LIVRE de BORD Nicky et Brice Depasse vous invitent chaque jour sur Liberty TV pour suivre l'actualité du livre. Cliquez sur le logo pour regarder quelques numéros.
Le nouveau JAUFFRET décortiqué par Jean-Louis Kuffer.
Sans laisser d'adresse est le titre du nouvel Harlan Coben. On vous en parle.
Patrick de Carolis se livre à Brice Depasse.
Le nouveau Stephen KING sortira en mars prochain. Le Dr Corthouts l'a déjà lu.
Bernard PIVOT s'entretient avec Jean-Louis KUFFER.
Special Livre de Bord avec Marc LEVY.
DAN BROWN revient enfin Le symbole perdu son nouveau roman est en librairie. Qu'en penser ?
Classique SOLLERS Le Disours parfait de Philippe SOLLERS est-il une nouvelle bible ? Jean-Louis KUFFER y répond.
ALEXANDRE JARDIN Entretien à propos de son nouveau poche "Chaque femme est un roman"
JEAN d'ORMESSON s'entretient avec Brice & Nicky dans une spéciale de Livre de Bord.
Né de parents soixante-huitards (C'est traumatisant de passer ses vacances en Inde quand on est enfant), Fritz se sent doué pour toutes les études. Tellement qu'il se retrouve finalement propulsé dans la vie active. Chez Larousse. Et dans la vie affective, avec Alice (Maintenant que tu as un emploi, il faut que je te présente à mes parents). Une vie amoureuse qui va être marquée ... par les séparations. Depuis que je l'ai découvert avec son excellent Le potentiel érotique de ma femme, David Foenkinos ne m'a jamais déçu. Ce septième roman sur le véritable Amour, celui qui vous propulse dans la catégorie des êtres risibles, fait mouche avec son humour (quelques scènes d'anthologie comme le pétage de plombs du futur beau-fils au premier dîner chez les "futurs"), son décalage urbain (j'en avais besoin, comme pour me prouver que le monde féminin n'était pas une formule anéantie par le couple) et ses qualités littéraires toujours plus évidentes. Entretien avec l'auteur de La délicatesse qui vient de se voir décerner le prix des lectrices de Gaël à la dernière Foire du Livre de Bruxelles.
DAVID FOENKINOS - Brice Depasse 1
DAVID FOENKINOS - Brice Depasse 2
Nos séparations, David Foenkinos, Folio, janvier 2010, 177p., 5€60.
Il fait partie de la nouvelle génération d'écrivains indiens d'Amérique du Nord. Cet auteur prolifique et plusieurs fois primé nous livre Flight, qui parait en format poche. Le narrateur, un ado orphelin, mi-indien mi-irlandais, se fait appeler Spot, en référence à son acné qui le fait "mourir de honte". Hargneux et désespéré, le garçon recherche son identité, et celle de son père qui l’a abandonné. Après avoir été trimballé de familles d’accueil en maisons de redressement, Spot se retrouve à la rue. Il y fait de mauvaises rencontres et se laisse embarquer dans le braquage d’une banque. Blessé par balle, le gamin s’apprête à mourir. C’est là que l’auteur profite d’une faille pour distordre le temps et propulser son héros dans un étrange voyage à travers l’histoire de l’Amérique, dans la peau d’un flic, puis d’un soldat, d’un pilote... Avec un humour féroce et une tendresse infinie pour son héros, Sherman Alexie nous ballade dans une Amérique au passé trouble, en proie au fanatisme, au racisme et au culte de la violence. Ce roman cru, débordant d’humour et de vie, ébranle nos convictions et nous laisse, pantelants, sur une note d’espoir. Valérie NIMAL
Flight, Sherman Alexie, 10:18, février 2010, 201p., 7€40
Peter Crane, ancien médecin de la Marine, est appelé d'urgence sur une plateforme pétrolière perdue au milieu de la mer du Nord pourenquêter sur plusieurs cas de maladies inexpliquées.Sur place, il réalise que les personnes atteintes travaillent sur un site classé top-secret, posé sur le fond de la mer quelque 2700 mètres sous la surface. Il devra se rendre sur place pour les besoins de son enquête, là-même où se déroulent les fouilles visant à percer le secret de l'un des plus grands mystères de l'humanité : l'Atlantide... Aux commandes d’une carrière d’auteur de thriller fantastique à succès avec son comparse Douglas Preston, Lincoln Child avait sans doute quelques heures à tuer, puisqu’il s’est lancé, depuis quelques années maintenant, dans une carrière solo… qui risque bien de connaître la même courbe ascensionnelle que celle qu’il poursuit en duo ! Et pour cause ! Avec une efficacité rare, l’auteur mixe des éléments scientifique avec une petite dose de mythe ancien pour concocter une histoire parfaitement charpentée et placée sous le signe du suspense et des révélations en cascades. Une fois collé au basque de Peter Crane, le personnage principale de cette aventure qui n’est pas sans rappeler Abyss de James Cameron, le lecteur aura toutes les difficultés de poser le roman, pressé d’en connaître les tenants et les aboutissants. De fait, ce Deep Storm ne vogue pas sous la bannière d’une époustouflante originalité, mais lorsque le steak archiduc est préparé avec une maestria, il vaut toutes les cuisines moléculaires du monde, non ? Dr Corthouts
Deep Storm, Lincoln Child, J’ai Lu, janvier 2010, 438p., 7€50.
A travers le portrait de la multitude de femmes qu'il a croisées dans sa vie, Jardin Jr (bonjour, Alain Delon) continue son auto-analyse avec brio, humour et lucidité. Peu m'importe de connaître la part de réalité et de romanesque, cette La Bruyèrade germanopratine m'a enchanté du début à la fin avec ses vérités sur l'expérience amoureuse de l'homme et de la femme sans cesse réinventée, jamais apprise, jamais comprise. Cinq étoiles au prix d'un poche.
ALEXANDRE JARDIN - Brice Depasse 1
ALEXANDRE JARDIN - Brice Depasse 2
ALEXANDRE JARDIN - Brice Depasse 3
Chaque femme est un roman , Alexandre Jardin, Livre de poche, janvier 2010, 295p., 6€50.
Je m'appelle Clara. J'ai quarante-cinq ans, j'en parais trente-cinq en hiver, encore moins en été. J'ai avec le sexe une relation passionnelle, personne n'a jamais bien compris comment je fonctionnais.Très jeune, j'ai collectionné les amants jusqu'à l'écœurement. La plupart de ces brèves étreintes ne m'ont pas laissé le moindre souvenir, je serais bien embarrassée de citer des prénoms. Mais très tôt, j'ai découvert l'orgasme... Hé bien ! Histoire de se remettre de ce trop plein de bons sentiments et de guimauve qui transforme la période des fêtes en succursale des usines de Willy Wonka, que diriez vous d’un petit livre de fesses ? En tant que Docteur Corthouts, traiter pour une fois de corps tordus par la jouissance et non par la rigueur cadavérique, cela va me changer un peu les idées aussi, remarquez ! Sauf que… Sauf qu’il faut bien avouer que ce petit précis de poncifs et autres figures attendues de la sexualité d’un nouveau siècle n’est guère passionnant. En toute honnêteté, il faut avoir peu vécu pour qualifier de « scandaleux » les visites de l’héroïne et son « ami » dans les boîtes échangistes, les interludes dans les salons privés ou encore les saillies pseudo-sauvages sur tabouret de bar. Le tout étant noyé de réflexions convenues et blasées sur le sexe triste. Au final, tout cela manque franchement d’humour et d’une petite touche grivoise… L’approche porno chic en littérature offrant surtout au lecteur froideur et routine. Un comble non ? Dr Corthouts
Itinéraire d’une scandaleuse, Clara Basteh, Pocket, novembre 2009, 217p, 5€90.
C'est un très grand Khadra qui sort en poche cet automne. Quel souffle ! La richesse, la misère, le soleil d'Algérie, les attentats, le maquis, les amours impossibles, l'amitié grégaire des ados, le charme de l'avant-guerre, le désert, la guerre d'indépendance, les fêtes, le racisme, l'Islam, la fierté, l'alcoolisme, le pardon, les anciens combattants, la vieillesse, le bon vin, l'anisette, les premiers émois, la première fois, ... tout sonne dans cette épopée où les destins personnels sont broyés par le grand marteau de l'Histoire. Yasmina Khadra est, certes, un de nos grands producteurs de best sellers actuels mais son humanité, son talent et son style font de lui un des écrivains majeurs contemporains. Quel beau et juste Prix Nobel de littérature il ferait.
YASMINA KHADRA – Brice Depasse 1
YASMINA KHADRA – Brice Depasse 2
YASMINA KHADRA – Brice Depasse 3
La chronique sur Nostalgie lors de la parution de ce livre chez Laffont en 2008 :
GRAND MORNING - Yasmina Khadra
Ce que le jour doit à la nuit, Yasmina Khadra, Pocket, septembre 2009, 437p., 7€30.
Je n'aurais jamais écrit ce livre sur l'Irlande, du moins pas celui-là, sans la traîtrise de mon ami, m'a confié Sorj Chalandon hors antenne. Voilà pourquoi dès les premières lignes, dès le titre, vous connaîtrez l'identité de celui qui a trahi l'IRA durant vingt-cinq ans au profit des Britanniques. Chalandon a juste travesti les noms. Pour le reste, les faits sont vrais. Bien sûr (heureusement), le romanesque permet à l'auteur de réaliser ce qu'il n'a pas pu faire comme rencontrer son traître une dernière fois pour lui demander si même l'amitié était feinte. Reste une histoire et des personnages poignants. La pauvreté. Les victimes. Les femmes (celles qui survivent). Les enfants (qui tombent sous les balles perdues). Les hommes (qui mènent une guerre que des lâches nomment terrorisme).Enfin le style Chalandon. Qui nous avait ébloui avec Une promesse (Prix Médicis 2006). De la vraie littérature. Bernard Grasset aurait aimé.
SORJ CHALANDON - Brice Depasse 1
SORJ CHALANDON - Brice Depasse 2
Texte lu par Frédéric Lepers du Plaisir du Texte
Mon traître, Sorj Chalandon, Livre de Poche, septembre 2009, 224p., 6€00.
Nouvelle mais intéressante publication d'inédits de Françoise Sagan, Bonjour New York est un recueil d'articles écrits pour le magazine "Elle" mais aussi Vogue, Senso, L'humanité, Le Monde ou L'Express. Étonnants voyages avec Sagan dans le New York des années 50, une Jérusalem encore transjordanienne, Naples et Capri déjà très touristiques ou encore le Cuba castriste de 1960. Le portrait que dresse la toute jeune journaliste écrivain de Fidel Castro vaut à lui seul le détour. Avec l'urgence et la concision des articles de presse, ce petit livre de poche (90 pages) vous embarque de personnage en souvenir, tel celui d'une journée de tournage avec Fellini où Sagan partage cette insouciance historique et inébranlable qui fait le fond de l'air en Italie. Léger. Aérien. Un livre smart et nostalgique qui vous laissera un goût de culture humaniste rafraîchissant de jeunesse. Brice Depasse
Bonjour New York, suivi de Maisons louées, Françoise Sagan, Livre de Poche, mai 2009, 90 p., 4€50.
À soixante-cinq ans, il est à l'âge des bilans. Elle en a moitié moins et rumine son chagrin. Celui d'avoir été plantée là avec ses deux filles par un mari volage parti pour une "femme moins usée". A priori, Pierre et Chloé n'ont pas grand chose à partager. Il en décide pourtant autrement, emmenant sa belle-fille sur un coup de tête pour quelques jours à la campagne. Au fil d'un long dialogue, ils vont peu à peu se livrer. Tombe alors le masque du "vieux con" autoritaire et hautain attribué un peu hâtivement par Chloé à son beau-père. L'homme renfermé aux jugements définitifs révèle une blessure et une sensibilité à fleur de peau, tandis que la jeune femme pleine de vie reprend le dessus sur l'épouse éplorée. Le premier et court roman d'Anna Gavalda, que l'on devine atrocement autobiographique, apporte déjà les prémices de ce que sera « Ensemble et c'est tout », mais tarde un peu à s'envoler, comme si, durant les cinquante premières pages, l'auteure s'était débattue avec un sujet trop « proche » et une forme encore complexe à appréhender. En quête de sensiblité et d'efficacité à la fois, sans doute pressée de jeter les mots sur la page, comme dans un exercice de nécessaire catharsis, Anna Gavalda oublie que la narration doit aussi être nourrie d'attente, de détours et de perdition. Mais que l'on ne s'y trompe pas... et le futur nous l'a d'ailleurs bien confirmé, ce sont là des détails à côté de la charge émotionnelle que dégage ce récit puissant qui pilonne les clichés avec une sombre détermination. Dr Corthouts
Je l'aimais, Anna Gavalda, J'ai lu, avril 2009, 4€80.
Un roman d'une beauté saisissante qui trace le destin de trois femmes: Valentine, Mathilde et Gabrielle. Elégance conjugale empreinte d'estime et d'indulgence, élégance maternelle déclinée de progénitures infinies et de la mutilation de leur perte. L'élégance des veuves à travers qui la vie passe et trépasse. «Le premier goût du malheur, elle l'eut trois années avant la fin de son mariage: le septième enfant ne vécut qu'une journée, le temps de sourire aux anges et de partir les rejoindre". Le récit, court, est mené selon un tempo alerte, un rythme, soutenu, réveillé de formules lapidaires, coupé de descriptions d'une beauté douloureuse et rare. L'introspection des émotions féminines y est précise, le langage, choisi. "A côté d'elle Clotilde qui avait dix-sept ans, mais déjà des rondeurs et des timidités de très jeune femme, répétait les gestes de sa mère. A son insu, elle était à l'instant parfait du corps, celui de l'efflorescence aboutie, quand les délicats chemin de la croissance ont mené à une vénusté épanouie." Sublime. D'une beauté apaisante. Un roman dont je vous recommande la lecture de toute instance. Apolline Elter
L'élégance des veuves, Alice Ferney, Actes Sud, 1995, Babel 1997-2008, 6€50.
Voilà un livre qui vous réconcilie avec votre pays. La spectaculaire histoire des rois des Belges n'est pas une apologie du gotha. Enorme succès lors de sa sortie en grand format chez Perrin, ce livre est de l'Histoire romancée, un récit follement passionnant. Admirablement écrit, il dépoussière l'histoire de tous nos rois (et donc de la Belgique) sans concession mais sans faire les poubelles. Roegiers ne se contente de briser des mythes ou de remettre en lumière des faits oubliés, il rend à notre Belgique une dignité que les six mois sans gouvernement que nous avons vécus occultent (ce n'est donc pas un hasard donc s'il a fait un malheur auprès du public). Notre petit pays est divisé par l'ignorance et la bêtise arriviste. Un peu d'Histoire remet en perspective les choses essentielles, donne des leçons de courage politique. Ce dont nous manquons cruellement, "suicidairement". Brice Depasse
PATRICK ROEGIERS - Brice Depasse 1
PATRICK ROEGIERS - Brice Depasse 2
PATRICK ROEGIERS - Brice Depasse 3
La spectaculaire histoire des rois des Belges, Patrick Roegiers, Tempus (Perrin), février 2009, 460p., 10€50.
Nous sommes au XII° siècle, en pleine ère du royaume franc de Jérusalem. Juette se voit mariée à l'âge de treize ans à un homme beaucoup plus âgé qu'elle. Je dirais même, vu l'espérance de vie de l'époque, à un homme en fin de bail. Veuve à dix-huit ans, mère de deux enfants qu'elle rejette, car elle a raté son rendez-vous avec l'amour d'un homme, Juette va se jeter dans le dévouement. Elle va se désincarner. Destin brisé. Histoire d'une époque où l'individu n'existe pas encore, surtout quand il n'en a pas les moyens. Alors que dire de la femme ! La passion selon Juette est une grande histoire et aussi une belle mise en scène littéraire, entre le récit de l'héroïne et celui d'un prêtre, Hughes de Floreffe, qui la met en scène ... pour l'éternité. Une si belle histoire et une écriture aussi fine, légère et élégante au prix d'un livre de poche, peut-on se les refuser ? Nicky Depasse
CLARA DUPONT-MONOD - Nicky Depasse 1
CLARA DUPONT-MONOD - Nicky Depasse 2
Photo : Alain Trellu
La passion selon Juette, Clara Dupont-Monod, Le livre de Poche, mars 2009, 6€00.
J'adore Philippe Besson. J'adore ses livres. J'adore en parler avec lui. Voilà un homme qui aime autant l'écriture que la compagnie des hommes, je veux dire des autres. Avec Un homme accidentel, Besson retrouve tout ce qui fit la force de Un garçon d'Italie : une intrigue forte sur le thème de l'amour homosexuel et, dans une moindre mesure, de la prostitution masculine. Avec un talent hors du commun, Besson nous refait le coup de la passion abrupte et sauvage, entendez irrépressible. Lui est flic à Beverly Hills. Lui est acteur-star d'Hollywood. Entre eux, le meurtre d'un jeune prostitué. Entre eux, une histoire impossible. Lui, le flic, sera bientôt un heureux père de famille. Lui, la star, a peut-être commis le crime sur lequel Lui, le flic, enquête. Ce double drame cornélien sous le ciel bleu de la Californie et sur l'asphalte de Los Angeles est une nouvelle métaphore de la rupture, la veine que Philippe Besson ne finit pas d'exploiter dans une galerie sans fin. L'écrivain est inspiré. Aucun de ses romans ne ressemble au précédent, ni par la forme, ni par le fond.Etat de grâce dont on ne souhaite pas connaître la fin. Brice Depasse
Un homme accidentel, Philippe Besson, 10:18, janvier 2009, 243p., 7€40.
Napoléon Bonaparte n’en finit pas d’alimenter bibliothèques, vidéothèques et librairies. Quel sujet de livre, de film que sa vie, quel objet de réflexion que sa carrière politique et guerrière. Deux siècles nous séparent de ce règne qui fut le dernier éclair de ce qui fut la plus grande puissance mondiale. Dominique de Villepin, à qui on doit déjà un ouvrage paru en 2001, Les cent jours s’est attelé à la tâche ambitieuse de décrire les années de pouvoir de Bonaparte sous l’angle de sa chute. D’où un titre Le soleil noir de la puissance. Car, bien qu'ébloui par le soleil d'Austerlitz, je pressentais qu'il ne s'agissait que d'un "soleil noir ". Soulignerais-je que cet essai sur Bonaparte, extrêmement bien documenté, très bien écrit, est d’autant plus intéressant qu’il est l’oeuvre d’un homme ayant dirigé la même nation, deux siècles plus tard. Un sacré recul. Et une communauté d’esprit, celui de l’après. Excellent complément à la brillantissime biographie de Castelot, ce Soleil noir qui décrit les années de conquête de Bonaparte connaîtra un second tome à paraître dans quelques mois, lors de la rentrée de septembre. Hors antenne, Dominique de Villepin m'a confié qu'entre-temps, il publiera ses propres mémoires d'années de pouvoir. Brice Depasse
DOMINIQUE DE VILLEPIN - Brice Depasse
«Le soleil noir de la puissance, 1796-1807 » de Dominique de Villepin, Tempus (Perrin), 568p, 2007, 24€00
En 2007, lors de la sortie de cet Evangile, j'étais totalement passé à côté de ce premier roman. Le contenu de la quatrième de couverture, sorte de méli-mélo entre le serial-thriller façon Chattam et les interrogations pseudo-religieuses d'un Da Vinci Code y était pour beaucoup. Saturé de templiers, de secrets remontants aux premiers jours du Petit Jésus et peu enclin à découvrir la enième variation sur la couleur de la mitre d'un Pape choisi au hasard de l'histoire, j'avais sciemment appuyé sur le bouton « NEXT ». Mais il faut croire que l'instant karma n'est pas que le fruit de l'imagination des allumés de la réincarnation, puisque pas plus tard que la semaine dernière, les lettres jaune vif du roman de Patrick Graham refaisaient leur apparition sur ma table de travail. Et là, slam-bang!, les premiers chapitres me ferrent comme un brochet trop gourmand et le roman m'emporte dans une ronde obsessionnelle d'une rare vélocité ! Chapitre après chapitre, cette sombre histoire de manuscrit oublié, de sérial-killer en robe de bure adepte des crucifixions sanglantes, de jeune policière médium et de complot universel contre la chrétienté remontant au jour de la résurrection du baba-cool de Nazareth, plante ses crocs dans ma chair de critique, sans plus jamais lâcher prise. S'il y a des ficelles chez Patrick Graham, l'exécution de son oeuvre ne laisse rien au hasard et encore moins la porte ouverte au moindre ennui ! Mené aux quatre coins du monde, avec un souci de perpétuel d'équilibre entre rythme et information, entre respiration et angoisse, entre fascination et répulsion, cet Evangile entre sans mal dans la catégorie des tout grands thrillers à la française. Une certitude donc, pas question de rater cette année, L'Apocalypse Selon Marie, second roman de Patrick Graham ! Dr Corthouts
L'Evangile selon Satan, Patrick Graham, Pocket, 2008, 659p., 8€10.
Milady continue son excellent travail de publication d'auteurs de talent que certains éditeurs ont, semble-t-il, oublié au détour d'une étagère ou d'un trop plein de marketing. Avec Simon Clark, point de salut pour le lecteur puisque cet orfèvre anglais se situe à la croisée des chemins entre la terreur quotidienne d'un Stephen King et les horreur glauques inspirées de légendes locales d'un Graham Masterton. Dans La Rançon des Ténèbres, John Newton, auteur, s'installe avec sa petite famille dans un village anglais que l'on croirait tout droit sorti d'un roman d'Agatha Christie... Si ce n'est cette immense nécropole aux tombes nombreuses et abandonnées qui surplombe les typiques maisons de pierres brutes. Une tombe particulièrement retient l'attention des villageois, celle sur laquelle, selon des lettres aux accents anciens, John doit déposer de surprenantes offrandes au risque de subir la colère d'une entité maléfique. Canular ? Ou véritable chantage aux conséquences dramatiques ? John Newton ne tardera pas à le découvrir ... Dr Corthouts
La Rançon des ténèbres, Simon Clark, Milady, décembre 2008, 469p., 7€00.
Voilà que sort en poche, chez Gallimard à Paris dans la collection « Folio », l’un des plus extraordinaires romans « congolais » de ces soixante dernières années, à savoir L’explosion de la durite par Jean Rolin, paru initialement chez P.O.L. en 2007. Dans une veine actualisée du fameux Aziza de Niamkoko (qui valut à son auteur Henri Crouzat en 1959 son billet de retour dans la métropole française), ce récit picaresque du voyage, entre Paris et Kinshasa, d’une vieille Audi 25 et de ses accompagnants mène le lecteur en 2005 sur les routes d’Anvers au Bas-Congo et de Matadi à Kinshasa, qui recoupent volontairement celles de Joseph Conrad, de Patrice Lumumba et du Che Guevara mais aussi, dans les marges et moins consciemment, de Tintin, 74 ans après le voyage au Congo en 1931 du plus célèbre des reporters belges, et de Georges Simenon, 73 ans après le périple africain de l’inventeur du commissaire Maigret, dont le frère Christian résidait à Matadi. À la demande de son ami Foudron, ancien sous-officier des FAZ présentement sans-papiers et travailleur au noir comme vigile dans un MacDo parisien, le narrateur (qui ressemble comme deux gouttes de vin de palme à Jean Rolin) veille donc, chemin faisant, sur un tacot destiné à finir ses jours en taxi kinois et à devenir ainsi le gagne-pain de Clémentine, l’épouse légitime de Foudron, et de sa parentèle. Dans cette histoire qui commence par la fin, à savoir l’explosion, dans la brousse, d’une durite à quelques kilomètres du but, comme l’annonce la quatrième de couverture, notre Mundélé « va se heurter à un grand nombre de difficultés, parmi lesquelles, tout compte fait, il n’est pas avéré que la pire soit l’explosion de la durite… » Parsemé de bonheurs d’écriture et rédigé dans une langue magnifique, ce texte traitant du si cher « Congo ya biso » est empreint d’humour, de nostalgie et d’humanité profonde… Bernard DELCORD
L’explosion de la durite par Jean Rolin, Paris, Éditions Gallimard, 2008, collection « Folio » n°4800, 208 pp., 5,80 €
Version poche cartonnée, belle édition soignée sur beau papier à l'ancienne qui rappelle la bibliothèque de grand-papa, revoici Khaled Hosseini à nouveau en vitrine, la dernière occasion de reparler de ce grand livre (avant la sortie du film en DVD bien sûr). On croirait de prime abord que Les cerfs-volants de Kaboul s’inscrit dans la série de ces romans qui, à l’instar de ceux de Yasmina Khadra, traitent de ce problème majeur de notre temps : le terrorisme et le conflit qui oppose l’Occident à un certain Islam. Mais le roman de Khaled Hosseini, Afghan vivant aux U.S.A., dépasse cette thématique conjoncturelle pour toucher à une question universelle : qui est notre père ? A travers le destin de deux hommes : Amir, le fils d’un riche Afghan du temps paisible et glorieux d’avant l’invasion russe, et Hassan, son domestique chiite. Hassan lui est dévoué jusqu’à la mort, acceptant tout de son maître et ami, même l’humiliation. Amir aime Hassan mais pas assez pour le protéger, le défendre. Alors qu’Hassan se serait fait tuer pour lui.Peut-être parce qu’Amir souffre de l’affection que son père porte, malgré la différence de classes, à cet Hassan un peu idiot, au bec de lièvre disgracieux.Toutes ces questions sont enfouies après le déferlement de la guerre, l’effondrement d’un monde. Réfugiés en Californie, Amir et son père connaissent la vie pauvre des réfugiés. Et puis, le destin rappellera Amir en Afghanistan, pour lui proposer une chance de se racheter... Bien sûr, il y a dans ce livre des “ingrédients” qui font penser à un film américain bien fait : trop de coïncidences, trop de fils parfaitement liés entre eux. Mais l’émotion est là, vive, bouleversante, et l’on ne peut lâcher ce livre qui renvoie au lecteur l’image de ses faiblesses, humaines, trop humaines. Et puis, on se prend à rêver de ce pays magnifique, on salive à la description des plats. Et l’on songe avec tristesse que ce monde-là n’existe plus, désormais, que dans les livres. Vincent Engel
Les cerfs-volants de Kaboul : édition spéciale, de Khaled Hosseini, 10:18, novembre 2008, 10€00, 405p
Dino Buzzati est, avec Carlo Collodi et Umberto Eco, l'écrivain italien le plus lu (à tout le moins le plus connu) dans le monde. Ces Nouvelles inquiètes ont paru il y a deux ans pour la première fois en Français à l'occasion du centième anniversaire de sa naissance. Le recueil des nouvelles que Buzzati a publié dans le Corriere della sera durant près de vingt ans. Exercice de style (le nombre de caractères imposé par un quotidien, ces nouvelles, par l'auteur du Désert des Tartares, sont des contes (à l'italienne) où le fantastique éclaire le social. Un vieux général emprisonné livre son dernier combat contre La Faucheuse. Le diable se met en grève et laisse une Italie du Mal. Un homme au-dessus de tout soupçon a-t-il fantasmé le meurtre d'une prostituée ? 49 histoires, 49 traits de génie qui plairont à tous les rêveurs éveillés, tous les fans de Murakami, tous ceux qui ont déjà regardé la vie et l'Homme dans le blanc des yeux. Brice Depasse
Nouvelles inquiètes, Dino Buzzati, 10:18, novembre 2008, 389p., 8€60.
Alors que le très beau film de Sean Penn est disponible en DVD, je voudrais attirer votre attention sur le livre dont il s'est inspiré : "Voyage au bout de la solitude". Ce livre, aujourd'hui disponible en poche chez 10:18, publié il y a plus de dix ans par Jon Krakauer raconte l'histoire incroyable mais vraie de Chris McCandless. Vous le trouverez aujourd'hui en librairie sous le même nom que le film avec son affiche en couverture. Je n'ai qu'un conseil : que vous soyez jeune, à l'aube de l'âge adulte ou père de famille confirmé, courez voir ce film et, surtout, lisez ce livre qui en dit beaucoup plus. Jon Krakauer fut le premier journaliste à rapporter l'histoire de ce jeune homme de 24 ans qui après avoir terminé ses études, partit sans laisser de nouvelles à ses parents pendant deux ans à travers l'Amérique. Il le fit après avoir offert à OXFAM toutes ses économies et brulé les billets de banque qui lui restaient. Après deux années d'errance et de petits boulots à travers le middlewest et la Californie, Chris s'attaqua à son rêve : se perdre dans la forêt de l'Alaska, comme Jack London, pendant les mois d'été. Il n'est pas le seul à s'y être perdu, à être mort bêtement. La conclusion pourrait être rapide et laconique : stupide. Je n'en dirai pas plus. Car il y a un plus, vous vous en doutez. Vous serez boulversé selon que serez du côté du fils ou de la mère et du père ou des trois. Jon Krakauer n'oublie personne. Ayant lui-même affronté l'Alaska, par sport, durant sa jeunesse, il était très bien placé pour se glisser dans la peau d'un Chris McCandless dont le sort a ému l'Amérique. Je ne suis moi-même pas sorti indemne sorti de ce livre inclassable. Ce texte écrit d'une seule traite en est la preuve. Brice Depasse
Into the wild : voyage au bout de la solitude, de Jon Krakauer, 10:18, 288p, novembre 2008, 7€40.
Je m'appelle Brice Depasse et je vous souhaite la bienvenue sur le blog podcast d'activistes du livre développé par Nostalgie Belgique.
Je lis en ce moment
"Invisible" de Paul Auster (Actes Sud) : si vous avez aimé "Moon Palace" ou "Leviathan", plongez dans celui-ci !
E-mail
Cliquez sur le bouton ci-dessous pour m'envoyer un e-mail.
E-mail
Cliquez sur le bouton ci-dessous pour écrire à Nicky Depasse
Nicky lit en ce moment
"Clara Malraux" de Dominique Bona (Grasset).
JACQUES MERCIER
partage avec nous ses lectures.
Mail Box
Ecrire à Bernard Delcord
Tous les écrits et articles de
Jean-Louis KUFFER en cliquant sur son portrait.
E-mail
Cliquez sur le bouton ci-dessous pour écrire à Christophe Corthouts
Apolline Elter
et le blog de ses coups de coeur littéraires.
Cliquez sur sa photo pour
admirer les photos d'Alain Trellu.
LORANT DEUTSCH
vous invite à visiter Paris en sa compagnie. Regardez !
Philippe GELUCK se lâche
pendant 20 minutes sur notre plateau.
Ecoutez ROMAIN SARDOU
et lisez son adaptation des Lettres à Lucilius de Sénèque.
Entretien avec Charles
NAPOLEON, le dernier des BONAPARTE.
Regardez Amélie NOTHOMB
sur le plateau de Livre de Bord avec Nicky & Brice.
WebTV Lire
Des heures de programme à regarder. Entretiens avec Annie Ernaux, Russell Banks, Guillaume Musso, Benjamin Lacombe, ... enregistrés à la FDL de Bruxelles en 2008.
Cliquez sur la photo.
Lire est un plaisir
est réalisé avec la collaboration rédactionnelle de Christophe Corthouts, Nicky Depasse, Apolline Elter, Marc Bailly, Bernard Delcord, Valérie Nimal et ponctuelle de Philippe Cantamessa et Joël Habay.
Webmasters : Xavier Vanvaerenbergh et Christophe Delire (dit La Taupe). Photographie : Alain Trellu. Avec la collaboration ponctuelle de Nicolas Wibaut.