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Le nouveau JAUFFRET décortiqué par Jean-Louis Kuffer.
Sans laisser d'adresse est le titre du nouvel Harlan Coben. On vous en parle.
Patrick de Carolis se livre à Brice Depasse.
Le nouveau Stephen KING sortira en mars prochain. Le Dr Corthouts l'a déjà lu.
Bernard PIVOT s'entretient avec Jean-Louis KUFFER.
Special Livre de Bord avec Marc LEVY.
DAN BROWN revient enfin Le symbole perdu son nouveau roman est en librairie. Qu'en penser ?
Classique SOLLERS Le Disours parfait de Philippe SOLLERS est-il une nouvelle bible ? Jean-Louis KUFFER y répond.
ALEXANDRE JARDIN Entretien à propos de son nouveau poche "Chaque femme est un roman"
JEAN d'ORMESSON s'entretient avec Brice & Nicky dans une spéciale de Livre de Bord.
La recension ci-dessous a paru dans l’hebdomadaire satirique bruxellois PAN le 18 juillet 2007. Notre ami Panthotal la dédie à Bernard-Henri Lévy, en lui signalant que s’il avait eu de meilleures sources, il n’aurait pas commis sa dernière (énorme) bévue…
Un nouveau livre de Jean-Baptiste Botul, c’est une fête de l’esprit ! Intitulé La métaphysique du mou, il vient de paraître aux Éditions des Mille et une nuits à Paris, et l’auteur y fait le tour d’un concept trop longtemps ignoré de la philosophie officielle, celui de la mouité, dont il analyse les conséquences sur l’Être, le néant, la charcuterie, le fromage, les seins des femmes, le transport des valises et les années trente… Écrit en réalité par Frédéric Pagès, un agrégé de philosophie qui officie dans les colonnes du Canard enchaîné, ce petit bijou de canular littéraire succède à La vie sexuelle d’Emmanuel Kant, à Landru, précurseur du féminisme et à Nietzsche et le démon de midi, trois autres essais impérissables du botulisme, une maladie spirituellement transmissible ! PANTHOTAL La métaphysique du mou par Jean-Baptiste Botul, Paris, Éditions Mille et une nuits, juin 2007, 109 pp. en noir et blanc au format 10,5 x 15 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 3,50 €
Le texte ci-dessous a paru dans la livraison du 10 février 2010 de l'hebdomadaire satirique bruxellois PAN :
Sous-titré « Les joies du camping et du bronzage », un recueil de citations de l’ineffable mini Mussolini (mais maxi maffioso) qui préside aux destinées de la péninsule italienne vient de paraître aux Éditions du Cherche Midi à Paris. Il s’intitule bien évidemment Berlusconneries et vaut son pesant de vin frelaté, de lait trafiqué et de magouilles macaroniques, ces autres spécialités de la Botte. Florilège : « L’histoire dira que George W. Bush a été un très grand président des États-Unis. Il m’a été très facile de partager ses décisions fondées sur l’amour de la liberté, la démocratie et le respect des autres » ; « Je suis du côté de l’Amérique avant même de savoir de quel côté est l’Amérique » ; « Que les Américains viennent investir en Italie : il n’y a plus de communistes mais de belles secrétaires » ; « Je suis plus pâle que Barack Obama, notamment parce que cela fait quelque temps que je ne m’expose plus au soleil » ; « Il faut [dit-il en interrompant le président du Togo qui, à un sommet de la FAO, parle de la faim dans le monde] abréger la durée des interventions parce que, même si ce n’est pas une tragédie, nous aussi nous avons faim » ; « La compétitivité, il faut l’avoir avec les filles » ; « Le point G des femmes, c’est la dernière lettre du mot ‘shopping’ » ; « Il n’y a aucune crise, la crise, c’est seulement une invention de la gauche » ; « Mon cerveau avance à une vitesse supérieure à celle des mots » ; « Je suis un gentilhomme, une personne comme il faut, un signore à la moralité absolue » ; « Je vous présente l’honorable Giuseppe Palumbo de Forza Italia. C’est un homme qui met la main à la pâte : il est gynécologue » ; « Je n’ai jamais adressé une insulte à quiconque ! » ; « Veltroni est un couillon. » ; « Bossi est un judas, un traître, voleur de vote par effraction, receleur, escroc à double, triple, quadruple personnalité. Une crapule. » ; « Ils ont fait un test sur moi, sur mes fonctionnalités cérébrales et physiques et ils ont décidé que je suis un miracle qui marche » ; « Les fondateurs de Rome sont Romulus et Rémulus » ; « Seul Napoléon a fait plus » ; « Je passerai à l’histoire, préparez le monument ! ». Chose bien inutile, on en conviendra : ce monsieur Berlusconi est un monument vivant… PANTHOTAL Berlusconneries, Paris, Éditions du Cherche Midi, 2009, 126 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couverture brochée en couleur, 5 €
L’article ci-dessous a paru dans l’hebdomadaire satirique bruxellois PAN du 3 février 2010 :
Dans Le fond de l’air effraie paru à Bruxelles chez Luc Pire, une compilation de billets radiophoniques lus à l’antenne de la RTBF, de France Inter, de Radio Suisse Romande ou de Radio-Canada et journalistiques publiées dans La Libre, Paris-Match, L’Écho et le Soir Magazine, notre compatriote Bruno Coppens se montre à l’égal de son maître Raymond Devos ! Se penchant sur les innombrables plaies et crises de notre époque, il y trouve l’occasion de développements où l’absurde se vêt d’une logique imparable et de bons mots comme : « Michel Daerden n’a pas l’adsl, il a un débit de paroles typiquement liégeois :’Cool et continu’, comme on dit à Seraing » ; « Pour un Suisse, un arbre, au fond c’est un porte-feuilles » ; « Si la vie attrape le gros coût, normal que vous attrapiez la grosse dette ! » ; « La mondialisation, une maladie très grave car dans ‘mondialisation’, vous avez dialyse, le fait d’injecter de l’argent frais en cas d’insuffisance vénale » ; « Entre ‘culte de l’argent’ et ‘argent occulte’, la frontière est ténue »… Bruno Coppens brille également dans l’art de la fable à la manière Jean de de La Fontaine : « La Cigale et Defourny », « La Belle et la Dette », « Les Rois m’ont dit… », « La Mittal et la Fourmi »… et il s’intéresse avec ironie à « la fuite des cerveaux » en examinant les cas de Christine Ockrent et de Johnny Hallyday. Ajoutez à cela des dessins plus que décapants de Nicolas Vadot et vous aurez toutes les raisons de vous précipiter chez votre libraire… PANTHOTAL
Le fond de l’air effraie par Bruno Coppens, Bruxelles, Éditions Luc Pire, janvier 2010, 128 pp. en quadrichromie au format 17 x 23 cm sous couverture brochée en couleur et à rabats, 16 €
Dans Sarko le best of qu’il a fait paraître récemment aux Éditions Points à Paris, le caricaturiste Plantu a rassemblé une compilation de 130 des innombrables dessins qu’il a consacrés depuis 1993 dans Le Monde et dans L’Express à l’actuel omniprésident de la France, de la planète et du pouvoir d’achat, vous savez bien : le Sarko-Schtroumpf dont on dirait, quand il parle, « qu’il a une petite bête qui le démange derrière le cou ». Car celui qui fut tour à tour vizir Iznogoud visant le califat de Jacques Chirac, ministre de l’Intérieur VRP des sociétés Kärcher et Rolex, exécuteur des basses œuvres expulsives, récupérateur des voix lepénistes, triomphateur de Ségolène Royal, fossoyeur de Bayrou, villégiateur chez les riches, époux de râleuse angineuse puis de chanteuse aphone, serveur de soupe pour socialistes affamés, essuyeur de pieds sur son Premier ministre ou encore népotiste bling-bling (entre autres…) est, pour Plantu, « un bon client » parce qu’il constitue une caricature ambulante et au petit pied, recourant sans rire à des formules chocs comme « j’irai chercher la croissance avec les dents » ou « la solution au chômage, c’est le travail ». Grâces soient donc rendues aux auteurs de ce petit livre d’histoire, à ranger précieusement dans la bibliothèque de l’honnête homme d’aujourd’hui, entre les « bushismes » de George W. “Caligula” et les « berlusconeries » du Néron de la Péninsule… Bernard DELCORD Sarko le best of par Plantu, Paris, Éditions Points, 2009, 160 pp. en quadrichromie au format 10,5 x 17,5 cm sous couverture brochée en couleur, 6 €
L'article ci-dessous a paru dans la livraison du 25 novembre 2009 de l'hebdomadaire satirique PAN à Bruxelles : Vincent Perrot, ci-devant sociétaire des célébrissimes « Grosses Têtes » de Philippe Bouvard sur RTL, en connaît un fameux rayon question cinoche. Rien d’étonnant, par conséquent, à ce que les Éditions du Chêne à Paris lui ont demandé de composer un calendrier perpétuel regroupant 365 citations cinématographiques, petit festival de défouraillages en tous genres fort réussi et particulièrement réjouissant, question de rendre l’avenir de nos contemporains postmodernes un peu moins morose ou un peu plus radieux (selon qu’ils en aient à gauche et votent à droite ou rêvent d’une vie moins maladroite et votent à gauche, par exemple). Florilège : « Vous vous mariez à l’église ? Vous avez raison ! Tant qu’à faire une connerie, autant la faire en musique ! » (Le Zèbre, 1992). « –T’as pas la télévision, toi ? –Ah non ! Comme cinéma à domicile, j’ai ma femme ! » (Marie-Octobre, 1959). « Je ne me suis jamais servi de mon intelligence, j’étais fonctionnaire ! » (Carré de valets, 1947). « –Ton père et moi, tu nous feras mourir de chagrin ! –Tant mieux, comme ça on ne retrouvera pas l’arme du crime ! » (Mélodie en sous-sol, 1963). « Quand on fera danser les couillons, tu seras pas à l’orchestre ! » (Marius, 1931). « Vous vous excusez ! Eh bien ! dites donc ! Je vous donne asile, vous couchez avec ma fille, vous disparaissez avec elle et quatre mois plus tard, vous vous excusez d’interrompre ma sieste ! » (Les Yeux de l’amour, 1959). « Deux milliards d’impôts nouveaux ! Moi, j’appelle plus ça un budget, j’appelle ça de l’attaque à main armée ! » (La Chasse à l’homme, 1964). « C’est avec les épouses tristes qu’on fait les veuves joyeuses ! » (La Nuit fantastique, 1942). « Mais enfin ! C’est un baiser que j’ai demandé, pas un car wash ! ». (Absolument fabuleux, 2001). « J’vais te dire une chose. J’ai jamais eu qu’une femme… Et puis c’était la tienne. » (La Soupe aux choux, 1981). « J’suis ancien combattant, militant socialiste et bistro. C’est dire si dans ma vie j’ai entendu des conneries ! » (Un Idiot à Paris, 1967). « Le mariage est comme une ville assiégée. Ceux qui sont dehors veulent y entrer et ceux qui sont dedans veulent en sortir. » (Mariages, 2004). « Je n’ai pas de sentiments, Walter, et si j’en ai un jour, ils ne triompheront pas de mon intelligence ! » (La Pianiste, 2001). « Ce n’est pas qu’on méprise les gens qui n’ont pas d’argent, c’est qu’on ne comprend pas pourquoi ils n’en ont pas… Ils n’ont qu’à en acheter ! » (Jet Set, 2000). Si l’adage est vrai, selon lequel « rire chaque jour fait vivre des vieux jours », cette pinte de bon sang intitulée Une réplique qui tue par jour devrait être remboursée par la Sécu… PANTHOTAL Une réplique qui tue par jour par Vincent Perrot, Paris, Éditions du Chêne, septembre 2009, 365 pp. en bichromie au format 13 x 10 cm sous couverture brochée à rabats en deux couleurs, 14 €
L’animateur français de radio et de télévision Vincent Perrot est, on le sait, un très brillant cinéphile. Aussi les Éditions du Chêne à Paris ont-elles eu l’excellente idée de faire appel à lui pour composer un calendrier perpétuel intitulé Une réplique comique par jour regroupant 365 citations puisées dans les dialogues de films français classiques ou contemporains. Extraits : « –Écoute, maman, j’en ai marre que tu m’autorises ou que tu m’interdises. J’ai 33 ans ! –Eh bien justement, c’est l’âge où on fait des bêtises. Regarde le Christ ! » (Le Garde du corps, 1983). « Ma femme aussi a un don pour l’écriture : elle remplit très bien les chèques ! » (Le Prix à payer, 2007). « –Hello, sweet Prince ! Did you sleep well, dans la guest room de Madonna ? –Like a virgin ! » (People, Jet set 2, 2004). « –Stanislas de la Tour Maubourg. (Il lui fait le baisemain.) –Chouchou, d’la place Clichy. » (Chouchou, 2003). « –Qu’est-ce que tu attends pour te marier ? Si tu continues, tu finiras vieux garçon, maniaque et seul… –Tu veux que je te dise, pour moi le mariage, c’est passer sa vie à régler à deux une tonne de problèmes que je n’aurai jamais tout seul ! » (Marie-toi, 2009). « –Mais oublions le film pour ce soir. Parlez-moi de vous, plutôt. –Odile ! Moi, c’est Odile. Pluto, c’est l’ami de Mickey ! » (La Cité de la peur, 1994). « –Est-ce que vous aimez la musique classique ? –Obispo, des trucs comme ça ? » (Je vous trouve très beau, 2005). « –Fais pas attention, Théo est une brutalité de la guerre… –En langage clinique, on appelle ça un paranoïaque, en langage militaire, un brigadier ! » (Un taxi pour Tobrouk, 1960). « –On est vraiment très heureux d’être là. On est dans un lycée, ça nous rappelle notre enfance, comme une bouffée de… –Haschich ! » (Paroles et Musique, 1984). « –Et maintenant, Blaze, flattez-moi. –Monseigneur est le plus grand de tous les grands d’Espagne. –Ce n’est pas une flatterie, ça, c’est vrai ! » (La Folie des grandeurs, 1971). « –La vérité, c’est que tu es mou et paresseux ! Tu es tout le portrait de ton oncle Émile. Celui-là, il ne passait jamais au soleil parce que ça le fatiguait de traîner son ombre ! » (Marius, 1931). Un cadeau à (se) faire, qui permettra à chacun, dès janvier prochain, d’envisager l’avenir sous son côté radieux… Bernard DELCORD Une réplique comique par jour par Vincent Perrot, Paris, Éditions du Chêne, septembre 2009, 383 pp. en bichromie au format 13 x 10 cm sous couverture brochée à rabats en deux couleurs, 14 €
« Jules II, nous dit-on sur le site des Éditions Les Belles Lettres, exerça le pouvoir papal, temporel et spirituel, de 1503 à 1513. Il fut un pape remarquable dans les deux registres et reconnu comme tel. Ses pairs temporels soulignèrent – à défaut de les saluer puisqu’elles s’exerçaient généralement à leur détriment – ses qualités d’homme d’État et de chef de guerre. Ses pairs spirituels lui reprochaient de ne croire ni en Dieu ni au diable, en un mot d’être l’exact contre-exemple du Christ et de laisser le peuple chrétien sans pasteur. Son grand admirateur fut Machiavel (1469-1527). Élu avec le large secours de la corruption, Jules avait trouvé un État papal considérablement réduit du fait des agissements de son prédécesseur Borgia. Il s’employa à le restaurer dans son extension territoriale et dans ses prérogatives du passé. Il y consacra toute son énergie, tout son talent de négociateur et toute sa connaissance des hommes. Sa réussite fut complète : à sa mort, l’Église était l’un des États les plus puissants d'Italie, tenant en échec les rois de France, d’Espagne et d’Angleterre. Jules eut également à cœur la splendeur de Rome : il fit entamer la construction de Saint-Pierre de Rome et commanda à Michel-Ange son tombeau et les fresques de la chapelle Sixtine. En revanche, la plupart de ses contemporains furent profondément révoltés par l’immoralité, l’absence de foi et de scrupules de la cour pontificale. La Réforme luthérienne éclatera quatre ans plus tard. Le dialogue Julius exclusus, écrit peu de temps après la mort du pape, circula en copie manuscrite dans toute l’Europe avant de devenir un best-seller imprimé au début de 1517, et de nombreuses fois réédité. Il a été publié sous le nom de Fausto Andrelini, poète favori du roi de France et vieil ami d’Érasme. Cependant, la rumeur courut immédiatement qu’Érasme en était l’auteur. Il fut aussi attribué au jeune Ulrich von Hutten (1488-1523), chevalier et humaniste allemand, connu pour ses pamphlets particulièrement virulents contre Rome. » Les Belles Lettres à Paris proposent, sous le titre Jules, privé de paradis !, la traduction française de ce texte rédigé en latin et que l’on a désormais d’excellentes raisons d’attribuer à Érasme. On y voit Jules II, accompagné de son « génie », se présenter devant Saint-Pierre à la porte du Paradis. Ce dernier refuse de laisser entrer le pontife et lui reproche toutes ses turpitudes. Le pape se défend alors vigoureusement, mais sans parvenir à fléchir le Saint… Hilarant ! Bernard DELCORD
Jules, privé de paradis ! par Érasme, traduit du latin par Sylvain Bluntz, Paris, Les Belles Lettres, collection « Le Miroir des Humanistes, juin 2009, 200 pp. en noir et blanc au format 14,5 x 22,5 cm sous couverture souple monochrome, 25 €
Celui que Napoléon Ier appelait « une merde dans un bas de soie », le prince Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord (1754-1838), l’habile diplomate qui servit la France sous tous les régimes (royauté, république, empire puis à nouveau royauté), s’il faisait montre de successivité dans ses élans de fidélité, n’en fut pas moins un esprit brillant de mille feux, comme le rappelle le savoureux petit recueil intitulé Talleyrand en verve, paru chez Horay à Paris il y a quelque temps déjà, mais dont le succès fait, lui, montre d’une grande constance… C’est que les vacheries y abondent, distillées avec ce qu’il faut de fiel et d’avoir l’air de ne pas y toucher pour détoner du politiquement correct et détonner sous les fauteuils de la bien-pensance, ces fléaux d’aujourd’hui. Car n’a-t-il pas vu juste, celui qui constate que « quand le peuple est roi, la populace est reine » ? Ou que « la plus mauvaise roue d’un chariot est toujours celle qui fait le plus de bruit » ? Politique rusé, notre homme savait qu’« il faut se garder du premier mouvement : il est presque toujours honnête »… Fin gastronome, il fit une observation toujours vraie : « Les États d’Amérique sont un pays où, s’il y a trente-deux religions, il n’y a qu’un seul plat – et il est mauvais… » S’agissant du sexe dit faible, il écrivit : « La plupart des jolies femmes perdent à se laisser connaître ce qu’elles gagnent à se faire voir ». Mondain, il assurait qu’« on reçoit quelqu’un suivant le nom ou l’habit qu’il porte. On le reconduit suivant l’esprit qu’il a montré ». Avait-il du sang belge ? On pourrait le croire, puisqu’il écrivit : « Une constitution doit être courte et obscure » et « La parole a été donnée à l’homme pour déguiser sa pensée », un aphorisme apparemment écrit tout exprès pour les politiciens flamingants. À moins qu’il ne fût un peu italien : « Si la justice oblige de punir, la politique oblige de punir sans exception ». Avis à Silvio Berlusconi… Bernard DELCORD
Talleyrand en verve, mots, propos et aphorismes, présentation et choix par Éric Schell, Paris, Éditions Horay, 2002, 128 pp. en noir et blanc au format 18 x 11 cm sous couverture en quadrichromie, 7,50 €
La joyeuse collection « Je parle comme un(e) cochon(ne) » qui paraît aux Éditions Blanche à Paris s’est enrichie tout récemment d’un petit opus consacré à la langue française, abordée cette fois dans des composantes plus larges que celle du bien manger, du bien boire et du bien « procéder au simulacre de la reproduction », comme le dit benoîtement Philippe Bouvard. On y traite en effet de la vie quotidienne et en entreprise, de la politique, l’économie, l’art, la publicité, la santé, le sport, la famille, l’école, les voyages ou les vacances, autant de secteurs où la richesse langagière du français contemporain s’avère munificente. Se fondant, à l’instar de Maurice Grevisse, sur les bonnes pratiques classiques et n’oubliant pas que ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, les auteurs de Je parle français comme un(e) cochon(ne) ont fait dans la dentelle lexico-grammaticale pour redorer à la bombe de tagger le blason de la langue de Voltaire. Et parce qu’un bon exemple vaut mieux qu’un long discours, voici quelques citations épinglées dans cette sorte de Bon Usage à la sauce de 2009. Ne dites pas : « Je ne vais pas vous ennuyer avec des chiffres », mais dites : « Vous êtes trop cons pour comprendre ». Ne laissez pas entendre que « C’est d’une grande richesse psychologique », mais assurez plutôt que « C’est de l’enculage de mouches »… Par ailleurs, dans les prétoires, on ne dit plus : « C’est son premier vrai délit : jusqu’ici il s’était livré à quelques incivilités », mais bien : « Jusqu’ici il avait seulement incendié deux bagnoles, volé un scooter et pété un abribus ». À une phrase ampoulée comme « C’est à sa compétence et à son remarquable professionnalisme qu’elle doit sa carrière », préférez un plus jovial « Elle a su se servir de son cul ». Chez les managers, une phrase comme« On ne change pas une équipe qui gagne » signifie en réalité « On va attendre un peu avant de vous foutre dehors… ». Quelle précision dans la formulation ! Quel sens de la métaphore ludique ! On vit une époque formidable, pas vrai ? Bernard DELCORD Je parle français comme un(e) cochon(ne) par Marceline Labarde et Paul Richard, Paris, Éditions Blanche, septembre 2009, 128 pp. en noir et blanc au format 12,7 x 18 cm sous couverture souple en quadrichromie, 12 €
En ces temps d’écologie, de « sauvons la planète » et de retour à la terre, lisez donc Comment traire une poule ? de Marie et Hubert Deveaux paru à Paris chez Chiflet et Cie, vous m’en direz des nouvelles. Sous-titré « Manuel à l’usage des nouveaux campagnards », ce petit livre franchement drôle se penche sur les pratiques des citadins bobos soudain reconvertis en paysans du Danube autant que de l’Ardèche, du Luberon ou du Lavandou. Établissant leur typologie en sept catégories (l’éleveur de chèvres, le résident secondaire, l’invité, le rurbain, le néo-rural, l’hôte et le campagnard étranger), les auteurs mettent le doigt où ça fait rire à propos du look, de la maison, du jardin, du potager, des voisins, de la basse-cour ou de la piscine et répondent à quelques questions fondamentales comme Un coq est-il indispensable pour que la poule ponde un œuf ? Quelle est la différence entre un bœuf et un taureau ? Entre le Ricard et le Pastis 51 ? Peut-on laisser monter une salade ? Si oui, sur quoi ? Faut-il une arme pour buter les asperges ? Ils donnent aussi quelques conseils et indiquent ce qu’il faut savoir : « Le café à la chaussette est moins bon que le Nespresso », « Si vous n’avez pas mis d’essence dans la tondeuse, elle ne démarrera pas », « Si les paysans de souche ont abandonné de ravissantes fermes de Lozère, ils avaient leurs raisons », « Même gérée par un agrégé de grammaire plein de bonne volonté, une exploitation trop petite pour être rentable reste déficitaire ». À bon entendeur… Bernard DELCORD
Comment traire une poule ? par Marie et Hubert Deveaux, Chiflet et Cie, 2006, 126 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 17,5 cm sous couverture souple, 10,00 €
Comment dormir est un petit livre formidable ! Rédigé dans les années trente aux États-Unis par deux joyeux farfelus, Harford Powel et Edward Streeter (on doit par ailleurs à ce dernier un court roman intitulé Le Père de la mariée, plusieurs fois adapté au cinéma) qui se cachent –sans doute pour ne pas éveiller les soupçons…– derrière les pseudonymes d’Anne Balliol et du Dr Ralph Y. Hopton, il vient d’être magnifiquement publié en français (l’objet est un petit bijou éditorial) à Toulouse chez Monsieur Toussaint Louverture, une petite maison visiblement de grand talent. Sous-titré Petit précis du savoir-vivre de chambre à l’usage de celles et ceux qui veulent illuminer leurs nuits, il enseigne au lecteur à faire face avec élégance et dignité à des situations diverses : comment se déshabiller, se lever, rentrer d’un dîner bien arrosé entre hommes, regagner tardivement ses pénates quand on est une dame, lire au lit, faire usage de la salle de bain, entretenir une conversation matinale, pratiquer les secousses physiques (qui ne sont malheureusement pas ce que vous croyez, mais bien de la gymnastique suédoise, la vraie), dormir à bord du yacht d’un ami, coucher dans les wagons-lits ou pioncer dans un camping… Car la vie nocturne est le nid de bien des ennuis, surtout si vous êtes en couple ! Qui va au lit en premier : la femme ou le mari ? Qui va éteindre la lumière ? Que porter le premier soir ? Que dire lorsqu’il y a des voleurs dans la maison ? Où poser ses habits quand on a trop bu ? Que fait un homme si sa femme lui dit que la maison est en feu ?« Même les gens les plus civilisés, assurait sir Walter Scott, sont des sauvages à la nuit tombée. » Pour éviter les désagréments induits par des fautes de goût impardonnables, référez vous par conséquent à ce guide du savoir-vivre au lit. Car, comme le font observer les auteurs, « s’il y a une chose que vous ne pouvez sûrement pas vous payer cette année, c’est bien un divorce, alors évitez une telle dépense et achetez ce livre ». Et ils ont ô combien raison ! Non ? Bernard DELCORD
Comment dormir par Anne Balliol et du Dr Ralph Y. Hopton, traduction d’Élodie Laffitte et illustrations d’Alban Caumont, Toulouse, Éditions Monsieur Toussaint Louverture, 2009, 160 pp. en noir et blanc sous couverture cartonnée recouverte de toile, 14,50 €
Les Éditions du Cherche Midi à Paris ont publié les Pensées, répliques et anecdotes de feu l’animateur de télé Jacques Martin (1933-2007), un festival de bons mots iconoclastes en diable : « Jésus est vachement chouette. C’est un mec qui comprend nos problèmes, pas du tout bourgeois, cheveux longs et tout. C’est le copain à marquer d’une croix ! » ; « La France a aboli la peine de mort. Dieu, non » ; « La Suisse est avant tout, ne l’oublions pas, un pays d’agriculture : ils font du blé, du jonc, de l’oseille » ; « Ah, mes amis, que le France est belle dans une assiette » ; « Il est illogique de consacrer plus de temps à gagner son pain qu’à le manger » ; « Plus on est de fous, plus on a de chances de former un groupe parlementaire » ; « Va jouer avec les mots, mon petit bonhomme : c’est moins dangereux que les allumettes » ; « Il faut rester insolent. La fin de l’insolence, c’est le début de la vieillesse » ; « Pour tuer le temps, visez le soleil ! »… Même ses amis n’échappaient pas à son humour décapant : « Kersauson : J’étais en mer du Nord. Martin : À quelle profondeur ? » Pas étonnant dès lors, qu’il affirma un jour : « Moi, j’aime tout le monde. Je n’ai pas d’ennemi. Mais tous mes amis me détestent ». Après s’être fait faucher son épouse Cécilia par le Petit Nicolas (Sarkozy), il fit deux déclarations publiques : « Je me suis marié car je voulais savoir ce que l’on ressentait lorsqu’on était cocu » et « Après six ans de vie commune, ma femme m’a quitté ce matin. Sans faire le ménage ». Comme d’hab’… Bernard DELCORD
Pensées, répliques et anecdotes par Jacques Martin, Paris, Éditions du Cherche Midi, 257 pp., 14 €
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