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LIVRE de BORD
Nicky et Brice Depasse vous invitent chaque jour sur Liberty TV pour suivre l'actualité du livre. Cliquez sur le logo pour regarder quelques numéros.

Le nouveau JAUFFRET
décortiqué par Jean-Louis Kuffer.

Sans laisser d'adresse
est le titre du nouvel Harlan Coben. On vous en parle.

Patrick de Carolis
se livre à Brice Depasse.

Le nouveau Stephen KING
sortira en mars prochain. Le Dr Corthouts l'a déjà lu.

Bernard PIVOT
s'entretient avec Jean-Louis KUFFER.

Special Livre de Bord
avec Marc LEVY.

DAN BROWN revient enfin
Le symbole perdu son nouveau roman est en librairie. Qu'en penser ?

Classique SOLLERS
Le Disours parfait de Philippe SOLLERS est-il une nouvelle bible ? Jean-Louis KUFFER y répond.

ALEXANDRE JARDIN
Entretien à propos de son nouveau poche "Chaque femme est un roman"

JEAN d'ORMESSON
s'entretient avec Brice & Nicky dans une spéciale de Livre de Bord.

Liste de catégories
16-01-2010
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... Résurrection de l’enfer
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Jugements derniers (Kessel)Relatant pour les lecteurs de France-Soir, dans des reportages réunis sous le titre de Jugements derniers et reparus chez Tallandier à Paris en 2007, les procès du maréchal Philippe Pétain (Paris, août 1945), de 20 des plus hauts dignitaires du IIIe Reich (Nuremberg, novembre 1945) et d’Adolf Eichmann (Jérusalem, avril 1961), le journaliste, écrivain, aviateur et résistant Joseph Kessel (1898-1979) a fait montre tout à la fois d’un talent éblouissant dans la restitution des débats et d’une incontestable perspicacité sur les rapports nécessaires entre la justice et l’histoire, entre la réparation de crimes majeurs et la mémoire qu’il faut en conserver, entre la lâcheté et le courage, l’humanité et l’ignominie, la grandeur et la décadence…
Sous la plume de l’auteur, les témoins de tous bords livrent leur personnalité profonde : Pierre Laval, Maxime Weygand, Albert Lebrun, Léon Blum, Édouard Daladier, Paul Reynaud… et les accusés allemands perdent de leur superbe pour se retrancher derrière les ordres « venus d’en haut », c’est-à-dire bien souvent… d’eux-mêmes ! L’ambiance est pesante, les accusations terribles, les aveux inouïs et l’expiation sévère, à la mesure des crimes commis et de la souffrance endurée par des victimes sans nombre. Un texte exemplaire, à (re)lire en ces temps de guerres diverses et de génocides réitérés !
Bernard DELCORD

Jugements derniers par Joseph Kessel, préface de Francis Lacassin, Paris, Éditions Tallandier, collection « Texto » dirigée par Jean-Claude Zylberstein, avril 2007, 238 pp. en noir et blanc au format 12 x 18 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 6,50 €
16-01-2010, 18:31:23 Brice
29-12-2009
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... « Le travail, c’est la santé, ne rien faire c’est la conserver… »
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Paresse et RévolutionEn 1848, le socialiste français Louis Blanc avait publié un ouvrage intitulé Le Droit au travail, qui mena à l'expérience des Ateliers nationaux. En 1880, le gendre de Karl Marx, Paul Lafargue (1842-1911), réclama au contraire, dans son savoureux Droit à la paresse publié en 1880, le droit à « ne travailler que trois heures par jour, à fainéanter et bombancer le reste de la journée et de la nuit ». Tout un programme ! Mais qui derrière la provocation se fondait sur une analyse plutôt solide. Car l’auteur, membre de la Ire et de la IIe Internationale, fut un pamphlétaire redoutable, un journaliste engagé, un tribun écouté et un théoricien inspiré, qui s’exprimait dans une langue brillante avec une verve caustique. Avant de devenir l’adversaire de Jaurès, le détracteur de Victor Hugo et un proche de Jules Guesde, cet étudiant en médecine à la faculté de Paris s’était fait exclure à vie de l’université après avoir à Liège en octobre 1865, dans une déclaration au premier congrès international des étudiants, émis le souhait de voir disparaître les rubans tricolores au profit de la seule couleur rouge… Considéré comme un agitateur, il fut emprisonné une première fois en 1883, puis à nouveau en 1891, à la suite d'une condamnation pour « provocation au meurtre » (après la fusillade de Fourmies du 1er mai 1891 qui avait fait neuf morts chez les ouvriers), ce qui ne l’empêcha d’ailleurs pas de se faire élire député de Lille en novembre de la même année, depuis son ergastule. Il s’est suicidé à 69 ans avec sa femme Laura, en se justifiant dans une courte lettre : « Sain de corps et d'esprit, je me tue avant que l'impitoyable vieillesse qui m'enlève un à un les plaisirs et les joies de l'existence et qui me dépouille de mes forces physiques et intellectuelles ne paralyse mon énergie, ne brise ma volonté et ne fasse de moi une charge à moi et aux autres ». Saluons l'esprit d'à-propos des Éditions Tallandier qui viennent de rééditer, dans leur excellente collection « Texto » dirigée par Jean-Claude Zylberstein, sous le titre Paresse et révolution, un recueil fort intéressant et très éclairant d’écrits divers, parus entre 1880 et 1911, de cet homme de gauche tout à la fois pittoresque, attachant et courageux.
Bernard DELCORD

Paresse et révolution (Écrits 1880-1911) par Paul Lafargue, préface et annotations de Gilles Candar & Jean-Numa Ducange, Paris, Éditions Tallandier, collection « Texto », novembre 2009, 432 pp. en noir et blanc au format 12 x 18 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 10 €
29-12-2009, 17:57:45 Brice
24-12-2009
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... La fin d’un monde
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ApocalypseLa série documentaire télévisée éponyme a connu un succès d’audience incontestable, consécutif de la rigueur du travail de ses concepteurs autant que de l’originalité des documents présentés avec beaucoup de punch par Mathieu Kassovitz, toutes caractéristiques que l’on retrouve dans le livre de Daniel Costelle et Isabelle Clarke intitulé Apocalypse La 2ème Guerre mondiale, qui en est le dérivé sur le papier (il existe aussi un coffret de trois DVD). Le point de vue demeure celui des héros du quotidien, simples soldats plongés malgré eux dans l'enfer de la guerre, civils condamnés à survivre envers et contre tout, victimes innombrables, résistants anonymes, protagonistes divers d’une déflagration gigantesque qui secoua les territoires de l’Europe, de l’Afrique du Nord, de l’Asie et du Pacifique. Les photographies (colorisées) sont saisissantes, le texte dense et plein d’émotion, qui ressuscite la peur et le courage tout en respectant la vérité des faits et de l’Histoire, et les sources se croisent (les cinémathèques du monde entier ont été mises à contribution) avec justesse pour rendre leur dignité et leur honneur aux victimes et aux protagonistes anonymes d’un conflit qui les a broyés…
Bernard DELCORD

Apocalypse La 2ème Guerre mondiale par Daniel Costelle & Isabelle Clarke, Paris, Éditions Acropole, septembre 2009, 213 pp. en quadrichromie au format 27 x27 cm sous couverture cartonnée en couleur, 29 €
24-12-2009, 12:52:21 Brice
15-12-2009
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Nouvelle histoire du CongoSaluons comme il se doit la parution, en coédition à Bruxelles aux Éditions Le Cri, à Tervuren au Musée Royal de l’Afrique centrale et à Kinshasa chez Afrique Éditions, d’une mise à jour de la Nouvelle histoire du Congo d’Isidore Ndaywel è Nziem, professeur à l’université de Kinshasa, membre correspondant de l’Académie royale des sciences d’outre-mer à Bruxelles et chercheur en Sorbonne à Paris, excusez du peu, une référence incontournable en matière d’histoire de notre ancienne colonie, tout comme feu le professeur Jean Stengers (ULB) ou comme Elikia M’Bokolo, directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales à Paris, qui préface d’ailleurs l’ouvrage de Ndaywel. En un peu plus de 700 pages solidement construites et intelligemment illustrées au moyen de nombreux documents et cartes, cet ouvrage monumental, qui paraît à quelques mois des cérémonies de commémoration du cinquantenaire de la fondation du pays, retrace l’histoire du Congo des origines à la République Démocratique en apportant un regard critique mais averti sur l’œuvre colonisatrice et civilisatrice des Belges ainsi que sur les tâtonnements et sur les errements de la politique congolaise après l’indépendance du 30 juin 1960. Bien que ne partageant pas tout à fait certaines vues de l’auteur relatives à l’engagement de nos pères en Afrique centrale ni son optimisme volontariste à propos de l’avenir, nous ne saurions trop recommander la lecture et la consultation régulière de cette véritable bible consacrée à un pays important autant qu’attachant. Il s’agit en effet d’une mine d’informations sur l’État du monde comptant le plus grand nombre de francophones, à côté de laquelle celles du Shaba, même quand il s’appelait encore Katanga, feraient bien piètre figure !
Bernard DELCORD

Nouvelle histoire du Congo par Isidore Ndaywel è Nziem, Bruxelles, Éditions Le Cri,
octobre 2009, 744 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 23,5 cm sous couverture souple en quadrichromie, 35 €
15-12-2009, 23:09:40 Brice
03-12-2009
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La grande histoire des tsars (2)Les Éditions Omnibus à Paris poursuivent, par un nouveau fort volume plein de panache, la publication en poche de La Grande Histoire des Tsars que Henri Troyat (1911-2007) avait livrée, entre 1977 et la fin de sa vie, à propos de celles des dix derniers tsars de la « Sainte Russie ». C’est ainsi qu’après avoir, dans le tome I, détaillé par le menu la biographie d’Ivan le Terrible, de Boris Godounov, de Pierre le Grand et de Catherine la Grande, on s’attelle dans le tome 2 à celles de Paul Ier (1754-1801), Alexandre Ier (1777-1825), Nicolas Ier (1796-1855), Alexandre II (1818-1881), Alexandre III (1845-1894) et Nicolas II (1868-1918). Le premier (devenu fou), le quatrième et le dernier furent assassinés, le règne du deuxième coïncida avec celui de Napoléon qu’il combattit à maintes reprises (il fut vaincu par le « Petit caporal » à Austerlitz en 1805, à Eylau en 1807 et à Friedland en 1809 mais il l’emporta à l’issue de la campagne de Russie en 1812, qui marqua le début du déclin des aigles françaises, et il fut l’un des vainqueurs de la coalition antifrançaise de 1814), le troisième perdit la guerre de Crimée et le cinquième demeure célèbre pour son rapprochement diplomatique avec la France, immortalisé par un pont sur la Seine à Paris. Tous furent d’incorrigibles autocrates, menant leur pays gigantesque d’une main de fer dans un gant d’acier, et ils vécurent des tragédies personnelles dignes de l’antique. Racontées avec l’immense talent narratif de l’académicien français Henri Troyat, elles atteignent cependant au sublime !
Bernard DELCORD

La Grande Histoire des Tsars** par Henri Troyat, préface d’Alexandra Lapierre, Paris, Éditions Omnibus, octobre 2009, 1204 pp. en noir et blanc au format 13,3 cm x 19,8 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 28 €
03-12-2009, 20:09:47 Brice
19-11-2009
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... La vie des châteaux
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La véritable histoire des châteaux de la LoireSe penchant avec autant de verve que de minutie, dans un ouvrage superbement illustré qui vient de paraître chez Plon à Paris, sur La véritable histoire des châteaux de la Loire, et plus précisément sur celle des dix bâtiments les plus visités par nos contemporains (Angers, Chinon, Amboise, Blois, Azay- le- Rideau, Le Clos-Lucé, Chambord, Chenonceau, Cheverny et Villandry), le journaliste et écrivain français Jean des Cars livre une saga formidable : celle, continuée jusqu’à nos jours, des hauts lieux de l’Histoire de France à la Renaissance, véritables merveilles architecturales qui furent les témoins d’événements hauts en couleurs, comme les chasses royales de François 1er à Chambord, l’assassinat du duc de Guise à Blois, l’affrontement sans merci entre Diane de Poitiers et Marie de Médicis à Chenonceau (ce
« château de dames, le plus beau », selon l’auteur), l’installation et la mort de Léonard de Vinci au Clos-Lucé, la destruction du château fort d’Azay-le-Rideau en raison de la lutte entre les Armagnacs et les Bourguignons et sa somptueuse reconstruction par un riche financier tourangeau… Sans oublier la « conjuration » et la « paix » d’Amboise, terribles tribulations des guerres de Religion, ou la résurrection de Cheverny (en partie grâce à Tintin, Hergé ayant fait du corps central du château solognot le modèle de Moulinsart) et de Villandry, dont les jardins splendides, ranimés au début du XXe siècle par un médecin espagnol, mêlent aujourd’hui, avec une grâce toute royale, les fleurs et les légumes. Le ton du récit, passionnant de bout en bout, est celui de la véritable aristocratie, celle que Kipling définissait comme unie au peuple tout en conseillant les souverains… Un très beau texte pour un très beau livre !
Bernard DELCORD

La véritable histoire des châteaux de la Loire par Jean des Cars, Paris, Éditions Plon,
335 pp. en quadrichromie au format 16,3 x 21 cm sous couverture brochée en couleur et à rabats, 25 €
19-11-2009, 19:03:21 Brice
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La vie secrète du Quartier latinHistorien des rues et des quartiers de la capitale française qu’il explore à travers des photographies anciennes, Philippe Mellot s’est penché dans son nouvel ouvrage sur le quartier le plus célèbre de Paris, le Quartier latin ainsi nommé parce que c’est celui de la Sorbonne, l’une des plus anciennes universités du monde, avec celles de Coimbra, de Salamanque et de Louvain. Elle tire son nom du théologien du XIIIe siècle Robert de Sorbon, fondateur du collège de Sorbonne, dédié à la science qu’il enseignait. Le prestige de cette institution était grand aussi, à la Renaissance, Rabelais, qui professait à l’université de Montpellier, s’amusa-t-il à railler ses collègues parisiens en les traitant de « sorbonnagres » (ânes de la Sorbonne) et de « sorbonnicoles » (singes de la Sorbonne, qui montent aux arbres)…
Bien avant de devenir le quartier à la mode qu’il est aujourd’hui, le Quartier latin fut longtemps peuplé de poètes, d’étudiants, d’ouvriers, de petits artisans, de petits bourgeois, de professeurs « sorbonnards », d’escarpes, de révoltés et autres braillards qui y menaient une vie mouvementée loin des splendeurs rutilantes des grands boulevards. Chaque place, ruelle et cul-de-sac rappelle ces existences agitées : la place Maubert et sa potence, son bûcher et son marché aux mégots ; la rue Galande et ses bouges à faire frémir ; la rue Mouffetard et son marché pouilleux, repaire de chiffonniers et de clochards, ou encore le boulevard Saint-Michel (boul'Mich pour les habitants du cru) et ses terrasses où coexistaient joyeusement fêtards rupins et artistes sans le sou. Dans les cafés, avec Verlaine comme porte-étendard, écrivains et chansonniers avaient le verbe haut, admirés par de pauvres poètes faméliques s'essayant à la vie de bohème alors que dans la rue, ou du haut de leurs fenêtres, les prostituées racolaient quelque provincial en goguette ou l'ombre furtive d'un pauvre bougre en mal d'amour.
Riche de nombreux et saisissants témoignages illustrés par des centaines de photographies et documents rares, La vie secrète du Quartier latin de Philippe Mellot qui vient de paraître aux Éditions Omnibus propose une virée inédite à travers ces rues parfois inquiétantes qu'arpentèrent passionnément pendant des siècles des générations d'étudiants, d'artistes et de misérables dans l’attente de lendemains meilleurs...
Bernard DELCORD

La vie secrète du Quartier latin par Philippe Mellot, Paris, Éditions Omnibus, 15 octobre 2009, 240 pp. en quadrichromie sous couverture à rabats brochée en couleur, 29 €
19-11-2009, 00:01:53 Brice
05-11-2009
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... Un livre qui fait date(s)
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De le Bon à LetermeCet article a paru dans la livraison du 04/11/09 de l'hebdomadaire satirique bruxellois PAN :

En publiant récemment aux Éditions Racine à Bruxelles un malicieux De le Bon à Leterme illustré par Cécile Bertrand, le journaliste honoraire (et d’une grande honorabilité) Pierre Stéphany s’est penché avec le sourire sur « les grandes dates de la petite Belgique », depuis l’entrée à Bruxelles de Philippe le Bon en 1430 jusqu’à l’accession, en 2008 au poste de Premier ministre, d’un politicien de province que l’on prit quelques instants pour un grand homme d’État. Cheminant par des voies de traverse, l’auteur traite entre autres de la fixation de la frontière belge de 1579 et du hasard qui fit de Ce Pays une (très) petite terre d’héroïsme puisque, alors que Charles-Quint avait prévu de lui attribuer 17 provinces, son fils Philippe II ne lui en laissa que 9… Il se penche aussi sur les révolutions de 1789 et de 1830, sur les dix premières années de l’État belge et sur son cinquantenaire, sur les deux guerres mondiales et la Question royale, sur les tensions sociales de 1960 et sur les dissensions linguistiques des années trente, septante, et 2000… Autant d’occasions de (re)découvrir l’histoire d’un pays qui n’existe pas, n’a jamais existé et n’existera jamais, tout en occupant une position centrale sur le Vieux Continent et en abritant les institutions de l’Union et de l’Otan avec un sens du devoir commun qui lui vaut tous les éloges à l’étranger et nourrit en son sein ces innombrables conflits sous-locaux et sous-régionaux qui en font tout le charme surréaliste.
PANTHOTAL

De le Bon à Leterme
par Pierre Stéphany, illustrations de Cécile Bertrand, Bruxelles, Éditions Racine, 2009, 320 pp. en noir et blanc au format 15 x 23 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 22,95 €
05-11-2009, 19:41:23 Brice
23-10-2009
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... « Blood, sweat and tears »…
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La grande histoire des tsars (1)En se penchant, avec l’immense talent narratif qui était le sien, sur la biographie de dix fameux tsars de toutes les Russies, l’académicien français d’origine arménienne Henri Troyat (1911-2007) a livré, entre 1977 et la fin de sa vie, des textes magistraux – et passionnants, ce qui ne gâte rien ! – sur une histoire largement comparable, en termes de grandeur et de décadence, à celle des empereurs romains. Les Éditions Omnibus à Paris viennent de réunir, en un premier fort volume intitulé La Grande Histoire des Tsars* (un second tome suivra), les récits qu’il consacra à la vie du sanguinaire Ivan le Terrible, de l’éphémère et mythique Boris Godounov, du bâtisseur de Saint-Pétersbourg Pierre le Grand et de la croqueuse d’hommes et amie de Diderot Catherine la Grande. Comme l’écrit dans sa belle préface l’écrivaine Alexandra Lapierre, « la chair, le sang, les bruits, les couleurs, les odeurs : on croit lire le plus violent, le plus fou, le plus riche des romans. Rythme étourdissant de l’action, évolution psychologique du héros, consistance physique des personnages secondaires, précision des décors, exactitude des détails… ». On ne saurait mieux dire, s’agissant de ce chef-d’œuvre époustouflant !
Bernard DELCORD

La Grande Histoire des Tsars* par Henri Troyat, préface d’Alexandra Lapierre, Paris, Éditions Omnibus, avril 2009, 928 pp. en noir et blanc au format 13,3 cm x 19,8 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 26 €
23-10-2009, 11:31:18 Brice
29-09-2009
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KatynEn mai 1940, les séides soviétiques du NKVD (la Gestapo de Staline) procédaient à la « liquidation » de 27 500 officiers et résistants polonais qu’ils avaient faits prisonniers et dont on retrouverait 4500 cadavres trois ans plus tard, dans une forêt proche d’un des innombrables villages affublés du nom de Katyn en souvenir de la Grande Catherine. C’était quelques mois après l’ignominieuse agression de la Pologne par l’URSS, venue à la curée en septembre 1939, durant la Blitzkrieg hitlérienne contre la patrie de Chopin. Quand on découvrit les premiers corps en janvier 1943, les nazis, parce qu’ils savaient pertinemment qu’ils n’avaient pas commis le crime, s’empressèrent de le faire connaître à la terre entière en faisant visiter le charnier par des experts internationaux réunis sous la bannière de la Croix-Rouge et par des délégations de toutes sortes venues de toute l’Europe occupée. Après 1945, les vainqueurs soviétiques voulurent faire endosser par les Allemands la responsabilité du massacre, mais le tribunal de Nuremberg ne les suivit pas dans cette voie. Ils persistèrent néanmoins dans leurs allégations, soutenus en Occident par les intellectuels communistes, jusqu’à ce que, le 13 avril 1990, la Russie fasse enfin contrition. Saluons la parution récente, chez André Versaille éditeur à Bruxelles sous le titre Katyn, la vérité sur un crime de guerre, d’une fort percutante étude de la question par l’historienne Alexandra Viatteau. Avec une précision remarquable, elle remonte le fil de cette histoire sanglante et assène quelques vérités qu’il est bon de rappeler en ces temps de « devoir de mémoire ». Ajoutons, en nous fondant sur le témoignage que nous avons reçu de Pierre Hubermont, un écrivain belge d’extrême gauche (et collabo…) qui assista à l’ouverture des fosses de Katyn en 1943, qu’il est probable que ce crime stalinien visait à laver l’affront subi en 1920 par l’Armée Rouge avec la défaite de la 1e armée de cavalerie de Boudienny (consécutive d’intrigues de Staline himself), quand les troupes polonaises, menées par Pilsudski, Sikorski et Weygand, manquèrent de peu leur tentative d’écrasement du régime des Soviets qui en fut réduit à mendier la paix en 1921.
Bernard DELCORD

Katyn, la vérité sur un crime de guerre par Alexandra Viatteau, Bruxelles, André Versaille éditeur, juin 2009, 224 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 21 cm sous couverture souple en quadrichromie, 19,90 €
29-09-2009, 20:58:02 Brice
28-09-2009
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... Horreur et putréfaction !
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Les années du cauchemar (Shirer)Voilà que l’on ressort la fameuse histoire de la montée du nazisme écrite par un témoin des événements, le journaliste américain William L. Shirer (1904-1993). Établi à Berlin dès 1934, il couvrit en 1939 pour la radio CBS le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale jusqu’en décembre 1940, époque où il se fit « virer » par les séides de Hitler qui le trouvaient par trop rétif aux exigences de Goebbels, avant de revenir en 1945 pour assister au procès de Nuremberg. Intitulé Les années du cauchemar 1934-1945 et publié à Paris aux Éditions Tallandier, ce texte magistral va du Congrès annuel du parti nazi de 1934 à Nuremberg jusqu’à la bataille d’Angleterre en 1940 en passant par l’Anschluss de l’Autriche (1937-38), le coup des Sudètes (1938), la conquête de la Pologne (1939), la drôle de guerre à l’Ouest qui s’ensuivit, l’invasion du Danemark, de la Norvège, de la Belgique et de la France (1940), ainsi que les préparatifs de l’opération « Lion de mer », le projet avorté de débarquement allemand en Grande-Bretagne (1940). Dans un bref épilogue, il raconte son retour en 1945 dans une Allemagne en ruines, tout comme l’Occident d’ailleurs qui venait de perdre sa prééminence mondiale au profit des USA et de l’URSS. L’auteur y fournit d’innombrables informations de première main, recueillies en direct sur le terrain et compilées avec autant de lucidité que de soin, et son apport à une meilleure compréhension des phénomènes totalitaires complète, avec beaucoup d’intelligence et de clarté, les essais que la philosophe Hannah Arendt consacra à cette question. Une lecture indispensable…
Bernard DELCORD

Les années du cauchemar 1934-1945 par William L. Shirer, traduit de l’américain par Claude Yelnick, Paris, Éditions Tallandier, collection « Texto » dirigée par Jean-Claude Zylberstein, 2009, 451 pp. au format 12 x 18 cm sous couverture souple en quadrichromie, 10 €
28-09-2009, 19:36:01 Brice
26-09-2009
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Les hommes de la liberté (2)En réunissant en un seul volume les ouvrages intitulés Le vent d’Amérique 1778-1782 et Le Bon Plaisir 1782-1785, les Éditions Omnibus à Paris poursuivent la publication de la gigantesque fresque historique que l’historien Claude Manceron consacra, sous le titre Les Hommes de la liberté, à l’histoire des causes et des événements de la Révolution française. Ces hommes, ce sont Robespierre, La Fayette, Choderlos de Laclos, Mirabeau, Marat, Hébert, Carnot, Barnave, Buonaparte, et nous les y voyons vivre, survivre, se révolter, chercher à louvoyer ou à se couvrir de gloire, dans une vaste comédie humaine qui se muera bientôt en tragédie implacable…
Bernard DELCORD

Les Hommes de la liberté (2) : Le vent d’Amérique 1778-1782 et Le Bon Plaisir 1782-1785 par Claude Manceron, préface de pierre Lepape, Paris, Éditions Omnibus, octobre 2008, 1280 pp. en noir et blanc au format 13,3 cm x 19,8 cm sous couverture souple à rabats et en quadrichromie, 29,50 €
26-09-2009, 23:26:37 Brice
11-08-2009
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La chute du mur 1969-2009Sous-titré « Les dossiers de la guerre froide », l’essai des historiens Mathilde Aycard et Pierre Vallaud intitulé La chute du mur 1969-2009 paru récemment aux Éditions Acropole à Paris se penche avec brio sur les rapports entre les empires russe et yankee depuis les arrivées au pouvoir de Brejnev et Nixon jusqu’à celles de Medvedev et Obama, et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça a chauffé !
Au Vietnam, au Laos, au Cambodge, au Chili, au Moyen-Orient, en Pologne, en Iran, en Irak, au Nicaragua, en Afghanistan (déjà…), aux Philippines, en Libye, en Angola, au Mozambique, en Éthiopie, sans parler des parties de poker autour de l’accession de la Chine au Conseil de sécurité de l’Onu, autour de la désignation d’un pape polonais, autour des deux chocs pétroliers, autour des courses à la conquête de la lune, à l’armement et au désarmement, autour du choc Castro-Tito au sein du club des non-alignés ou autour de l’abandon de la politique d’apartheid en Afrique du Sud. Tout cela pour arriver à la chute du mur de Berlin et, partant, de l’URSS en 1989, débouchant sur l’apparente victoire absolue des USA. Nous ajouterons que c’était sans compter sur l’accession d’un crétin au bureau ovale de la Maison-Blanche et sur sa réélection triomphale, l’ineffable George W. “Caligula” Bush qui, n’ayant rien vu venir de la montée en puissance de l’islamisme radical anti-occidental, fichera tout en l’air en deux coups de cuiller à pot. Aujourd’hui, la guerre d’Irak est perdue, celle d’Afghanistan en passe de l’être et la Russie flanque de régulières déculottées à ceux de ses ex-satellites qui, comme les si peu démocratiques Ukraine ou Géorgie (le pays du tyran Staline et du tyranneau Saakachvili) se permettraient de l’enquiquiner sur ses marches… Encore toutes nos félicitations à l’administration républicaine sortante, si admirée du petit Nicolas de l’Hexagone, lui-même snobé par l’actuel Président des States, à qui nous souhaitons bien du plaisir…
Bernard DELCORD

La chute du mur 1969-2009, Les dossiers de la guerre froide par Mathilde Aycard et Pierre Vallaud, Paris, Éditions Acropole, mars 2009, 144 pp. au format 17 x 24 cm sous couverture brochée à rabats, photographies en quadrichromie, 19,90 €
11-08-2009, 11:01:38 Brice
05-07-2009
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NULSVincent Mirabel, passionné du sujet, a rédigé L’Histoire du cinéma pour les Nuls parue chez First à Paris, et son enthousiasme se partage allègrement à la lecture de ce bel essai bellement transformé. Après une panoramique sur les travaux des précurseurs des frères Lumières, l’auteur y focalise une première fois sur l’apport spécifique des deux natifs de Besançon et sur les bouleversements innombrables qui s’ensuivirent : un art et une industrie étaient nés, mais aussi de nouvelles pratiques du reportage et de l’information du public, à l’échelle mondiale. C’est l’époque de Méliès, des sociétés Pathé et Gaumont, bientôt suivie par celle de Griffith et De Mille à Hollywood, puis par Chaplin, Keaton, von Stroheim. On invente le western, le film d’action, les gags et la censure. En Scandinavie, en Allemagne et en Russie aussi, le cinématographe explose. En 1927, l’apparition du parlant bouleverse la donne et ouvre la voie aux frères Warner, à Greta Garbo et à Walt Disney. C’est l’âge d’or du classique hollywoodien, avec les comédies musicales aux chorégraphies époustouflantes, avec Ginger Rogers et Fred Astaire, avec les films de gangsters, avec W.C. Fields, avec Ernst Lubitsch. En France, Pagnol et Guitry excellent dans le verbe, tout comme Prévert, tandis qu’en Allemagne l’expressionnisme cède le pas aux « Heimat Films » d’Arnold Franck dans lesquels on retrouve l’actrice Leni Riefenstahl, bientôt réalisatrice de l’ode nazie aux Dieux du stade, durant les Jeux Olympiques de 1936, et qu’en Angleterre un certain Alfred Hitchcock commence à glacer les foules… Après la guerre, c’est le déferlement : à Hollywood et à New York, en Italie, en France, en Grande-Bretagne, en Suède, au Japon, en URSS, en Belgique… Partout, les vagues se succèdent, avec des œuvres innovantes, des cinéastes formidables, des actrices éblouissantes, des acteurs inoubliables, des rêves, de l’émerveillement, du suspense, de la musique, de la danse, des drames, de l’érotisme, de l’effroi, de la provocation, de l’action ou de l’horreur. The big business…
Bernard DELCORD

L’Histoire du cinéma pour les Nuls par Vincent Mirabel, Paris, Éditions First, 2008, collection « Pour les Nuls », 510 pp en noir et blanc au format 19 x 23 cm sous couverture souple, cahier de 50 illustrations en couleurs, 22,90 €
05-07-2009, 13:45:06 Brice
23-06-2009
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decorationPoursuivant leur Nouvelle Histoire de Belgique qui paraît désormais aux Éditions Le Cri à Bruxelles, les professeurs de l’UCL Vincent Dujardin et Michel Dumoulin abordent dans L’union fait-elle toujours la force ? la période clé des années 1950-1970 qui vit le pays se transformer radicalement dans l’ensemble de ses structures politiques, économiques et sociologiques. C’est que l’époque fut à la fois et en vrac celle de l’émergence d’une « question scolaire » retentissante, celle de l’Expo 58 à Bruxelles qui connut un rayonnement mondial, celle de la perte des colonies africaines, celle d’un climat insurrectionnel en décembre 1960 et janvier 1961 à propos d’une « loi unique » dénoncée par d’aucuns comme « loi inique », celle de la naissance du Marché commun, celle des conflits linguistiques catalysés autour de marches flamandes sur Bruxelles et de la question du maintien ou non à Leuven de l’Université Catholique de Louvain, celle de l’effondrement de la Wallonie et de l’émergence d’une Flandre moderne et puissante, celle de l’arrivée de nombreux immigrants, italiens puis maghrébins, celle de la partition plus ou moins fédérale de la patrie de Papa mais aussi celle du concile Vatican II et de son cortège de bouleversements moraux et religieux autant que celle de l’apparition de l’homme « unidimensionnel », comme l’appelait Herbert Marcuse, que l’accès aux médias nouveaux (en particulier la télévision) et à la société de consommation (y compris touristique) transformait en adepte plus ou moins conscient d’un ‘American way of life’ si admiré par la jeunesse d’après-guerre et si contesté par celle de ses enfants en1968.
Remarquablement synthétique et fort clairement rédigé, alors même que la question traitée est d’une complication invraisemblable (et passablement incompréhensible par tous les non Belges et par la plupart des Belges…), cet ouvrage très documenté qui remet un certain nombre de pendules à l’heure se doit de figurer dans la bibliothèque et dans la tête de tous ceux, et il sont légion, qui aimeraient comprendre comment, au cœur de l’Europe et à l’aube du XXIe siècle, on a pu en arriver là !
Bernard DELCORD

L’union fait-elle toujours la force ? par Vincent Dujardin et Michel Dumoulin, Bruxelles, Éditions Le Cri, collection « Histoire », septembre 2008, 228 pp., 18 €
23-06-2009, 13:23:44 Brice
18-06-2009
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decorationL’un des ouvrages de langue française les plus vendus entre 1889 et 1899 fut sans conteste les Usages du monde de la baronne Staffe (1843-1911), qui connut 131 rééditions en dix ans et dont le succès se perpétua jusqu’en 1914. Sous-titré « Règles du savoir-vivre dans la société moderne », il constitua le nec plus ultra des codes de bonne conduite en vigueur dans les « élites » du Second Empire. On sait que l’époque était aux ascensions sociales rapides, que l’aristocratie avait perdu avec la Révolution Française sa prééminence en matière de références comportementales et que les Codes instaurés par Napoléon (le civil en 1804 et le pénal en 1810) ont réglementé l’organisation sociale sur la base d’une idéologie bourgeoise, familiale et paternaliste. Dans le prolongement de ceux-ci naquirent des ouvrages de codification du savoir-vivre en harmonie avec les idées nouvelles, et celui de la baronne Staffe (qui n’était en réalité qu’une modeste petite-bourgeoise de province répondant au nom de Blanche Soyer, et qui plus est célibataire de son état) brille par l’étendue des thèmes abordés (la naissance, le baptême, le mariage, la première communion, les rapports avec les professeurs, le mariage, les visites, la conversation, les dîners, les bals et soirées, les rapports avec les serviteurs, la carte de visite, la correspondance, les présents, la jeune femme, le véritable gentleman, la jeune fille, les lettres de faire-part et d’invitation, les funérailles, le deuil, l’hospitalité, en voyage et aux eaux, les photographies, au théâtre, à l’église, le rôle du mouchoir de poche, le bras à offrir, l’étiquette du cigare et de la cigarette…) et par le côté
« raisonnable » de son enseignement, au demeurant plutôt machiste quoique résolument moderne. Notre confrère l’éditeur Jean-Luc Zylberstein a eu l’excellente idée de reprendre naguère cet ouvrage édifiant dans la collection au format de poche « Texto » qu’il dirige chez Tallandier à Paris, permettant ainsi une agréable – et amusante – lecture à ceux qu’intéressent la civilité et les bonnes manières, mais aussi les stratifications sociales et morales de la bienséance d’aujourd’hui…
Bernard DELCORD

Usages du monde par la baronne Staffe, Paris, Éditions Tallandier, collection « Texto », 2007, 336 pp., 8 €
18-06-2009, 15:02:54 Brice
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decorationDans Tous les chemins mènent à Rome paru aux Éditions Acropole à Paris, Daniel Appriou recense et explique plus de deux cents expressions de la langue française issues de pratiques diverses du passé. En ces temps d’élections régionales et européennes, nous ne saurions trop en recommander la lecture à ceux et celles de nos Chers Compatriotes qui voudraient savoir précisément pourquoi on « graisse la patte » à quelqu’un (au XIIe siècle déjà, les charcutiers du quartier de Notre-Dame à Paris donnaient discrètement un morceau de lard aux commissaires royaux pour ne pas avoir à s’acquitter de l’impôt sur les viandes), ce qu’est au juste une « pétaudière » (du nom d’un personnage imaginaire médiéval, le roi Pétaud, qui régnait sur une assemblée de gueux et de mendiants) ou un « lèche-bottes » (à l’armée, il s’agissait d’un militaire flagorneur qui s’offrait à cirer celles d’un supérieur en grade), comment on « jette de la poudre aux yeux » (allusion à la poussière des riches carrosses qui impressionnaient le petit peuple flanqué sur les bas-côtés de la route), qui est le
« dindon de la farce » (à l’origine, le père Dindon, naïf et dupé par ses enfants, personnage récurrent des comédies bouffonnes du Moyen Âge à la Révolution) ou pourquoi on est « un homme de sac et de corde » (à Rome, et plus tard à Paris, les condamnés à mort étaient enfermés dans un sac puis jetés dans le Tibre ou dans la Seine), ce qu’est un « homme sans aveu » (au Moyen Âge, un vassal sans biens personnels à avouer à son seigneur pour en obtenir la protection, et donc prêt à tout pour en détenir un jour) ou une « mégère » (du nom d’une des trois Érinyes, divinités infernales grecques qui châtiaient les crimes), voire une « Messaline » (du nom de l’épouse nymphomane et impudique de l’empereur romain Claude qui la fit exécuter par crainte qu’elle ne le tue et pour l’avoir tourné en ridicule). Après une pareille lecture, nul doute que c’est d’un œil neuf et amusé que l’électeur pourra désormais considérer la gent politique…
Bernard DELCORD

Tous les chemins mènent à Rome par Daniel Appriou, Paris, Éditions Acropole, février 2009, 290 pp. au format 14 x 20,5 cm, 14,90 €
18-06-2009, 14:46:45 Brice
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