Disours parfait de Philippe SOLLERS est-il une nouvelle bible ? Jean-Louis KUFFER y répond.
J.D. SALINGER Second et dernier départ après 50 ans de silence médiatique et éditorial, 60 ans après "L'attrape-coeurs".
ALEXANDRE JARDIN Entretien à propos de son nouveau poche "Chaque femme est un roman"
JEAN d'ORMESSON s'entretient avec Brice & Nicky dans une spéciale de Livre de Bord.
Oh, que voilà un exercice difficile. Offrir au vaste monde de la littérature de l’imaginaire une relecture un tant soit peu originale du mythe du vampire. En ces temps où la tendance est davantage aux déclinaisons adolescentes et aux amourettes interdites entre suceurs de sang et jeune lycéenne complexée, Guillermo Del Toro (monsieur Labyrinthe de Pan, Hellboy et autre Echine du Diable, bientôt réalisateur du Hobbit sous le haut parrainage de Peter Jackson) et Chuck Hogan (jeune valeur montante du thriller) empruntent les cheminsexcitants d’une aventure scientifique rythmée comme un tube de hard-rock. Un avion en rade en bout de piste, du côté de l’aéroport de JFK, despassagers frappés par un prédateur/virus inconnu… Il n’en faut pas pluspour alerter le Dr. Eph Goodweather et son équipe de spécialistes des menaces virales. Dans le même temps, Abraham Setrakian, survivant des camps d’extermination nazi et chasseur de vampires devine l’arrivée d’un vieil ennemi sur le sol américain. Classique ? C’est sans compter la richesse de la mythologie que Del Toroinsuffle au cœur d’un récit qui laisse le lecteur à bout de souffle ! Avec un sens aigu de la mise en scène, du suspense, La Lignée jette lesbases d’une trilogie qui devrait faire date dans le petit univers de la littérature de genre. Les images évoquées par Chuck Hogan s’impriment dans les esprits et les relents d’Apocalypse qui flottent sur le fin du récit annoncent une suite de la meilleure eau. La Lignée, ou l’association géniale entre l’imaginaire d’un metteur enscène visionnaire et la plume acérée d’un auteur en pleine possession deson art. Vite, la suite ! Dr Corthouts
La lignée, Guillermo Del Toro et Chuck Hogan, Presses de la Cité, septembre 2009, 444p., 21€50.
La littérature populaire américaine possède une tradition de « romans de guerre » qui prend sa source dans les divers conflits qui ont touché cette « jeune » nation. Fascination pour les faits d’armes, descriptions quasi chirurgicales des batailles les plus obscures, ou encore respect scrupuleux de l’organisation très codifiée des corps armés, les auteurs qui surfent sur cette vague connaissent les « ficelles » etl’attachement de leurs fans pour le détail… C’est donc avec une certaine méfiance que j’entrais dans ce Ralliement qui compte les aventures d’un bataillon de Yankees, précipité dans un monde parallèle au sortir d’une rude campagne de la Guerre de Sécession. Allais-je apprendre la longueur exacte des mousquets de l’époque ? Le poids, au gramme près, des dix sept chevaux ayant servis à hâler la pièce d’artillerie principale du siège de Walnut Groove ? Devoir m’extasier sur lesvictoires manichéennes d’un groupe de soldat à la mâchoire carrée ? Heureusement non ! Les influences de William R.Forstchen sont évidentes dès les premiers chapitres : Le Monde du Fleuve de P. J. Farmer, Une Princesse de Mars de Burrough, une pincée de Moorcock… Le tout saupoudré de réflexions pertinentes sur le pouvoir, la religion, la politique et la morale. Saga épique qui s’étend sur plusieurs volumes (quatre sont déjà annoncés chez Bragelonne/Milady, mais huit bouquins existent en version originale), les aventures de ce Régiment Perdu aux confins d’un univers où se mêlent hommes venus de Russie médiévale, Mayas ou encore géants dévoreurs de chaire humaine ravivent avec bonheur les souvenirs des grandes aventures populaires… dénuées de toute pédanterie. Nerveux sans être hystérique, relevé sans pour autant se complaire dans la vulgarité ou les effetsfaciles, les exploits d’Andrew Keane et sa troupe de Tuniques Bleues allient avec maitrise le divertissement et juste ce qu’il faut de réflexion. Que demander de plus ? Dr Corthouts
Regiment Perdu T2 - Rassemblement, de William R. Forstchen, Milady, juillet 2009, 8€00.
De grands bouleversements s'annoncent pour les seigneurs comme pour les hordes. Les augures deviennent folles, les rumeurs d'apocalypse se propagent tandis que les incursions de démons se multiplient. Dans le chaos qui se précise, la horde du Serpent tente de survivre sans le bras-démon qui assurait naguère à son capitaine Audric une forceinvincible. Désormais, c'est Marween qui mène le jeu: à la tête de la horde de l'Aigle, il est le fer de lance d'une conquête implacable pour le compte du duc Coresh. Mais à quel jeu joue Solenn, la Prime Augure? Pourquoi aide-t-elle Coresh à éradiquer les seigneurs concurrents, alors que cela risque de livrer l'humanité tout entière aux démons ? Reste-t-il un avenir pour les deux mondes? Laurent Genefort possède une place toute particulière au panthéon de ma passion de la lecture. En effet, si ma mémoire est bonne, c’est avec Laurent que j’ai réalisé ma toute première interview d’un auteur « connu », publié à l’époque au Fleuve Noir (dans sa version poche), à la table d’un café parisien ! Souvenir aussi d’avoir préparé cette rencontre avec délectation, en lisant tous les romans du bonhomme parus à cette époqueet en redécouvrant du même coup le plaisir d’une SF populaire, pleine d’action, de mondes originaux mais pas envahissant et d’images ultra-cinématographiques. Ensuite, le temps passant, la vague de la « nouvelle SF française » prenant peu à peu de l’ampleur, j’ai continué à suivre les aventures de Laurent … sans jamais pourtant retrouver ce souffle « populaire » des premiers essais. Omale prenait des allures de grande fresque SF trop contemplative à mes yeux… Et seul finalement ses excellents romans pour la jeunesse conservaient de cette saveur « insouciante » presque quicaractérise la SF divertissante à mes yeux. J’abordais donc le premier volume de la Horde, L’Ascension du Serpent, avec l’esprit ouvert mais la peur de me heurter à nouveau à une fantasy trop « sérieuse ». Et quel plaisir de m’être trompé ! Violent, épique, passionnant, résonnant davantage des échos de la terreur à la Masterton que des envolées bucoliques d’un Tolkien, ce premier volume tenait toutes les promesses de sa magnifique couverture. Avec « Le Vol de l’Aigle », Laurent Genefort allait-il réussir la passe de deux ? Si vous ne désirez pas lire plus loin, j’annonce la couleur : oui ! Progression logique d’un second opus qui s’enfonce davantage dans la noirceur (un classique dans la bonne vieille mécanique des trilogies…), ce Vol de l’Aigle s’attache au destin d’Marween, jeune guerrier dont l’accession au pouvoir est la résultat d’une quête sanguinaire, d’une poussée adolescente de testostérone et d’une fascination pour ces démons qui vivent juste là, à côté, dans une dimension si proche. Toujours soucieux de mêler aventure épique etévasion, Genefort développe ici son bestiaire et son habituelle fascination pour les décors organiques, tout en ne perdant pas de vue une seule seconde qu’il raconte une histoire et qu’il convient, dans la veine populaire de ses débuts de tenir le lecteur « sur le bord de sonsiège » afin de lui offrir divertissement, tout autant que réflexion sur le pouvoir, l’amour et la corruption. Ce second volume refermé, on se réjouit déjà de retrouver, en fin d’année, la conclusion d’une trilogie qui résume très bien la philosophie qui anime les éditions Bragelonne : qualité, action et divertissement ! Dr Corthouts
Le Vol de l’Aigle, Les Hordes, Tome2, Laurent Genefort, éd. Bragelonne, 2008, 327p., 20€00
Le grand catalogue des trésors et armes de la Fantasy
Je vous présente cette encyclopédie du merveilleux que nous nous devons d'avoir dans notre bibliothèque, nous, fans de Fantasy. Édouard Brasey ne ternit pas sa renommée et livre ici une encyclopédie des plus complètes et des plus enrichissantes. Moi qui me demandais comment avait été façonné Excalibur ou encore le Marteau de Thor, d’où venait la Toison d’Or et autres objets magiques, j’ai maintenant des réponses. J’en ai été agréablement surpris que telle pierre apportât ceci, que cette arme avait été fabriquée par cette tribu et surtout pourquoi cette tribu l’avait modelée. L’ouvrage est constellé de dessins que je qualifierais, mes bons amis, d’époustouflants.Avec des mots justes, Édouard Brasey m’a emmené dans un voyage au travers des objets magiques et artefacts légendaires avec un souci du détail impressionnant. Sans jamais me prendre de haut ni ressasser les mêmes explications, Brasey a fait défiler devant mes yeux ébahis une panoplie digne de la caverne d’Ali Baba. Chaque chapitre aborde un sujet bien spécifique. Et quand celui-ci touche à sa fin, le suivant s’emboîte à la suite sans aucun problème. L’écrin de ce joyaux est si beau qu’il suffit de le prendre dans la main pour sentir son aura vous traverser l’âme et vous emporter vers les hauts fourneaux de la création mythique. Freddy François
L’encyclopédie du légendaire, Tome 1, Trésors, artefacts et armes magiques, Edouard BRASEY, couverture de Didier Graffet, Le Pré Aux Clercs, novembre 2008, 140p., 28€00.
East Falls est une petite ville proche de Boston dont les habitants apprécient le calme et vivent à l’écart du monde. Au sein de la commune vit le Convent américain, organe dirigeant des sorcières nord-américaines. Paige Winterbourne, jeune femme ambitieuse et moderne, le dirige après la mort de la précédente responsable. Paige est également en charge de Savannah, sorcière adolescente recueillie après l’assassinat de sa mère. Malgré sa jeunesse, Savannah est dotée d’un pouvoir extraordinaire. Sorcières et mages cherchent donc à l’intégrer à leurs forces lorsque le père présumé de la jeune fille cherche à la récupérer par tous les moyens. Héritier d’une Cabale de mages très puissante, Kristof Nast utilise une semi-démone pour récupérer sa fille. Paige et Savannah, aidées d’un séduisant mage rebelle, vont désormais se trouver confrontées à l’enfer. Si Magie de pacotille est le troisième des sept romans de Kelley Armstrong, il peut se lire sans connaître les tomes précédents. Le récit peine à démarrer car la vie de Paige et Savannah demeure terne et la présence du fantastique n’apporte pas grand chose. Heureusement, l’intrigue s’étoffe après quelques chapitres, et les rebondissements s’accumulent comme les problèmes de Paige. S’ajoutent à cela des personnages typés et attachants, de l’humour léger qui fait mouche, ce qui donne finalement un récit agréable à lire. Sans jamais verser dans l’horrifique malgré quelques scènes noires, Magie de pacotille présente un monde fantastique prenant et crédible. Chris de SAVOIE
Magie de pacotille par Kelley Armstrong, traduction de Mélanie Fazi, Paris, Éditions Bragelonne, 422 pp., 20 €
Ce roman, le premier publié par David Gemmell (en 1984), a ouvert la fructueuse carrière d’un des auteurs les plus prolifiques de « l’heroïc fantasy » de ces dernières années. On trouve en effet dans ces pages un savoir-faire évident, qui se déploiera par la suite tout du long de plusieurs séries incontournables (notamment à la saga du « Lion de Macédoine », qui revisite l’histoire de la Grèce antique en la mélangeant à la mythologie olympienne) et ce jusqu’à son décès au mois de juillet 2006. De quoi s’agit-il ici ? D’une sorte de « Massacre du Fort Alamo », avec les Drenaï et les Nadir en lieu et place des Texans et des Mexicains. L’action se déroule en effet de manière quasi exclusive au sein d’une forteresse stratégique – Dros Delnoch – verrou contrôlant l’accès à l’Empire Drenaï, dont l’assaillant Nadir doit s’emparer à tout prix s’il compte poursuivre son invasion plus avant. L’armée que ce rassemblement de peuplades nordiques (regroupées pour la première fois sous un même commandement par un certain Ulric, leur nouveau seigneur) masse aux abords de la forteresse a pourtant de quoi décourager toute velléité de résistance : la poignée de soldats défendant les six remparts de cet ultime bastion se voit confrontée à près d’un demi-million d’hommes en armes venus du nord ! ... Lire la suite en cliquant sur la couvertue Franck Boulègue
David Gemmell, Légende, Bragelonne, 2008, 505 p., 7€00.
J’étais impatiente de partir pour un nouveau voyage avec les mots de J.V. Jones dont j’avais particulièrement apprécié les péripéties et l’humour dans les trois volumes composant Le livre des mots. C’est donc avec un a priori favorable que je suis entrée dans la lecture des deux tomes de La Ronce d’Or et cela a bien failli mal tourner. Parce qu’il ne s’agit pas du tout de la même ambiance. Enfin, tout du moins au début de l’aventure, puisqu’on s’y retrouve dans le présent. Qui plus est, l’héroïne a eu le don de m’insupporter immédiatement. Elle m’apparaissait d’une grande mièvrerie et, pour tout dire, j’ai bien eu envie de la laisser en plan avec son homme parti et ses problèmes d’acouphènes. Heureusement, au moment même où j’allais l’abandonner, elle s’est embarquée pour un autre espace temporel. De prime abord, cela ne changeait pas grand-chose pour ma pauvre héroïne qui se souciait plus de son apparence, du tissu qui gratte, que des véritables problèmes qui la cernaient. Et puis, avec le coup du beau chevalier qui vient à son secours, j’ai eu l’impression d’être immergée dans la collection Harlequin. Je l’avoue, je suis un brin féministe sur les bords, question de génération sans doute, et cela ne dérangera pas les jeunes lectrices de fantasy.Ce qui a sauvé ma lecture, c’est la technique d’écriture de J.V. Jones qui passe d’un personnage à l’autre, de chapitre en chapitre. Ce qui fait que j’ai pu rencontrer le maître de l’enluminure. Cela tombait mal pour lui, il était en train de mourir sur son dernier parchemin, mais l’enluminure et ses alchimies fantastiques étaient introduites dans le récit.Le temps que Tessa, notre belle héroïne, s’accoutume à son nouveau monde, que Ravis, le beau ténébreux en dévoile un peu plus sur lui-même, le scribe de l’enlumineur dévoilait quelques secrets sur ses recettes de pigments. Je vous rassure, notre héroïne va s’étoffer et s’endurcir. L’eau de rose va se pigmenter de couleurs autrement plus sombres. Et pour découvrir le secret de « La Ronce d’Or », je vais lire d’une traite les deux volumes. C’est vraiment l’art de l’enluminure qui tient le récit en haleine. Comment la force d’une image peut enraciner une réalité dans un parchemin. Comment l’art peut influer sur la vraie vie. Le côté romanesque, romantique du récit m’a certes agacée. Je trouve que la magie de l’enluminure aurait pu être développée autrement. Mais le combat des scribes par parchemin interposé, avec les encres noire et rouge qui dégouttent sur le vélin, cela donnait envie de prendre des pinceaux. Ce n’est donc pas un grand roman de fantasy. Mais c’est un ouvrage ludique qui passionnera ceux qui aiment les enluminures médiévales, ceux qui pratiquent cet art et ceux qui veulent l’apprendre. CHANNE
La Ronce d’or, tome 1 : Les motifs de l’ombre (448p., 24€50), tome 2 : La peinture de sang (851p., 24€50), tome 3 : Frères d’ombre et de lumière (557p., 22€00), par Julie Victoria Jones, traduit par Guillaume Fournier, illustré par Alain Brion, Paris, Calmann-Lévy.
Stephenie Meyer est devenue un phénomène outre-atlantique où certains osent même l’appeler la J.K. Rowling américaine. Les trois volumes précédents de cette histoire – celui-ci clôt la tétralogie – ont explosé les Top 10 anglophones et la traduction française parue le 22 octobre a été le best-seller de la semaine quasi immédiatement ! Un tel succès pour une jeune femme de 35 ans est rare. Et son public initialement visé « jeune » s’est naturellement élargi aux adultes (comme dans le cas des Harry Potter).Cette révélation termine donc (il n’y a plus là matière pour un tome 5) l’histoire d’amour entre une humaine, Bella, et un vampire « végétarien » (il ne se nourrit pas de sang humain). Histoire, style, récit, tout est cohérent et bien dans la lignée des livres précédents. Mais alors pourquoi n’ai-je pas été autant passionnée ? Peut-être le récit à la première personne en est-il la cause … manque de profondeur dans l’expression des sentiments. C’est vrai qu’un vampire « ressent » peu de choses selon la mythologie de Mme Meyer. On passe d’une histoire d’amour avec ses hésitations et son charme à une vie d’adultes responsables, sans transition. Et surtout le récit du voyage de noces m’a plutôt fait l’effet d’une littérature à l’eau de rose ou d’un catalogue de voyagiste. Malgré tout, la lecture de cette révélation n’est pas une séance de et je ferai partie de ceux qui iront voir l’adaptation cinématographique du volume 1, Fascination qui sortira sur les écrans avant la fin de l’année ! Véronique De Laet
Révélation, (Saga fascination, Tome 4), Stephanie Meyer, traduit par Luc Rigoureau, Hachette jeunesse, novembre 2008, 759p., 18€00 env.
Seconde Guerre Mondiale. Les armées alliées s’enlisent dans la jungle birmane, dépassées par les techniques de guerilla des soldats japonais. Acculés, les autorités américaines décident de faire appel à un peuple dont la vie même est liée aux secrets de la nature : les elfes. Prémices pour le moins originales donc, pour le nouveau roman de Christophe Lambert. Jamais en reste d’une poussée d’imaginaire, l’auteur de la Brèche et de Zoulou Kingdom, nous propose donc un univers où les guerriers sylvestres de Tolkien occupent la place des native americans. En soit, l’idée est déjà séduisante, mais si vous y ajoutez la présence du Professeur himself, obligé de crapahuter en pleine jungle birmane alors que les chapitres de son œuvre maîtresse prennent forme au rythme des péripéties, vous obtenez un roman qui s’éloigne résolument des chemins balisés des livres de genre qui garnissent les étagères de nos librairies (en schématisant, de la Fantasy et du thriller…). Idée originale, mais Christophe Lambert n’abandonne pas pour autant ses petites marottes. Soit une structure qui s’inspire de celle, mythique, du voyage du héros de Campbell, une installation des composantes de l’aventure sur un rythme tranquille et une accélération finale qui prend des allures de grand rush, de climax pétaradant, où les fils de l’intrigue se dénouent dans les larmes et la douleur. Ce qui réjouit aussi chez Lambert, c’est la manière décomplexée avec laquelle il enchaîne les citations et les clins d’œil, tout en menant le récit avec efficacité. Pour les amateurs, les références abondent mais le lecteur novice découvrira avec plaisir une aventure passionnante et remplie de suspense. Tout n’est pas pour autant parfait au cœur de l’enfer vert et l’arrivée, plutôt tardive, d’une menace supplémentaire opposée aux soldats rescapés d’une terrible bataille contre l’ennemi nippon, aurait pu faire l’objet d’un roman indépendant plutôt que d’une exploitation que l’on qualifiera de… légère ? Mais que l’on ne s’y trompe pas : excellent auteur de littérature pour ados, Christophe Lambert s’impose, au fil des romans, comme une plume solide et originale du milieu « adulte ». Et il suffirait de pas grand-chose pour qu’il rejoigne les sommets des listes de vente. Dr Corthouts
Le commando des immortels, Christophe Lambert, Fleuve Noir, septembre 2008, 262p., 17€00.
Alors que La boussole d'or, le premier volet de la trilogie A la croisée des mondes paraît en DVD (cliquez sur la couverture du livre pour tout en savoir et regarder le trailer de cette adaptation cinématographique avec Nicole Kidman et Daniel Craig), Philip Pullman publie une pré-séquelle à la saga. Il était une fois dans le Nord est un court roman (façon Jules Verne jusque dans les gravures) dans lequel les deux personnages baroudeurs se rencontrent : Lee Scoresby, l'aérostier texan et Iorek Byrnison, l'ours blanc. La suite en podcast, diffusé ce mardi sur Nostalgie, dans le Grand Morning, avec en deuxième partie, une petite couche supplémentaire sur l'excellent livre de Pascal Fioretto, Et si c'était niais ?. Brice Depasse
GRAND MORNING - Philip Pullman & Pascal Fioretto
Il était une fois dans le Nord, Philip Pullman, Gallimard Jeunesse, septembre 2008, 95 pages + un jeu de société, 12€50.
La réédition de ce roman de Peter Straub, écrit en 1977, nous confirme que le co-auteur du Talisman des Territoires (rédigé en partenariat avec Stephen King) était déjà, à l’orée de sa carrière, un conteur de talent. L’intrigue de Tu as beaucoup changé, Alison se révèle certes un rien linéaire, voire légèrement prévisible - mais ce fait ne gâche en rien la capacité que déploie ce livre à captiver l’attention du lecteur, à lui faire partager les doutes et les interrogations de son personnage principal, plongé dans une situation inextricable où s’enchevêtrent pêle-mêle rancunes familiales, meurtres pervers, atavismes campagnards et événements d’ordre surnaturel… Lire la suite Franck Boulègue
Tu as beaucoup changé, Alison, Peter Straub, traduit de l’Américain par Jean-Paul Martin, 407 p., Le Livre de Poche, 2008, 6€95.
La fantasy fourmille d’images de toutes sortes. Paysages grandioses, combats féroces, rudes combattants, fées magnifiques, elfes magiques, j’en passe et des meilleurs. L’Art de la fantasy regroupe des images d’artistes, des œuvres présentées souvent pour la première fois, des images provenant de romans, de couvertures de livres, de jeux de cartes, de jeux de rôles, de jeux vidéo. Bref un éventail très large des plus grands artistes du moment, chaque image étant présentée avec des explications sur les sources d’inspiration, les techniques et les histoires cachées derrière le travail des artistes. Bref, un superbe livre pour vous faire rêver. Marc Bailly
Martrin MCKenna, L’art de la Fantasy, Préface de Boris Vallejo, Traduit de l’anglais par Thierry Arson, 192 p., Le Pré aux Clercs, Hors Collection. 2008, 23€95.
23-08-2008, 09:30:04 Brice
09-08-2008
Petits incunables ; grands mythes
62 pages en moyenne, un format qui se met au creux de la main. Chacun aborde de façon assez profonde (tout est proportionnel aussi, un traité de 300 pages ne peut qu’être plus complet !) une thématique typique de l’Imaginaire. De l’histoire, de l’étymologie, des légendes, de la présence dans la littérature, dans la peinture de ces elfes, fées et dragons, chacun de ces « grimoires » est superbement illustré par Sandrine Gestin et propose donc une collation des informations sur le sujet. Format, prix, tout est logique pour y trouver une petite collection de références pour les jeunes amateurs des sujets de la Fantasy… L’auteur varie son style, parfois légèrement moqueur quand il taquine la fée ou plus docte si il caresse les écailles d’un dragon. Seule contre-indication : si vous êtes spécialiste du sujet, non évitez… encore que … de si jolies illustrations valent largement les 7,5 € du prix du livre ! Lutin, sorcière, vampire, loup-garou, pirate, licorne… Oh, vu la bibliographie de l’auteur, je suis rassurée sur son imagination et son érudition sur ces sujets ! Petits livres-bijoux, comme enluminés... Véronique De Laet
Le petit livre des fées, Le petit livre des elfes, Le petit livre des dragons, Edouard Brasey, illustré par Sandrine Gestin, Le Pré aux Clercs, avril 2008, 62p., 7€50 chacun.
09-08-2008, 10:05:41 Brice
15-06-2008
Alexandre et les minotaures
Ce très bon roman de David Gemmell _ auteur britannique aujourd’hui décédé, champion tout terrain d’une « heroic fantasy » volontiers martiale, quoique non dénuée de subtilités politiques _ nous entraîne à nouveau dans la Grèce antique de Parménion (dit le « strategos »), le talentueux général spartiate au service de Philippe II de Macédoine. Il poursuit en effet l’intrigue narrée dans Le Lion de Macédoine, auquel il donne une conclusion où le fracas des armes n’a d’égal que les manigances de l’Esprit du Chaos pour s’emparer de l’âme d’Alexandre le Grand, le valeureux fils de Philippe… ou plus exactement de Parménion, si l’on en croit la version ici proposée par Gemmell ! Tout commence avec l’enlèvement dudit Alexandre par des sbires du Dieu Noir. Le jeune prince est transporté dans une Grèce située dans un univers parallèle. Une Grèce où les légendes sont réalité. Une Grèce qui porte le nom « d’Ægéa », où les Minotaures, Gorgonnes, Centaures et autres personnages mythologiques (les créatures de l’Enchantement) côtoient les êtres humains dans leur quotidien sans que cela suscite le moindre haussement de sourcil. Dans ce monde, Philippe s’appelle « Philippos », et il est le Roi-Noir - un être malfaisant lancé dans une interminable série de conquêtes sanglantes et cruelles. Son principal objectif consiste à mettre la main au plus tôt sur Alexandre. En Ægéa, le prince est en effet devenu « Iskandre » - le seul individu capable d’ouvrir le Portail des Géants, unique moyen pour les créatures de l’Enchantement, vouées à disparaître autrement, de quitter ces terres où la magie se meurt peu à peu. Dès l’annonce de son enlèvement parvenue aux oreilles de Parménion, ce dernier s’élance à sa recherche, secondé par Attalos, le fourbe champion de Philippe, qu’il apprendra progressivement sinon à respecter, du moins à apprécier. Ces deux héros pourront de surcroît compter dans leur quête trans-dimensionnelle sur le soutien plus ou moins masqué d’Aristote, le célèbre philosophe, précepteur d’Alexandre durant son enfance, qui en sait peut-être plus sur les événements en cours qu’il ne souhaite d’emblée en divulguer… Il va sans dire que les embûches seront nombreuses sur leur chemin, de même que les batailles. Parménion devra ainsi convaincre les créatures de l’Enchantement - et tout particulièrement Gorgonne, la plus terrible d’entre elles - de les suivre, lui et Alexandre, jusqu’au Portail des Géants. Il devra aussi prendre la place de son double en ce monde (mort au combat), qui à l’inverse de ce qui lui est arrivé en Grèce est devenu roi de Sparte. C’est d’ailleurs à la tête des armées de la fameuse cité du Péloponnèse - auxquelles il donnera une touche de démocratie, en les renforçant de l’ensemble de la population d’esclaves de la ville – qu’il affrontera les hordes du Roi-Noir lors d’un engagement décisif pour l’avenir de Sparte et de ses habitants. Autant dire que son emploi du temps lors de son séjour en Ægéa ne lui laisse guère le temps de profiter du paysage ! Contrairement à ce que l’on pourrait penser de prime abord, les péripéties en ce lieu de notre brochette de héros ne constituent pas l’intégralité de ce roman. Elles se poursuivent ensuite sur plusieurs centaines de pages, alors qu’ils ont définitivement quitté cette Grèce enchantée pour revenir parmi nous. Cela confère un côté un peu bancal à la construction de cet ouvrage, qui n’a toutefois rien de déplaisant : il n’existe heureusement pas qu’une seule manière de raconter une histoire ! Que l’on apprécie ou non cet agencement hors-norme des diverses parties de l’intrigue, on ne saurait en revanche dénier à Gemmell un souffle épique qui nous emporte tout au long des pages du « Prince Noir ». L’histoire est dense et prenante, les personnages attachants ou révulsants, les enjeux cosmiques. Ce roman est donc chaudement recommandé à quiconque souhaite s’évader à travers le temps et l’espace pour aller à la rencontre d’individus hors du commun, qui vivent des aventures exaltantes, pleines de magie et d’émerveillement. Franck Boulègue
David Gemmell, Le Prince Noir, traduit de l’anglais par Eric Holweck, 391 p., Mnémos, novembre 2007, 24€00.
Voila qui ravira les fans du grand, de l’immense, de l’énoooorme Robert E. Howard. Cet écrivain culte - non pas l’inventeur de la Fantasy, il y en a eu d’autres avant lui- est le concepteur, entre autres, de Conan le Cimmérien. Conan qui est le vrai représentant de l’Heroïc Fantasy, celle du sang qui coule et de la sueur qui imprègne la peau. Conan, LE guerrier à l’état pur. Howard débute les aventures de Conan en 1932 dans le mythique magazine Weird Tales. Depuis, le succès n’a jamais été démenti, que ce soit au cinéma, en dessins animés, dans les comic-books. Conan, c’est l’Aventure, c’est l’épopée haute en couleur, ce sont des exploits en tout genre, des personnages plus grands que nature, des décors fabuleux. Il est devenu, au fil du temps, l’un des personnages de fiction les plus connus au monde. Ce superbe volume contient toutes les nouvelles écrites entre 1932 et 1933, réunies pour la première fois en français. Un véritable événement.Le premier tome d’une série qui en comptera trois au total. Ces nouvelles sont présentées dans l’ordre de leur rédaction, avec des traductions neuves ou entièrement révisées. De plus, elles sont magnifiquement illustrées par le célèbre dessinateur Mark Schultz. De la très très belle ouvrage, assurément. Marc Bailly
Robert E. Howard, Conan le Cimmérien, premier volume, traduction : Patrice Louinet et François Truchaud, illustration : Mark Schultz, avril 2008, 580 p., Bragelonne, 25€00.
Faut-il encore vous rappeler le concept de la collection Van Helsing ? En deux mots alors. Les descendants du célèbre chasseur de Dracula, Abraham Van Helsing, ont fondé une société, le Club Van Helsing, qui engage des chasseurs pour traquer les monstres de toutes sortes. Ici le monstre est un peu particulier puisqu’il s’agit d’une lyre. D’une lyre qui envoûte, qui rend ceux qui entendent sa musique complètement dépendants. Hugo Van Helsing possède cette lyre, mais il se la fait voler et il engage Senoufo Amchis, le dernier Grand Maître des tueurs de cachalots des Açores, pour retrouver cet objet mythologique. Senoufo se lance donc à la chasse. Point ici, comme dans les autres épisodes de la série, de bagarres, de sang ou autres scènes hollywoodiennes. Ici tout est plus feutré, plus « doux », sans pour cela que ce soit ennuyeux. Nous sommes plus proche d’un thème du 19e que de la littérature moderne. Et pourtant, qu’est-ce qu’on se sent bien sous la plume de Catherine Dufour ! Et finalement, ce n’est pas si doux que ça. La violence se cache parfois sous de fausses apparences. Une belle réussite donc. Marc Bailly
Catherine Dufour, Délires d’Orphée, Club Van Helsing, Baleine, 2007, 160 p., 9€90.
Pour Laura Byrd, membre d’une expédition en Antarctique, le temps est compté. Après une panne radio, ses collègues sont partis chercher du secours. Lorsqu’elle comprend qu’ils ne reviendront pas et qu’elle est désormais coupée du monde, Laura se lance dans une improbable traversée de la banquise... Elle brave tous les dangers, surtout ceux de la glace qui fond vite. Car depuis le début du XXIème siècle, malgré une prise de conscience écologique, le trou d’ozone est maintenant visible à l’oeil nu et le climat déstabilisé. Entre-temps, dans une ville n’existant sur aucune carte, affluent de nouveaux arrivants. Car cette ville est la cité des morts. Ceux qui ont rendu l’âme s’y installent dans une vie provisoire, qui perdure tant qu’ils subsistent dans la mémoire d’un vivant. C’est là que les récits se rejoignent ... Une épidémie anéantit l’espèce humaine et peu à peu, les gens disparaissent de cette ville-fantôme... Mais pas tous... Pendant des semaines, Laura peuplera l’au-delà de ses souvenirs, animera la ville au rythme de son cœur et tiendra sans le savoir le sort de l’humanité dans le creux de sa main... Dans le premier chapitre, on se demande de quoi on parle et au détour de la page 16, on comprend qu’on est face à une conception de la mort en laquelle nous ne croyons pas mais dont nous perpétrons pourtant l’idée. On n’est mort que quand plus personne ne pense à vous. Oui, voilà ce qu’on dit à un enfant pour lui expliquer la mort. "Grand-père est mort, il ne reviendra plus mais il vit dans ton coeur et dans ta tête. Il te suffit de penser à lui." L'Allemand Kevin Brockmeier construit un récit sur ce principe, nous décrit à la fois la vie de Laura, la survivante et celle des âmes dont elle est "responsable". Petit à petit, vers un chemin inéluctable, celui auquel on refuse souvent de penser, nous avançons : qu’adviendra-t-il de tout cela quand plus personne ne sera là pour perpétuer le souvenir ? J’ai apprécié l’absence d’idée foncièrement religieuse. On est plus dans une conception animiste voire athée de la mort. Le périple sur la banquise est passionnant : on frisonne comme Laura sous les assauts des -56°, on pleure de froid et on se sent dans l’isolement total. Autre axe de réflexion : et si un jour, on était littéralement "seul au monde" ? Hanté par la certitude que plus personne ne vous parlera un jour... Devenir fou ou apprivoiser le silence.. avec ou sans l’étendue blanche de neige... Critique d'une société qui voit à court terme, du consumérisme (c’est une petite canette rouge et blanche de soda qui est le vecteur de contamination), des risques de l’évolution (terrorisme biologique), de l’égoïsme, on y trouve beaucoup d’éléments qui portent à réflechir. Blanche, originale, surprenante, thriller et sentimentale, une lecture au fond de la couette ou au coin du feu, mais un roman qui vous lave la tête tant il vous poursuit, le volume fermé ou fini. Illustration hypnotique, très adaptée. Véronique De Laet Une brève histoire des morts de Kevin Brockmeier, traduit par Johan-Frédérick Hel Guedj, illustré par Trent Parke, Panama, août 2007, 301p, 23€.
Bon ceci nous éloigne un peu de nos domaines de prédilection, quoique… Ce dico aborde tous les pans du romantisme noir et du gothique du XIXe siècle à nos jours, des peintres préraphaélites à Marilyn Manson, de Baudelaire à Robert Smith des Cure. Il y a donc de quoi faire… Des centaines d’entrées sur les écrivains, les lieux, les groupes, les arts (architecture, cinéma, musique, peinture). Fans de black metal ou de Marylin Manson, fans de littérature fantastique, de vampirisme, de cinéma fantastique, de rock ou de comics, ce livre est certes pour vous. Marc Bailly
«Le Dictionnaire Gothic» de Patrick Eudeline et Gabriel Gay, Scali, 200 pages, novembre 2007, 19€95
La peur, cette angoisse qui nous étreint devant un écran de cinéma, face à des vampires, des zombies ou d’une porte qui s’ouvre devant l’inconnu. Nous l’avons tous ressentie un jour ou l’autre, d’une manière plus ou moins accentuée. Une véritable somme nous est présentée ici. Tout sur l’univers riche et varié du monde de l’épouvante, des stars les plus célèbres aux personnalités les plus obscures, de Frankenstein aux films cultes de série Z… Rien ne nous est épargné.Dracula, Jack l’Eventreur, Bela Lugosi, Peter Cushing, le loup-garou, en passant par John Carpenter, Robert Ludlum, Sigourney Weaver ou encore Dario Argento, ils figurent tous au panthéon de l’épouvante et se permettent de vous avoir fait frissonner à un moment ou l'autre. Les films mythiques ne sont pas oubliés évidemment : Alien, Scream, Les griffes de la nuit, etc. Tout ce que vous avez toujours eu envie de savoir sur le monde de l’épouvante, les films, les comédiens, les réalisateurs, les personnalités les plus connues mais aussi les plus obscures raconté par un spécialiste du genre (et prix de l'académie française), Robert De Laroche. Marc Bailly
«L'enfer du cinéma : Tome 2 : Dictionnaire du cinéma d’épouvante » Robert De Laroche, Scali, 568 pages, novembre 2007, 26€00
Les terres des Lannister sont toujours ravagées par la guerre et les pillages alors que du nord descend une nouvelle menace. Élu Roi des Fer-Nés, Œil-de-Choucas lance ses navires à l’assaut des terres riches et fertiles du sud. A Port-Réal, Cerseï cherche à s’affirmer comme une grande reine mais elle multiplie les décisions contestées, comme par exemple le rétablissement des chevaliers de la Foi. Toute à ses manigances pour abattre sa bru, elle délègue à Jaime la tache de ramener la paix sur leurs terres. De son côté, Brienne de Torth poursuit sa quête insensée à la recherche de Sansa Stark, traversant les terres désertiques hantées par les brigands. Souvent mise en danger, Brienne rencontre finalement celle à qui elle avait juré son aide et qui pourrait lui ravir la vie. Pendant ce temps, Sansa poursuit sa périlleuse imposture de fille naturelle de Petyr Baelish dont les ennuis persistent mais qui manigance toujours pour accéder à un grand destin. Un Festin pour les corbeaux constitue la dernière partie du Trône de fer. Les positions dans le monde de G.R.R. Martin commencent à se clarifier. De nombreuses pistes restent volontairement dans l’ombre, l’auteur ayant décidé de scinder le suivi des aventures de ses nombreux personnages. Rien de nouveau donc sur les événements du Mur, le sort de la Reine des Dragons ou la cachette de Tyrion Lannister. Les personnages principaux continuent d’évoluer : Cerseï s’enferme dans sa paranoïa qui la rend aveugle aux vrais dangers, Jaime tient sa parole et se comporte en chevalier respectable, Brienne parvient presque à se considérer comme une femme. Mais, et c’est là l’un des talents de l’auteur, il demeure impossible d’anticiper les réactions des héros et chaque chapitre apporte son lot d’actions et de surprises. Les ambitions, les menaces, les guerres et le chaos prennent dans chaque tome de la série des aspects nouveaux. Les combats alternent avec les affrontements psychologiques, le suspense persiste et au final, il est impossible de lâcher le roman avant la dernière ligne. Chris de Savoie
"Un Festin pour les corbeaux" de Georges R.R. Martin, Le Trône de Fer – Tome 11, traduction Jean Sola, illustration Jean-Sébastion Rossbach, Pygmalion, 331p, 21€90.
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