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Sans laisser d'adresse est le titre du nouvel Harlan Coben. On vous en parle.
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Patrick de Carolis se livre à Brice Depasse.
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Le nouveau Stephen KING sortira en mars prochain. Le Dr Corthouts l'a déjà lu.
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Bernard PIVOT s'entretient avec Jean-Louis KUFFER.
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Special Livre de Bord avec Marc LEVY.
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DAN BROWN revient enfin Le symbole perdu son nouveau roman est en librairie. Qu'en penser ?
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Classique SOLLERS Le Disours parfait de Philippe SOLLERS est-il une nouvelle bible ? Jean-Louis KUFFER y répond.
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J.D. SALINGER Second et dernier départ après 50 ans de silence médiatique et éditorial, 60 ans après "L'attrape-coeurs".
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ALEXANDRE JARDIN Entretien à propos de son nouveau poche "Chaque femme est un roman"
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JEAN d'ORMESSON s'entretient avec Brice & Nicky dans une spéciale de Livre de Bord.
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| 24-01-2010
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Sollers le frondeur
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Une belle année de lecture s’ouvre comme un immense jardin avec Discours parfait. Plus de 900 pages de passion communicative. L'événement littéraire évident... Philippe Sollers, dont voici paraître le soixantième livre sous le titre apparemment immodeste de Discours parfait, est à la fois connu comme le loup blanc, dans la bergerie chic du top des lettres françaises actuelles, et plutôt méconnu en réalité. Très médiatisé, très maîtrisé dans son image et ses poses de grand seigneur à fume-cigarette et sourire en coin frotté d’ironie supérieure, le ci-devant ponte de l’avant-garde littéraire des années 60-70, qui atteignit une célébrité plus « populaire » dès la parution de Femmes, en 1983, semble intervenir partout et à tout moment, alors que c’est ailleurs que se passe sa vraie vie d’écrivain. Car Philippe Sollers, avant tout, est un écrivain. Et autant qu’un écrivain : un lecteur. Et autant qu’un lecteur : un vivant. Et sur 918 pages ici, qui réfractent les milliers d’heures d’attention vive d’un vivant lecteur curieux de tout ce qui compte dans la vie, à commencer par la connaissance de soi et du monde : un travailleur de fond, un passeur d’idées et un passeur de beauté, un éclaireur (au double sens) et un éveilleur. Or cet immense bosseur solitaire a le culot d’aimer ce qu’il fait et de le dire. Et de le dire bien : au fil d’une écriture de plus en plus libre et joyeuse. Naguère très cérébrale, difficile voire illisible (travers de jeunesse et d’époque), l’écriture de Sollers s’est épanouie et déploie aujourd’hui ses moires de roue de paon. Je suis magnifique, dit en somme cette écriture : le monde est magnifique. Soljenitsyne, revenu du Goulag, le disait tranquillement à son retour d’exil : le monde est parfait. Et Discours parfait, formidable inventaire des beautés du jardin universel, du Paradis de Dante à l’île possible de Michel Houellebecq, ne dit pas autre chose : « À l’opposé de toute vision apocalyptique, ou de « fin de l’Histoire », ou de fascination pour la Terreur, les écrits réunis ici ont pour unique visée la préparation d’une Renaissance à laquelle, sauf de très rares exceptions, plus personne ne croit ». Belle paroles de littérateur, argueront les détracteurs de Sollers, sans le lire. Mais lui-même n’a-t-il pas entretenu le malentendu ? Un bonheur insolent Sollers maudit ? L’image fait sourire quand on se repasse le film de sa vie. Dès la parution d’Une curieuse solitude, son premier roman paru en 1958, le jeune homme né coiffé fut reconnu par le gaulliste Mauriac et le communiste Aragon. André Breton le déclara «aimé des fées ». Mais d’emblée aussi l’insolent fils de bourgeois bordelais, le frondeur de haut lignage, le provocateur de préau, ne cessa de pratiquer « le plaisir aristocratique de déplaire » cher à Baudelaire, qui lui valut d’être autant jalousé, son succès croissant, que décrié et taxé de tous les vices : renégat de la gauche, girouette intellectuelle, flatteur opportuniste, écrabouilleur cynique. Le sociologue maître à peser Pierre Bourdieu crut lui régler son compte en définissant ainsi sa trajectoire : « de Tel Quel à Balladur, de l'avant-garde littéraire (et politique) en simili à l'arrière-garde politique authentique ». Et l’accusation de misogynie de faire florès après la publication de Femmes. Or c’est d’une femme, justement, Catherine Clément, de la gauche la plus ferme et d’un féminisme avéré, que viendra l’une des meilleurs approches d’un Sollers craint comme le « diable » et se découvrant peu à peu. Et c’est aujourd’hui dans ce qu’on pourrait dire un autoportrait « en creux » qu’il faut relire ce démon d’écriture, avec le triptyque constitué par La Guerre du goût, Eloge de l’infini et Discours parfait… Le style mode de survie Dis-moi ce que te dit ce que tu lis et je te dirai qui tu es, pourrait dire le lecteur de Discours parfait en parodiant la posture d’apprenti de Sollers au jardin de la littérature. Après les 100 premières pages de Fleurs, traité d’érotisme floral traversant « l’océan des fleurs » à partir des images de Gérard van Spaendonck et de toutes leurs interprétations poétiques (de Dante à Proust, ou des Chinois à Van Gogh), le parcours de l’écrivain creuse l’éternelle question du sens et du mystère de la création par les chemins de la Gnose, via les écrits retrouvés de Qumran, de la Bible et de Shakespeare, de Simone Weil et de ce qu'il appelle la mutation du divin. Avec l’infinie porosité du Big Will, Sollers en appelle à de nouvelles Lumières, à l’école de Sade et de Voltaire, tout en célébrant merveilleusement le style de Rousseau. Le style mode de vie : c’est la grande affaire de l’écrivain, l’éternel apprentissage du lecteur de Proust mais aussi de Fitzgerald, de Kafka ou du nihiliste Cioran, de Melville et de Joyce, entre cent autres, plus encore de Nietzsche le phare « français », gage de renouveau spirituel. Grande aventure de connaissance : renaissance par le style… Jean-Louis KUFFER
Philippe Sollers, Discours parfait, Gallimard, janvier 2010, 918p, 29€ env.
PS. J'ai encore cent et mille choses à écrire sur cet inépuisable livre-mulet. Je vais en tirer un cahier de Notes panoptiques, à quoi il se prête merveilleusement.
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24-01-2010, 20:46:48 Brice
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| 12-12-2009
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De la physique des nuages, de l'homonymie, de l'amitié et de Discours parfait, le nouveau livre de Ph.S.
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Chaque fois ou presque que je me rends à Smolensk en classe busy, ça ne manque pas : je tombe sur Sollers. La semaine dernière encore, alors que j’allais négocier l’achat d’une icône du XVIIe tardif auprès du sous-secrétaire du Métropolite Cyrille, pour le collectionneur qui me fait voyager à l’œil depuis quelques décennies, destination Smolensk ou ailleurs, voilà mon Sollers sur le tarmac avec son énorme porte-documents et son sourire matois si semblable en somme à celui de son homonyme. Charles Sollers est un type épatant dont j’aime la conversation, véritable délassement pour l’esprit et la sensibilité fine sur le long parcours de Roissy à Smolensk via Varsovie. Charles n’est pas vraiment un littéraire, jamais je ne suis arrivé à lui faire lire les quelques livres lisibles de son homonyme, mais cet ingénieur atomiste est un bon connaisseur de l’ornithologie et des opéras de Puccini, de la peinture flamande et de la physique des nuages. Nous nous étions entretenus, lors de notre première rencontre, des montagnes de cumulo-nimbus de la plaine tourangelle, qu’il me dit rêver d’escalader un jour, et c’est dès ce premier entretien qu’une connivence poétique nous porta à nous confier mutuellement nos noms : il me livra donc son Sollers, et moi mon Joyaux, ce qui nous rendit tous deux joyeux car il trouvait Joyaux un nom joyeux et moi ce nom de Sollers me faisait rire, le sachant le pseudonyme de Joyaux, mon homonyme.Si nous nous entendons si bien, Charles et moi, qui nous arrangeons toujours avec les hôtesses russes pour nous retrouver côte à côte (je prononce mon spassiba avec un accent parfait, et lui coule son kharacho avec la même aisance), c’est à cause de notre goût commun pour les nuages, qui nous surexcite au moment des lentes montées vers l’azur et se poursuit dans nos longues évocations verbales entrecoupées de lampées de Bloody Mary. Il y a là quelque chose de rare, qui fonde une véritable amitié, que je crois indestructible. Ce n’est pas pour autant que j’irais plus souvent à Smolensk, et jamais nous ne nous voyons ailleurs que sur ce vol, Charles et moi. C’est simplement un fait : nous sommes d’incomparables amis, qui nous entendons en matière de nuages et de déserts, d’oiseaux et de mélodies à fendre l’âme. Charles est plutôt Tosca, moi plutôt Bohème, mais attention : ça peut changer. En 1999, lors de notre treizième vol commun, je me suis soudain trouvé en mesure de murmurer le Vissi d’arte, vissi d’amor de Tosca avec un pathétique (je croyais alors que j’avais un mal incurable) qui poigna Charles au point qu’il entonna un Mi chiamano Mimi positivement… Les mots me manquent pour dire cette amitié, qu’on n’imaginerait pas avec l’autre Sollers, je ne sais pourquoi mais c’est comme ça: les écrivains sont les écrivains surtout ceux qui se prennent pour les meilleurs et que ça s'avère - parfois. Bref, Charles Sollers m’a d’ores et déjà prié de prendre connaissance de Discours parfait, le dernier mastodonte (918p.) récemment paru de l’autre Sollers, et de le lui résumer lors d’un prochain vol. Je n’y manquerai pas. Charles a cessé de le prendre au sérieux lorsque je lui ai cité les pages de son homonyme concernant les oiseaux, mais cette fois c'est avec un joli chapitre consacré aux fleurs que Philippe Sollers se lance dans un impétueux Zambèze de considérations sur la Gloire de la Bible et le sexe des Lumières, Baltasar Gracian (sacré Jésuite !), Freud qui s'échappe et Claudel porc et père, le fusil de Rimbaud et Mauriac grand cru, les dieux de Renoir et la mutation du divin + cent autres sommitaux sujets + Sollers à chaque coin de page qui nous annonce une Nouvelle Renaissance dont on devine qu'il s'intrônise lui-même en personne l'initiateur et le prophète et le pape au risque de faire sourire un peu Charles - et c'est d'ailleurs le moins qu'on puisse espérer au programme de cette somme à paraître le 5 janvier 2010 à o9ooh. GMT: deux amis qui s’entendent sur les questions fondamentales de physique nuageuse et de tectonique des déserts peuvent bien s’accorder quelque amusement en altitude… Jean-Louis Kuffer
Discours parfait, Philippe Sollers, Gallimard, janvier 2010, 918p., 29€90.
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12-12-2009, 15:14:07 Brice
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| 19-02-2009
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Le passeur des Lumières
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Je ne suis ni fan, ni admirateur de Philippe Sollers. Mais j'ai lu tous ses livres. Chaque nouvelle publication est un bonheur qui commence dès le contact avec la couverture. Car chaque roman, chaque essai de Sollers est une aventure, un plaisir, un passage, une pièce supplémentaire, un moment de vie transcendé par la pensée et la manière de la transmettre. Grand beau temps, Aphorismes et pensées choisies, c'est du bonheur condensé garanti. Pourtant, au fil des pages, une impression désagréable : la sauce ne prend pas. Je me surprend à espérer du paragraphe suivant, trouver la formule définitive, courte, absolue, celle qui résume l'avancée d'une pensée, expose et convainc. A l'image de son Paradis, la pensée de Sollers ne se retrouve pas dans une phrase ou une strophe. Tout est vaste, riche, complexe, mêlé. Il faut un livre entier pour recevoir le choc des milliers de réflexions du monde que l'écrivain convoque à sa table, en terrasse sur le Grand Canal Giudecca, par grand beau temps. Un conseil : lisez L'évangile de Nietzsche paru dans la même collection et chez le même éditeur. Brice Depasse
Grand beau temps, Aphorismes et pensées choisies de Philippe Sollers, Guillaume Petit, Le Cherche Midi, collection Styles, janvier 2009, 121p., 13€50.
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19-02-2009, 21:17:57 Brice
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| 15-08-2008
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Philippe Sollers : La mémoire de Venise
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Un vrai roman. Celui de sa vie. Le titre des mémoires de Philippe Sollers que le dernier des géants du nouveau roman a publié chez Plon l'hiver dernier. Un livre avec de nombreux personnages (Louis-Ferdinand Céline, François Mitterrand, BHL, Lacan, Houellebecq, Gallimard, Jean-Paul II, …), une époque historique (de 1936 à nos jours) et de nombreux lieux (Bordeaux, Paris, New-York, l’île de Ré et, surtout, Venise). Rencontre avec l’auteur de « Femmes », l’infatigable arpenteur de l’œuvre de Sade, Casanova, Dante et Nietzsche, dans l’antre de « L’Infini », son bureau chez Gallimard.
Écoutez l'entretien intégral en cliquant sur la couverture du livre.
En dehors de Paris, vous avez deux villégiatures principales : Venise et Ars-en-Ré. Pourquoi ?
Je ne peux pas vivre loin de l’eau. J’ai d’ailleurs remarqué que la majeure partie des écrivains français sont des gens du continent, du centre. Ma maison sur l’île de Ré est bâtie sur un lieu extraordinaire. L’acte notarié remonte à la fin du XVIII° siècle. Mon aïeul, qui était un marin au long cours, avait trouvé cet endroit idéal, au bord de la mer et d’une réserve d’oiseaux, ce qui lui permettait de partir aisément à la pêche et à la chasse. La maison malheureusement a été rasée pendant la seconde guerre mondiale car elle gênait les batteries d’un mur par lequel ces stupides nazis croyaient fermer l’Atlantique. Malédiction ? Ma maison natale à Bordeaux a aussi été détruite après la faillite de mes parents. Ce terrain d’Ars-en-Ré est donc tout ce qui me reste du patrimoine familial.
Vous y fêtez chaque année le 14 juillet en y faisant flotter quatre drapeaux.
C’est vrai. Les drapeaux français et anglais car je suis un Européen d’origine française. J’ai remarqué que cela choque beaucoup quand je dis cela. Pourtant, je crois que la France aurait dû depuis longtemps se débarrasser de son anglophobie héritée des mythes de Jeanne d’Arc et Napoléon. Sans cela, elle ne se serait peut-être pas jetée dans la collaboration avec les nazis. Ensuite, le drapeau chinois parce que j’aimerais dans cinquante ans être reconnu comme un des premiers européens d’origine française à s’être intéressé en profondeur à la Chine autrement que via le maoïsme (qu’on m'a beaucoup reproché), épisode parfaitement insignifiant à l’échelle de l’histoire de ce grand pays. Enfin, le drapeau du Saint-Siège, un État qui résiste à toutes les oppressions.
Peut-on espérer vous croiser le soir à Saint Martin-en-Ré ?
Exceptionnellement, si je vais y dîner avec des amis car sinon j’évite les voitures et les touristes. Comme à Venise d’ailleurs. Prenez la place Saint-Marc ; elle est noire de monde. Vous faites cent mètres d’un côté comme de l’autre et il n’y a plus personne. Il y a deux villes dans la ville. Les gardiens du palais des Doges s’écrient « voilà les fourmis » lorsqu’ils voient s’approcher les touristes japonais.
Venise et vous, c’est une histoire d’amour qui dure depuis plus de quarante ans.
En 1963, je venais de Florence où je préparais un livre sur Dante lorsque je suis arrivé de nuit, à Venise, sur la place Saint-Marc. Il n’y avait plus personne. Mon sac m’est tombé des mains. J’entends encore maintenant, le bruit sourd qu’il fait sur les dalles. Je me suis dit : « C’est cela ! J’y suis ! ». Vous dites quarante ans que je vis cette d’histoire d’amour (avec les cinq sens d’ailleurs) mais j’ai toujours l’impression d’arriver. Il faudrait vivre plusieurs vies pour rejoindre tous les siècles passés afin de retrouver ce qu’il y a d’essentiel dans Venise. C’est-à-dire une grande civilisation maritime, extraordinairement moderne et la grande vivacité de l’œuvre de ses artistes, même vieux, comme le Titien, Monteverdi ou Vivaldi qui ont été si longtemps oubliés. Tout cela nous parle beaucoup plus de notre condition de citoyen mondialisé d’aujourd’hui que les évènements du XX° siècle. Il y a une faculté de résurrection, de renaissance permanente à Venise : regardez la Fenice qui vient encore de renaître de ses cendres. Car finalement, ce dont nous avons besoin aujourd’hui, bon Dieu, c’est d’une renaissance de la civilisation européenne, et non pas de cet abaissement qu’on lui fait subir.
À propos, vous dites souvent que le carnaval de Venise est un mensonge. Pourquoi ?
Le nouveau carnaval de Venise est horrible, grotesque : une falsification de ce que le carnaval a été du temps où le grand Casanova savait pourquoi il y allait et quoi y faire. Je l’aurais volontiers accompagné à l’époque.
En passionné de Venise, vous aimeriez résider à San Michele comme dernière demeure ?
Y être enterré comme Stravinsky ? Puisqu’il s’agit de parler de la mort, alors allons-y carrément, soyons mégalomane : je préfèrerais être inhumé dans l’église des Frari, pas loin de Monteverdi.
Entretien et photographies : Nicky Depasse Portrait : Alain Trellu
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15-08-2008, 21:10:30 Brice
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Bref rappel des faits
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Philippe Sollers, né Philippe Joyaux dans une famille d’industriels bordelais en 1936, fut au début des années soixante un des papes du nouveau roman. Après avoir dirigé et fondé aux éditions du Seuil la revue « Tel Quel » dans laquelle il combattit pour la reconnaissance et la publication d’écrivains tels que Barthes, Joyce, Bataille ou Foucault, Sollers rejoint la maison Gallimard au début des années 80. C’est alors qu’il écrit le roman qui fera de lui l’homme médiatique qu’il est encore aujourd’hui : « Femmes ». Une émission mémorable avec Bernard Pivot fait exploser les ventes de ce roman neuf et intelligent qui en appellera d’autres : Portrait du joueur, Le Lys d’Or, La fête à Venise, Casanova l’admirable, Le dictionnaire amoureux de Venise, et dernièrement,Une vie divine. Philippe Sollers fait aujourd’hui partie du comité de lecture de Gallimard, dirige sa revue et collection, « L’Infini », le prix littéraire le mieux doté de la rentrée, « Le prix Décembre » et publie ses critiques dans les plus grands quotidiens et périodiques de France. Nicky Depasse
Portrait : Alain Trellu
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15-08-2008, 20:18:15 Brice
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| 09-01-2008
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Bioroman
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On a souvent reproché à Philippe Sollers de ne pas raconter d’histoire dans ses romans. C’est vrai. Il en raconte des centaines. Ce qui n’est jamais trop : l’humanité, même docte, est si vaste. Voilà donc livrée la ratio du titre « Un vrai roman ». Philippe Sollers raconte sa vie, son histoire. « Celui qui dira bientôt « je » est né au monde humain … ». Mais chassez le naturel et il revient au galop. Très vite, Sollers nous conte les histoires de ses contemporains, ceux qu’il a croisés (Mitterrand, Barthes, Bataille, Venise, Gallimard, Lacan, Jean-Paul II, …). Les rencontres et les contextes historiques récents défilent sous nos yeux et dans notre esprit. On s’en trouve transporté, ravi et peu importe si cet enfant terrible nous cache la vérité, sa vérité. Après tout, il aura cherché sa vie durant à découvrir toutes celles qui étaient cachées. A nous de voir. A nous de penser. C'est, finalement, son message essentiel. Brice Depasse
« Un vrai roman », Philippe Sollers, Plon, octobre 2007, 352p, 21€00
Acheter « Un vrai roman » de Philippe Sollers
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09-01-2008, 13:06:52 Brice
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| 07-04-2007
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La philosophie mondiale selon Sollers
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Il vient de sortir chez Folio. Si vous avez aimé "Femmes" et "La fête à Venise". Sollers n'a pas dit ses derniers mots ; vous le comprendrez en plongeant dans le bonheur de cette vie divine. Je vous invite, une fois de plus, à lire aussi ses derniers ouvrages :"Fleurs" et "L'évangile de Nietszche". « Ludi(vine) est une merveilleuse menteuse. C'est d'ailleurs la phrase que je me suis murmurée au bout de trois ou quatre rencontres : "merveilleuse menteuse". Mère en veilleuse, très bonne menteuse. Il suffit de la voir, là, bien blonde épanouie aux yeux noirs, cheveux courts, avec sa robe noire moulante, sur la terrasse de cet hôtel, en été. Elle est fraîche, bronzée, elle sait qu'elle se montre, elle laisse venir les regards vers elle, elle s'en enveloppe comme d'une soie. Oui, je sais, elle vous dira qu'elle a pris deux kilos et que c'est dramatique, mais non, justement, elle est parfaite comme ça, rebondie, ferme, ses seins, son ventre, ses cuisses évoquent aussitôt de grands lits ouverts. Ah, ce croisement de jambes, ses fesses lorsqu'elle va au bar, sa façon de sortir et de rentrer et de ressortir et de rerentrer son pied de son soulier gauche – la cheville, là, en éclair –, et puis de rester cinq secondes sur sa jambe droite, et de recommencer, rentrer-sortir, rentrer-sortir, comme pour dire j'ai trouvé chaussure à mon pied, et c'est moi, rien que moi, venez vous y frotter si vous croyez le contraire. Son corps se suffit à lui-même et elle n'a pas à s'en rendre compte. Il dit tout ce qu'il y a à dire, mais elle ne pourrait pas le parler. »
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07-04-2007, 12:38:13 Brice
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| 26-06-2005
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Mon livre de chevet
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Voilà un livre qui n'a laissé personne indifférent. Il y a ceux qui en abandonné la lecture, ceux qui ont eu le courage d'aller jusqu'au bout comme s'ils avaient réalisé un exploit sportif (le livre est imposant) et enfin ceux dont je fus (Femmes fut publié il y a 20 ans) qui n'en sortirent pas indemnes, marqués pour la vie par un auteur hors catégorie. Beaucoup de critiques se gargarisent de l'influence de Céline sur Sollers. Et alors? Il ne s'en est jamais caché. Beethoven n'a-t-il pas été influencé par Mozart (écoutez ses deux premières symphonies ou son premier concerto pour piano) ? Il n'en est pas moins devenu une référence à part entière.Philippe, on vous aime (vous le savez) comme un auteur de génie, un libre penseur, un libertaire, un libertin, un amoureux des arts, de la Renaissance, du XVIII°, de Casanova, de Venise, de la Fenice, de New-York, de Florence et des femmes.
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26-06-2005, 19:50:18 Brice
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| 25-06-2005
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Casanova l'admirable Sollers
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Aujourd'hui, j'ai craqué. J'ai publié une critique d'un livre de Philippe Sollers, l'une de mes idoles (j'ose l'écrire) sur le site CritiquesLibres.com. La voici : "Je crois que la plupart des hommes meurent sans avoir pensé". "Chacun dans ce monde tâche de faire du mieux qu'il peut, et à faire des armes, non pas avec le dessin de tuer mais pour empêcher qu'on le tue". "Il n'y a point d'homme au monde qui parvienne à tout savoir, mais tout homme doit aspirer à tout savoir". Toutes ces vérités, nous les devons à Giacomo Casanova, un des plus grands écrivains français, selon Philippe Sollers, puisque ses célèbres mémoires, Casanova les a écrites en directement dans la langue de Molière. Oui, Casanavo fut bien plus que le plus célèbre séducteur de la société vénitienne décadente qui carnavalait jusqu'à la damnation. Philippe Sollers dans ce merveilleux ouvrage rétablit la vérité, fracasse la pensée unique avec le brio qu'on lui connait. Preuve par l'exemple :"L'homme est un animal qui ne peut être endoctriné que par l'expérience. Cette loi fait que le monde existera toujours dans le désordre et dans l'ignorance car les doctes n'en forment tout au plus que la centième partie". Et Sollers d'ajouter : " La centième partie? On voit que Casanova était un optimiste".
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25-06-2005, 17:57:54 Brice
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Webmasters : Xavier Vanvaerenbergh et Christophe Delire (dit La Taupe). Photographie : Alain Trellu. Avec la collaboration ponctuelle de Nicolas Wibaut.
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