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LIVRE de BORD
Nicky et Brice Depasse vous invitent chaque jour sur Liberty TV pour suivre l'actualité du livre. Cliquez sur le logo pour regarder quelques numéros.

Le nouveau JAUFFRET
décortiqué par Jean-Louis Kuffer.

Sans laisser d'adresse
est le titre du nouvel Harlan Coben. On vous en parle.

Patrick de Carolis
se livre à Brice Depasse.

Le nouveau Stephen KING
sortira en mars prochain. Le Dr Corthouts l'a déjà lu.

Bernard PIVOT
s'entretient avec Jean-Louis KUFFER.

Special Livre de Bord
avec Marc LEVY.

DAN BROWN revient enfin
Le symbole perdu son nouveau roman est en librairie. Qu'en penser ?

Classique SOLLERS
Le Disours parfait de Philippe SOLLERS est-il une nouvelle bible ? Jean-Louis KUFFER y répond.

ALEXANDRE JARDIN
Entretien à propos de son nouveau poche "Chaque femme est un roman"

JEAN d'ORMESSON
s'entretient avec Brice & Nicky dans une spéciale de Livre de Bord.

Liste de catégories
10-03-2010
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Silence, les agneauxL'article ci-dessous a paru le 10 mars 2010 dans les colonnes de l'hebdomadaire satirique bruxellois PAN :

Dans Silence, les agneaux qui vient de paraître aux Éditions Luc Pire, le chroniqueur économique de Bel RTL Ludovic Delory flanque une fameuse (et hilarante) volée de bois vert à la gens politica de Ce Pays et daube la façon dont elle entube, tous partis confondus, les braves électeurs systématiquement et perpétuellement pris pour des cons. Car l’État, ce n’est pas moi, ce n’est pas nous, c’est eux ! Entre ceux qui affectent de croire à la main invisible du vote, ceux qui taxent le travail pour encourager le chômage, ceux qui pensent que la loi peut tout réguler, y compris les sentiments et les opinions (mais pas la connerie, semble-t-il, ni de ceux qui l’édictent ni de ceux qui l’appliquent…), ceux qui, déjà riches, spolient les pauvres au nom du réchauffement climatique, ceux qui se fondent sur de
« savants » experts tenant des propos off records opposés à ce qu’ils énoncent froidement à l’antenne, ceux qui organisent la pénurie de logements sociaux par clientélisme électoral, ceux qui génèrent le chômage par leur politique d’investissements « verts », ceux qui veulent censurer Internet pour faire taire les citoyens, ceux qui pervertissent Voltaire en s’exclamant, au nom de la liberté et de la tolérance : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites et je me battrai jusqu’au bout pour que vous ne puissiez plus le dire », ceux qui font sous eux à l’idée que la science « interfère avec la nature » (comme si cette dernière était parée de toutes les perfections, idée de bobos urbains qui n’en connaissent que ce qu’ils en voient durant leurs vacances ou durant le week-end depuis la terrasse de leur maison de campagne), ceux qui approuvent toutes les grèves par principe, ceux qui claquent des sommes astronomiques pour des happenings artistiques regardés seulement par des SDF et des mendiants, ceux qui pensent avec le publicitaire pour politiciens Jacques Séguéla que « si à 50 ans on n’a pas une Rolex, on a raté sa vie », les coups de Kalachnikov ne se perdent pas pour tout le monde dans ce petit essai salutaire et jubilatoire… rédigé par un tonton flingueur de première !
PANTHOTAL

Silence, les agneaux par Ludovic Delory, Bruxelles, Éditions Luc Pire, février 2010, 304 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleur, 13 €
10-03-2010, 20:42:22 Brice
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JAUFFRETRégis Jauffret revisite l’affaire Stern en se coulant dans la peau de la meurtrière. Paradoxalement, la fiction sonne ici plus vrai que les faits étalés.
Il y a tout juste cinq ans de ça, le 1er mars 2005, le richissime banquier Edouard Stern, figure du gotha international, fut retrouvé mort à Genève, le corps gainé d’une combinaison de latex, ligoté et criblé de quatre balles. Identifiée comme la coupable de ce meurtre sordide en milieu chic, Cécile Brossard, «secrétaire sexuelle» quadra du milliardaire, fut jugée et condamnée à 8ans et demi de prison. Elle en sort ces jours…
Au procès assistait le romancier français Régis Jauffret (déjà connu pour une œuvre noire, notamment marquée par Clémence Picot, Asiles de fous - Prix Femina 2005 - ou Microfictions), qui en rendit compte dans Le Nouvel Observateur, comme l’avait fait Emmanuel Carrère, lui aussi romancier de premier rang, d’un autre procès mémorable, du faux médecin mythomane Jean-Claude Romand qui massacra sa famille.
Or le rapprochement lance évidemment la question: en quoi le roman permet-il d’aller «plus loin» que le seul reportage? Avec L’Adversaire (Gallimard 2002), Carrère avait répondu par une véritable immersion dans le milieu fréquenté par le tueur, qu’il avait approché personnellement. Tout autre est la démarche de Régis Jauffret, qui se coule littéralement dans le personnage de la criminelle (jamais nommée, pas plus que Stern) dont il raconte les tribulations au fil de la longue fugue, jusqu’en Australie, qui suit immédiatement son meurtre avant qu’elle ne se livre à la police. Dans la foulée, on revit une aventure passionnelle immédiatement marquée par la personnalité très ambivalente du banquier, mélange de dominateur cynique passionné d’armes et de fils à maman blessé se pelotonnant auprès de sa maîtresse en lui confessant sa «peur des loups». Le mari, aussi malin que falot, admet que sa conjointe devienne son «chéquier vivant» avec son rival qui l’humilie, mais la relation triangulaire se complique encore avec les enfants du banquier que la double vie glauque de leur père traumatisera. La narratrice les comprend d’autant mieux que sa propre enfance a été une horreur, violée qu’elle fut à 12 ans par un ami de sa mère et terrorisée par un père violent et lubrique.
Au demeurant il y eut aussi de beaux moments dans cette passion, représentant plus qu’une banale relation tarifée. «Il était le seul homme à m’avoir à ce point voulue», remarque-t-elle ainsi, et lui dit à un moment donné qu’il aimerait un enfant d’elle, puis lui offre 1 million en guise de «bébé» de substitution, dont il lui refuse finalement la garde. Et les coups, les cadeaux, la goujaterie d’alterner: «Il exigeait que je le maltraite. C’était un ordre. Une prérogative de son pouvoir absolu. De la dominatrice, il a toujours été le maître.»
Dans son préambule, Régis Jauffret affirme que «la fiction éclaire comme une torche», mais aussi que «la fiction ment». Le romancier fait parfois violence à la logique pour fouiller la déraison humaine. Il en résulte un roman net et cinglant, qui n’excuse personne mais diffuse une réelle empathie - non sentimentale.
Obscure passion
De quel droit Régis Jauffret parle-t-il au nom de la meurtrière qui crache son histoire dans Sévère? Pas un instant on ne se le demande en commençant de lire ce récit mené à la cravache. «Je l’ai rencontré un soir de printemps» sonne comme «il était une fois», et c’est parti pour le conte noir. Onze lignes sèches pour dire comment tout s’est précipité après que le banquier a repris le million de dollars que sa maîtresse lui a extorqué: «Je l’ai abattu d’une balle entre les deux yeux. Il est tombé de la chaise où je l’avais attaché. Il respirait encore. Je l’ai achevé. Je suis allée prendre une douche…»
Schlague des mots. Cela s’est-il passé exactement comme ça? On s’en fout. Régis Jauffret a suivi tout le procès Stern, dont il connaît les détails, mais ici, le fait divers devient mythe. Pas trace du voyeurisme moralisant des médias. On croit cette femme: dure pour en avoir bavé dès l’enfance, et qui rêve encore du prince charmant, richissime pauvre type, dominateur et perdu. Et la vie de s’en mêler: l’obscur de la passion humaine, la société et ses embrouilles…Le noir a toujours marqué les romans de Régis Jauffret, parfois jusqu’au morbide. Or, curieusement, le plus saturé de réalité «réelle» d’entre eux, le plus limpide aussi, sonne le plus vrai, grâce à la fiction…
Jean-Louis KUFFER

Régis Jauffret, Sévère. Seuil, mars 2010, 160p., 17€00.
10-03-2010, 20:14:33 Brice
08-03-2010
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... L’amour, la guerre, la mort…
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Lettres à LouVoilà que les Éditions Gallimard sortent une nouvelle édition des Lettres à Lou de Guillaume Apollinaire, complétée de quelques missives inédites. On sait que l’artiste, de son vrai nom Wilhelm Albert Włodzimierz Apolinary de Wąż-Kostrowicki, était né polonais le 26 août 1880 à Rome, qu’il demanda à être naturalisé français en décembre 1914 (il le fut en mars 1916), qu’il s’engagea aussitôt comme volontaire (il fut affecté à Nîmes,
le 6 décembre, au 38e régiment d’artillerie de campagne) et qu’il est mort à Paris le 9 novembre 1918, miné par une blessure à la tête et terrassé par la grippe espagnole.
En septembre 1914, il avait fait la connaissance à Nice de Louise de Coligny-Châtillon (qu’il appellera Lou), dont il fut grandement épris et avec qui il entretint une relation compliquée.
Certaines des lettres qu’il lui écrivit — les poèmes — ont été publiées en 1947 sous le titre d’Ombres de mon amour puis en 1959 sous celui de Poèmes à Lou, et l’ensemble de cette correspondance a paru en 1990 sous le titre de Lettres à Lou.Apollinaire est l'un des plus grands poètes français du début du XXe siècle, auteur notamment du Pont Mirabeau. Il a écrit également des nouvelles et des romans érotiques tout en pratiquant le calligramme (un terme de son invention, qui désigne ses poèmes écrits en forme de dessins et non sous l’apparence classique de vers groupés en strophes). Ami de Picasso, de Marie Laurencin, d’André Derain, de Maurice de Vlaminck et du Douanier Rousseau, il fut le chantre de toutes les avant-gardes artistiques, notamment le cubisme, et le précurseur du surréalisme dont il a créé l’appellation.
Ses Lettres à Lou constituent un témoignage amoureux émouvant autant qu’une mine de renseignements sur la Première Guerre mondiale vécue par un « pousse-caillou » de base doté d’un sens aigu de l’observation et d’un immense talent de narration. Une sorte de « Make love, not war » d’un demi-siècle avant mai 68…
Bernard DELCORD

Lettres à Lou par Guillaume Apollinaire, Paris, Éditions Gallimard, collection
« L’imaginaire », 531 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleur, 2010, 12 €
08-03-2010, 22:38:37 Brice
07-03-2010
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... « Entre ici, mon Minou, avec ton joyeux cortège ! »
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L'univers farfelu d'André MalrauxDès l'enfance, André Malraux, à qui l’on doit en sus de ses romans un formidable Musée imaginaire, a manifesté pour le dessin et la peinture des dons qui sont restés ignorés de tous, sauf de ses intimes. Il s’agit de silhouettes gracieuses ou cocasses de chats espiègles, ou encore de calligraphies de « dyables » farfelus griffonnées sur des pages arrachées de ses carnets, agrémentées de légendes malicieuses ou énigmatiques, qui ont accompagné sa vie d'homme et de ministre. En contraste avec une existence austère, voire tragique, emplie d'interrogations profondes et de tourments, cet imaginaire drôle et bizarre avait le pouvoir d'émailler son quotidien d'étincelles d'esprit, insolentes, féroces ou absurdes.
Réunis et orchestrés par Marie-Josèphe Guers dans L’univers farfelu d’André Malraux, paru récemment aux Éditions du Chêne à Paris, ces croquis, pépites aux accents parfois surréalistes, jettent sur l'artiste et l'homme un éclairage savoureux et inédit. Car, à en croire Madeleine Malraux, sa seconde épouse, et son fils adoptif Alain (tous deux préfacent l’ouvrage), « André se prenait lui-même pour un chat ». Et pas n’importe quel chat : celui de Stéphane Mallarmé… Une réincarnation « raminagrobique » !
Bernard DELCORD

L’univers farfelu d’André Malraux, sous la direction de Marie-Josèphe Guers, préfaces de Madeleine Malraux et d’Alain Malraux, Paris, Éditions du Chêne, 2009, 240 pp. en bichromie au format 13,5 x 18,5 cm sous reliure cartonnée en couleur, 18 €
07-03-2010, 18:53:22 Brice
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... Et de trois !
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Nicolas AncionIn illo tempore, les Belges issus de la province de Liège Georges Simenon (en 1927, mais le projet n’aboutit pas à une publication, contrairement à ce que l’on croit généralement) et Jean Falize (avec Les morts ont des oreilles rédigé en dix jours dans les locaux du grand magasin L’Innovation à Bruxelles et paru chez Marabout à Verviers le lendemain de sa conclusion, en décembre 1962) avaient écrit chacun un roman dans une « cage de verre », sous les yeux ébahis du public. Voilà que notre compatriote Nicolas Ancion, issu de la même région, a tenu la même gageure en rédigeant un polar quelque peu décalé dans un coin de la Foire du Livre 2010 à Bruxelles, en 24 heures chrono. Son scénario, lié à l’actualité (la fermeture cynique d’une chaîne étrangère de grands magasins établis en Belgique et les réactions qu’elle suscite au sein du personnel de l’une des filiales) et à l’histoire (les tueries du Brabant de jadis), pourrait s’intituler Le Carrefour du Crime… Rondement mené, entre flash-back et scènes parallèles, il se dénoue sur un imprévu à la Raymond Chandler qui réjouira les aficionados du genre… Chapeau, l’artiste !
Bernard DELCORD
07-03-2010, 12:32:10 Brice
04-03-2010
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... La chute
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garnaBlaise s'arrête sur le bas-côté et reste assis dans sa voiture. Ses jambes tremblent. Il coince ses genoux contre le volant, il a peur qu'ils se disloquent. Il est foutu. Sa vie entière est foutue. Il aperçoit son avenir comme un énorme gouffre, sans sa femme, sans ses enfants. Il va aller en prison pour meurtre. Meurtre et enlèvement d'enfant. Il doit disparaître, s'éloigner de l'agitation, du bruit, des lumières et des hommes.
Il est de ces maîtrises d'écriture dont la force entraîne le lecteur dans l'exacte intention du propos: une dérive.
Dérive de Blaise, mari invisible, père approximatif, être velléitaire, rongé de doutes et de plans fatalement foireux. Dérive d'un couple - Mireille et lui - qui vit en parallèle, privé de communication, comme ces chapitres qui ponctuent le roman, alternant le point de vue du narrateur, de la première à la troisième personne.
Alors que sa vie est sur le point de changer avec la perspective d'un nouveau job, Blaise va être témoin d'un accident et s'enliser dans un scénario infernal.
Dotée d'un sens aigu de la description, Isabelle Garna explore toutes les palettes de la grisaille et de la médiocrité. Une acuité psychologique qu'elle traduit également en registres variés, traquant l'intimité de ses protagonistes avec la plus parfaite crudité.
Apolline Elter

Dérive, Isabelle Garna, Luc Pire - Le Grand Miroir, février 2010, 296 pp, 18 €.
04-03-2010, 09:00:19 Brice
22-02-2010
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... Un visionnaire
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De la gastronomie françaiseDans De la gastronomie française (1969) reparu récemment à Paris aux Éditions de La Table Ronde, Raymond Dumay (1916-1999) sonnait le tocsin : la gastronomie française est –et demeure aujourd’hui plus que jamais– en danger ! C’est que les pauvres se servent dans les monstrueuses « grandes surfaces », à défaut de trouver encore en service la boucherie et le marchand de primeurs du village ou du quartier, tandis que les riches se nourrissent selon les règles d'un snobisme abscons. L’auteur, né dans la Bresse mâconnaise, fut tour à tour berger dans la plaine de Saône, instituteur, professeur, journaliste et rédacteur en chef de la Gazette des lettres. Premier écrivain à avoir écrit et fait éditer en 1967 un guide du vin, il avait obtenu en 1957 le Prix du roman populaire pour Vanina mon amour, et il est l’auteur d’une bonne trentaine d’ouvrages (des romans, des journaux de guerre, des vagabondages sur les routes des vignobles de Bourgogne, d’Aquitaine, du Languedoc, de Provence, des essais sur le vin, sur la cuisson des aliments, sur Joubert, sur d’Artagnan et sur le prince de Ligne, des guides des alcools, des vins de pays, du jardinage, du roquefort, de la gastronomie espagnole…) et il affirme ici avec une force intacte qu’il est grand temps de s'inquiéter des retrouvailles avec les grandes recettes et l'esprit des provinces. Et de l’écouter enfin !
Bernard DELCORD

De la gastronomie française par Raymond Dumay, préface de Jean-Claude Pirotte, Paris, Éditions de La Table Ronde, collection « La petite vermillon », septembre 2009, 217 pp. en noir et blanc au format 11 x 17,4 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 8,50 €
22-02-2010, 22:29:40 Brice
18-02-2010
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Sarah mourait si bienLa grande tragédienne française Sarah Bernhardt (1844-1923) excellait dans l’art de tuer ou de mourir sur scène, et cela n’a pas échappé à notre compatriote Martine Cardière puisqu’elle a fait paraître récemment un roman policier épatant autant que captivant intitulé Sarah mourait si bien... dans lequel une avocate belge d’origine corse se fait assassiner en 2008 à Bruxelles en raison du vol des bijoux de l’actrice parisienne commis par un malfrat américain… le 23 janvier 1899 !
Avec un joli brin de plume et un bel art de la narration, que nous situerions à l’intersection des talents de Georges Simenon et d’Agatha Christie, l’auteure mêle habilement le passé (quelques grandes représentations, à Paris, à Bruxelles et à New York de la star qui fut d’abord fichée en 1873 par la police parisienne dans le registre des courtisanes avant de concevoir un enfant avec le prince Henri de Ligne puis d’incarner Andromaque, Phèdre, Marguerite Gautier, Lady MacBeth, Théodora, Lorenzaccio, Médée, L’Aiglon, Pelléas, Athalie…) et le présent (l’enquête est menée par un gendarme originaire de l’Île de Beauté, parent éloigné de la défunte, et les rebondissements sont nombreux, les personnages surprenants, les pistes multiples, la solution inattendue…) dans un récit tout en nuances et en subtilité, excellemment dialogué. Une belle réussite !
Bernard DELCORD

Sarah mourait si bien… par Martine Cadière, Liège, Éditions Dricot, 2009, 244 pp. en noir et blanc au format 13,5 x 20,7 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 15 €
18-02-2010, 17:22:03 Brice
17-02-2010
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... Une pièce de musée
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L'affaire tourne au saleLe texte ci-dessous a paru le 17 février 2010 dans les colonnes de l'hebdomadaire satirique bruxellois PAN :

Ruez-vous donc – avant sa probable saisie judiciaire – sur L’affaire tourne au sale, une réjouissante parodie signée Gordon Zola parue aux Éditions du Léopard Démasqué à Paris, dans laquelle le clone du héros vache à lait de la Fondation Moulinsart (rebaptisé Saint-Tin) se lance, en compagnie de son ami Lou, à la recherche de ses origines d’une part, et du célèbre cryptozoologue le professeur Margarine d’autre part, qui a disparu du château de Moulin Tsar. L’occasion pour le lecteur de retrouver le capitaine Aiglefin, éclusier à la retraite, son majordome Archibald Tringue, l’écrivaine Alba Flore, les agents secrets Yin et Yang, le représentant en sparadrap Hippolyte Buro et l’infâme Rasta Populiste, dans des aventures qui le mèneront en Suisse et en Salmanye. Ce joyeux petit roman, d’une drôlerie incomparable, fait suite à d’autres textes intitulés Le crado pince fort, L’oreille qui sait, La Lotus bleue, L’ire noire, Le vol des 714 porcineys et Les poils mystérieux, des petites merveilles qui valurent à leur auteur, poursuivi pour plagiat (!) par Nick Rodwell et son staff, dont chacun sait que le désintéressement et le sens de l’humour sont légendaires, une lourde condamnation en justice (« Selon que vous serez puissant ou misérable… ») et la saisie de tous ses biens. Alors qu’il ne fait aucun doute à nos yeux (car Pangloss, notre défunt prédécesseur dans ces colonnes, qui fut son ami dès les années trente, nous en a parlé longuement pour vanter sa gentillesse, son sens de la dérision et sa largeur d’esprit) que le grand Hergé eût goûté tout le sel de voir mis en exergue dans son musée ces petits bijoux dignes de la Castafiore. Sic transit gloria mundi !
PANTHOTAL

L’affaire tourne au sale par Gordon Zola, Paris, Éditions du Léopard Démasqué, février 2010, 152 pp. en noir et blanc au format 12 x 18 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 10 €
17-02-2010, 06:00:19 Brice
16-02-2010
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ArtsEn 1954, Jacques Laurent alias Cecil Saint-Laurent, grandement enrichi par Caroline Chérie, rachète la revue parisienne Arts qui avait été fondée en 1945 par le galeriste Georges Wildenstein comme instrument publicitaire de ses expositions. Ce dernier avait recruté en tant que directeur le journaliste André Parinaud (qui exerça cette fonction jusqu’à la mort de la publication, un peu avant 1968), à qui il adjoignit Louis Pauwels en 1952, avec la qualité de rédacteur en chef. Ce fut le début du succès. L’arrivée de Jacques Laurent (qui abandonnera le journal en 1961) amène une cohorte de collaborateurs formidables, qu’il soient futurs cinéastes (François Truffaut, Éric Rohmer, Jean-Luc Godard, Louis Malle), chroniqueurs judiciaires d’occasion (Jean Giono y couvre l’affaire Dominici), écrivains en devenir (Béatrix Beck, Jean-Louis Bory), auteurs confirmés (Roger Nimier, Antoine Blondin, Michel Déon, Jean Cocteau, Eugène Ionesco, Marcel Jouhandeau, Jacques Chardonne, Roger Vailland, Jacques Audiberti, Bernard Frank), essayistes débutants (Jean-René Huguenin, Philippe Sollers, Régis Debray) ou humoristes de génie (Georges Perec, Alexandre Vialatte, Boris Vian). Tous adoptent un ton résolument novateur, mêlant ironie et provocation, insolence et dérision, qui fait mouche à tous les coups (Arts se vendra même longtemps mieux que L’Express, c’est dire !). Les thèmes abordés surprennent : « Comment se débarrasser de Bécaud » (Ionesco), « Les sept péchés capitaux de la voiture » (Vian), « Les imbéciles dans la statistique » (Perret)… mais le flamboiement est permanent.
À en croire l’érudit bibliophile Henri Blondet qui a rassemblé une sélection de leurs articles (et de bien d’autres : Jean de La Varende, Jean d’Ormesson, Henry de Montherlant, Marcel Aymé, Philippe Labro, Michel Mohrt, Jacques Perret, Pascal Ory, Jean-Loup Dabadie, Mathieu Galey…) dans un ouvrage paru chez Tallandier à Paris sous le titre Arts, la culture de la provocation, voilà pourquoi « de 1952 à 1966, chaque semaine, les gens de goût lisaient Arts ». Comme on les comprend ! Et imitons-les…
Bernard DELCORD

Arts, la culture de la provocation, textes réunis et présentés par Henri Blondet, Paris, Éditions Tallandier, mai 2009, 373 pp. en noir et blanc au format 14,5 x 21,5 cm sous couverture brochée en couleur, 25 €
16-02-2010, 20:20:27 Brice
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... Un dur à cuire des lettres anglaises
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Mr Ashenden et autres nouvellesN’en déplaise au chanteur Alain Souchon qui, dans une rime malheureuse, qualifie de « pour dames » (c’est-à-dire d’un peu mièvres…) les nouvelles de Somerset Maugham (1874-1965), celles-ci n’ont rien de conventionnel ni de salonnard, en dépit de leur apparence légère et policée.
Il suffira, pour s’en convaincre, de se plonger dans leur compilation intégrale qui vient de reparaître aux Éditions Omnibus à Paris sous le titre Mr Ashenden et autres nouvelles, un recueil de 92 textes succulents et remarquablement traduits où le cynisme le dispute à l’humour et à la férocité pour décrire la « gentry » britannique et ses satellites sociaux tels qu’ils existaient durant l’entre-deux-guerres.
Intellectuel cosmopolite et raffiné, grand voyageur et observateur avisé des bons et des mauvais usages de son temps, William Somerset Maugham, dont le style relève de la haute voltige, excellait dans le portrait psychologique et la peinture de mœurs, avec une touche so British qui lui permettait de raconter les pires horreurs avec l’air de ne pas y toucher…
Certains de ses textes, comme Pluie, Le Lac, Les Trois Grosses Dames d’Antibes, Madame la Colonelle, La Force des Choses, sans oublier celui qui donne son titre au recueil (et qui s’avère d’autant plus percutant que, à l’instar de son héros Ashenden, Somerset Maugham fut un agent du British Secret Service durant de nombreuses années…) et toute une série d’autres nouvelles qu’il serait trop long de citer ici, sont non seulement de véritables modèles du genre, mais demeurent à ce jour inégalées (sauf peut-être par Kipling, cet autre génie de la short story) sur le plan de la technique narrative et du mode d’exposition dramatique. Et avec quel punch !
Bernard DELCORD

Mr Ashenden et autres nouvelles par William Somerset Maugham, préface de Robert Merle, Paris, Éditions Omnibus, janvier 2010, 1436 pp. en noir et blanc au format 13 x 20 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 25 €
16-02-2010, 18:21:48 Brice
10-02-2010
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DE_CAROLISLe désespoir noir a aussi un lendemain. Mais c'est plus facile à dire qu'à vivre.
Alors qu'il est depuis cinq ans à la tête d'une quarantaine de sociétés et de près de 11.000 salariés, Patrick de Carolis, PDG de France Télévisions, étonne tout le monde et, personnellement me bluffe avec un texte d'une finesse exceptionnelle. Projection dans l'âme d'un âme d'un homme que l'amour vient brutalement de quitter comme une porte qui claque.
L'accent de vérité dans cette rupture amoureuse est brutal de vérité, tranchant avec la forme poétique, osée et réussie du texte.
L'interprétation de Pierre Arditi, lecteur de ce récit, est très jouée et prenante, mettant en évidence les nombreux aphorismes définitifs qui le jalonnent.
La réussite est belle, étonnante.

  PATRICK de CAROLIS - Brice Depasse 1
  PATRICK de CAROLIS - Brice Depasse 2
  PATRICK de CAROLIS - Brice Depasse 3

Refuge pour temps d'orage, Patrick de Carolis, avec CD audio par Pierre Arditi, Plon, novembre 2009, 96p., 14€90.
10-02-2010, 05:45:06 Brice
09-02-2010
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parisisNous nous aimions sans peur et sans reproche, sans éprouver le besoin de nous le dire. On se foutait la paix avec l'amour. Je me demande même si l'on savait que l'on s'aimait.
C'est une relation singulière qui unit le narrateur à Ava: une complicité gémellaire, nourrie davantage de lectures et  échanges intellectuels que d'une incarnation amoureuse. Une pureté traverse les cent pages de ce court et sublime roman qui l'inscrit dans une vision romantique des sentiments. Un romantisme, revisité façon XXIe siècle, qui se déploie, avec sobriété, dans le tracé d'une écriture particulièrement élégante.
Notre séparation de corps fut entérinée, à valeur d'une simple formalité. Nous savions qu'entre nous le désir était mort, et comme il ne s'occupait que du corps, il semblait que nous n'en serions que plus forts,
Eve revêtue d'éternité, Ava irradiera durant vingt-cinq ans la vie du narrateur. Ce roman lui rend hommage.
Aimants, nous l'étions au sens des lapidaires du Moyen Age: de fer et de diamant
Une lecture vivement recommandée.
Apolline Elter

Les aimants, Jean-Marc Parisis, roman, Stock, oct.2009, 100 pp, 13,5€
09-02-2010, 20:05:12 Brice
07-02-2010
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charlie_et_la_chocolaterieL'histoire de Charlie Bucket, vous connaissez. Vous l'avez découverte au cinéma, avec Johnny Depp en intrigant Willy Wronka.
Et Augustus Gloop, gros, gras et gourmand, Veruca Salt, capricieuse et gâtée, Violette Beauregard, horripilante masticatrice de chewing-gum, sans oublier Mike Teavee, qui passe son temps devant la ..TV. Ah bon, lui aussi?
Grrrrrrr
La pureté juvenile de Charlie Bucket vous fait fondre, telle une tablette de chocolat et même craquer lorsque vous constatez que ce qu'il désirait par-dessus tout, c'était du...CHOCOLAT.
En allant à l'école, le matin, Charlie pouvait voir les grandes tablettes de chocolat empilées dans les vitrines. Alors, il s'arrêtait, les yeux écarquillés, le nez collé à la vitre, l'eau à la bouche ... Une fois par an seulement, le jour de son anniversaire, Charlie Bucket avait droit à un peu de chocolat. Toute la famille faisait des économies en vue de cette fête exceptionnelle et, le grand jour arrivé, Charlie se voyait offrir une petite tablette de chocolat, pour lui tout seul. Et chaque fois, en ce merveilleux matin d'anniversaire, il plaçait la tablette avec soin dans une petite caisse de bois pour la conserver précieusement comme un lingot d'or massif; puis, pendant quelques jours, il se contentait de la regarder sans même oser y toucher. Enfin, quand il n'en pouvait plus, il retirait un tout petit bout de papier, dans le coin, découvrant un tout petit bout de chocolat, et puis il prenait ce petit bout, juste de quoi grignoter, pour le laisser fondre doucement sur sa langue. Le lendemain, il croquait un autre petit bout, et ainsi de suite, et ainsi de suite. C'est comme ça que Charlie faisait durer plus d'un mois le précieux cadeau d'anniversaire qu'était cette petite tablette de chocolat à deux sous.

Apolline ETLER

Charlie et la chocolaterie, Roald Dahl, roman, folio junior, 1997, 214 pp.


07-02-2010, 08:30:11 Brice
05-02-2010
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GOUSELLETandis qu'il achève un séjour à Bali (Indonésie), le narrateur fait une rencontre déterminante: celle de Maître Samtyang, vieil homme rompu à la sagesse orientale. Au fil des consultations, celui-ci l'amènera à considérer sa vie d'une façon libre et nouvelle, d'imprimer à la réalité le pouvoir de ses convictions.
A observer de près, le récit - agréablement rythmé - est bâti sur le mode d'un conte de fée: il y a du Vladimir Propp dans l'air, avec une quête, les adjuvants et les opposants à sa réalisation et une série d'épreuves que le Maître prescrit à son disciple.
Un credo également : Moi qui suis maintenant au seuil de ma vie, je deviens convaincu que l'amour est la solution à la plupart des problèmes que rencontrent les êtres humains dans leur vie.
Amour qui est facteur de changement: Si vous braquez les projecteurs sur les qualités d'une personne, même si elles sont infimes, elles se développeront jusqu'a devenir prépondérantes.
Un ouvrage qui fait un chemin, heureux, traduit dans une dizaine de langues, nanti d'humour et d'un pouvoir de conviction assez...déterminant.
Apolline Elter

L'homme qui voulait être heureux, Laurent Gounelle, Ed. Anne Carrière, 2009,222 pp, 17 € 
05-02-2010, 23:15:42 Brice
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ROEGIERSChanger une lettre, voilà le secret de la littérature.
Le titre est ambitieux, le propos ne l'est pas moins: la rencontre de deux génies de la littérature, Marcel Proust et James Joyce, une nuit de mai 1922 et le "coup de foudre" illico suscité. Voilà qui eût pu, à coup sûr, verser l'ouvrage dans le pédantisme le plus absolu.
C'était compter sans Patrick Roegiers et sa verve omni-libérée.
Si la rencontre "historique" des écrivains a bien eu lieu - le 18 mai 1922 - elle ne débouche sur aucun échange verbal ni courant de sympathie. Qu'à cela ne tienne, l'auteur lui greffe un roman tout simplement ...exubérant.
Epicurien des mots, insolent, joyeux, prolixe, sautillant, comique, drôle, saoulant, ...Patrick Roegiers visite La Recherche et Ulysse, opposant aux génies en présence, celui de son imagination la plus débridée. L'épisode de la madeleine sur laquelle à partir de réminiscences fulgurantes, sortes d'anamnésies ou rejaillissements inattendus des sensations qu'il qualifiait de souvenirs involontaires, s'était bâtie son abyssale oeuvre tient du passage d'anthologie.
Farfelu au carré, le roman plonge le lecteur dans un surréalisme à la belge, généreux et fécond et un loufoque à la française qui décoifferait les cantatrices les plus chauves.
La seconde partie du roman s'embrase sur la mort de Marcel Proust et l'hommage anachronique que lui rendent les grands noms de la littérature universelle.
De la haute voltige verbale, farcie de néologismes, truffée d'un sens inné de la formule.
Apolline Elter

 La nuit du monde, Patrick Roegiers, roman, Seuil, janvier 2010, 172 pp, 18 €
05-02-2010, 22:13:39 Brice
30-01-2010
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giesbertIsabella m'a tué. Par ses gestes, ses regards et ses paroles, elle n'a cessé de me renvoyer à mon cancer et à ma mort.
Le deuil dévastateur d'un très grand amour - celui qui porte Antoine vers Isabella et le partage de six ans de vie commune - invite le narrateur à en consigner la vie et la mort (...) en rassemblant les images dispersées dans ma mémoire pour les graver à jamais dans le marbre d'un livre, leur tombeau.
Le ton du roman est donné, qui livre le récit d'une maladie - le narrateur est atteint d'un cancer de la prostate aux effets dégradants - du désenchantement nervalien d'un incurable Don Juan et d'une série de confessions dénuées de concessions:
Voilà ma tragédie: je suis un homme. Autrement dit, le seul animal de la Création qui a sa queue devant et ne cesse de courir après
Quand l'amour est heureux, vous êtes ridicule, et s'il est malheureux, vous l'êtes plus encore. Dans les deux cas, c'est du radotage.
Je n'écrivais presque plus. La vie me prenait trop de temps. Je ne crois pas que la littérature en souffrait. Moi non plus.

Forçant les traits d'une supposée lâcheté, le narrateur relate avec brio et cran les étapes de sa déchéance. Et c'est sans doute parce qu'il peut mener l'autopsie d'un si grand amour à terme - et en termes choisis – qu’Antoine  Bradsock fera renaître de ses cendres la sérénité incendiée.
Apolline ELTER

Un très grand amour, Franz-Olivier Giesbert, roman, Gallimard, décembre 2009, 254 pp, 17€50.
30-01-2010, 16:41:27 Brice
20-01-2010
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Les Hommes de la liberté (3)Poursuivant la réédition de la vaste somme historique que l’historien Claude Manceron (1923-1999) a consacrée jadis, sous le titre Les Hommes de la liberté, aux événement et surtout aux personnages, célèbres ou méconnus, puissants ou modestes, honnêtes ou pas, qui ont fait lever la Révolution française, les Éditions Omnibus à Paris ont rassemblé en un troisième volume le tome 4 La Révolution qui lève 1785-1787 (De l’affaire du Collier à l’appel aux notables) et le tome 5 Le Sang de la Bastille 1787-1789 (Du renvoi de Calonne au sursaut de Paris) de cette époustouflante saga où il est question d’une fille de joie qui se fait passer pour la reine de France, d’une aventurière qui vole une fortune en diamants – c’est empoisonnant ! –, d’un cardinal français roulé dans la farine, de la « révolte à deux sous », de l’affaire des « trois roués », de Philippe-Égalité, de La Fayette … et dans lesquels Mirabeau, Robespierre, Saint-Just mais aussi Sade, Brissot ou Mme Roland prennent peu à peu le haut du pavé tandis que Louis XVI, Marie-Antoinette et Jacques Necker sombrent dans l’opinion et que le comte de Talleyrand (alias « le diable boiteux ») nage en eaux troubles, comme à son habitude...
Bernard DELCORD

Les Hommes de la liberté (3) : La Révolution qui lève 1785-1787 et Le Sang de la Bastille 1787-1789 par Claude Manceron, Paris, Éditions Omnibus, décembre 2009, 1216 pp. en noir et blanc au format 13,3 cm x 19,8 cm sous couverture souple à rabats et en quadrichromie, 20,50 €
20-01-2010, 13:53:32 Brice
17-01-2010
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Amour et libertinage« La débauche est l'aristocratie du vice, et le libertinage en est la démocratie », proclamait jadis Charles Joseph, prince de Ligne, en fin observateur qu’il était des mœurs de son temps. Saluons la parution récente, aux Éditions du Chêne à Paris, d’une anthologie intitulée Amour & libertinage qui rassemble des textes brefs du XVIIIe siècle rédigés par des auteurs aussi divers que Bernardin de Saint-Pierre, Napoléon Bonaparte, Marivaux, Rétif de la Bretonne, Casanova, le marquis de Sade, Vivant Denon, Chamfort, Crébillon fils, Voltaire, Rousseau, Diderot (et l’Encyclopédie), Nerciat, l’abbé Prévost, le comte de Mirabeau ou encore le fabuliste Florian, autour du thème de l’amour décliné sur le mode de la transgression libertine, celle qui refusait de voir dans les préceptes de l’Église les fondements de la morale affective et sexuelle. Il en résulte, habilement mis en page à la façon de l’époque, un plaisant vade-mecum de la galanterie (pré)révolutionnaire, déclinée sur les modes les plus divers, tendre, sentimental, enflammé, passionné, didactique, cynique, ironique, décalé, irrévérencieux, coquin… Spirituel aussi, comme cette constatation de François Gayot de Pitaval : « On a comparé une fille coquette à ces vins pétillants que tout le monde goûte et que personne n’achète ». Et très moderne, à en croire cette maxime de Nicolas Chamfort : « L’amour, tel qu’il existe dans la société, n’est que l’échange de deux fantaisies et le contact de deux épidermes »...
Bernard DELCORD

Amour & libertinage, Paris, Éditions du Chêne, collection « Esprit XVIIIe », janvier 2009, 240 pp. en noir et blanc, dorées sur tranche, au format 10 x 15 cm sous couverture en couleur imitation cuir, 15 €
17-01-2010, 22:20:27 Brice
16-01-2010
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jadeDélivrant sa grand-mère, victime d'un malaise, de l'inéluctable perspective de la maison de repos, Jade l'emmène vivre à Paris, partager sa vie de fraîche célibataire.
Une cohabitation incongrue s'instaure entre deux femmes, Jeanne et Jade, que séparent 50 années, la Savoie et les moeurs citadines, mais que lie une tendresse sans faille. Un scénario à la Ensemble c'est tout - mais oui, souvenez-vous, Paulette, Franck et Camille - qui va rapidement centrer le propos sur une passion bicéphale: la lecture et l'écriture.
Découvrant en "Mamoune" une lectrice aussi passionnée que pudique - pour Jeanne, lire,  c'est trahir ses origines sociales - Jade lui confiera bientôt la lecture critique de son manuscrit.
Et elle-même, Jade quelle lectrice avait-elle été? Elle était obligée de se le demander tant elle percevait que lire et écrire se tenaient dans les lignes d'une seule main. Etait-ce Mamoune qui dévorant des livres en secret l'avait poussée à écrire à travers ce lien silencieux tissé entre une petite fille et sa grand-mère?
Un roman à deux voix, celles d'un narrateur externe et de "Mamoune" qui se conclut d'un épilogue ...bouleversant. Douloureux. Désolant.
Une fin qui ne vous laissera indemne.
Apolline ELTER

La grand-mère de Jade, roman, Actes Sud, janvier 2009, 392pp, 21 €
16-01-2010, 19:51:21 Brice
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